(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Recueil des définitions et réponses les plus remarquables de Massieu et Clerc, sourds-muets, aux diverses questions quileur ontété faites dans les séances publiques de M. l'Abbé Sicard, à Londres : auquel on a joint l'alphabet manuel des sourds-muets, le discours d'ouverture de M. l'Abbé Sicard, et une lettre explicative de sa méthode"

J 




,40 



J**%* 



&m 



mk 







V* 




*rf 



COLUMBIA INSTITUTION 



-FOR THE- 



DEAF AND DUMB 

THE CHARLES BAKER COLLECTION 

NUMBER 



RECUEIL 



DES 

DEFINITIONS ET REPONSES 

LES PLUS REMARQUABLES 
DE 

MASSIEU ET CLERC, 

Sourds-Muets, 

AUX 

DIVERSES QUESTIONS QUI LEUR ONT ÉTÉ FAITES 

DANS 

LES SÉANCES PUBLIQUES 

DE 

M. L'ABBÉ SICARD, 

À LONDRES. 

AUQUEL ON A JOINT 

L'Alphabet Manuel des Sourds-Muets, le Discours 
d'Ouverture de M. l'Abbé Sicard, et une Lettre 
explicative de sa Méthode, 

PAR 

M. LAFFON DE LADÊBAT. 

AVEC DES NOTES ET UNE TRADUCTION ANGLOISE, 

PAR J. H. SIEVRAC. 



A LONDRES : 

Imprimé pour Massieu et Clerc, par Cox et Baylis, 

Great Queen Street, Lincolu's-Inn-Fields. 

1815. 



Se vend chez A. Dulau et Co, Soho Square ; 
Bomnge et Masson, Great Marlborough 
Street; Déconchy, New Bond Street; and 
J. J. Stockdale, PallMall. 



a 



■K » » 



\ 



r 




d 




e 




r 




y 




h 







/ 




?n 



n 





P 




</ 




r 



ti 






w 



.r 




j- 




V 




/ 



A 

COLLECTION 

OF THE MOST REMARKABLE 

DEFINITIONS AND ANSWERS 

OF 

MASSIEU AND CLERC, 

Deafand Dumb, 

TO 

THE VARIOUS QUESTIONS PUT TO THEM, 

Aï THE 

PUBLIC LECTURES 

OF THE 

ABBÉ SICARD, 

IN IiONDON. 

TO VVHICH ARE JOINEQ 

The Manual Alphabet of the Deaf and Dumb, the 
Abbffs Inlrodudory Discourse, and a Letter expia- 
natory of his System, 

BY 
M. LAFFON DE LADÉBAT. 

WITH NOTES AND AN ENGLISH TRANSLATION, 

BY J. H. SIEVRAC. 



london: 

Printed for Massieu and Clerc, by Cox and Baylis, 
Great Queen Street, Lincoln's-Inn-Fields. 

1815. 



Sold Inj A. Dulau and Co. Soho Square ; Bos- 
sange and Masson, Great Marlborough Street ; 
Deconchy, New Bond Street; and J. J. Stock- 
dale, Pall Mail. 



A SA GRACE 

LA DUCHESSE DE BEAUFORT, 

ET À LA TRÈS-HONORABLE 

COMTESSE DE HARROWBY, 

SA SŒUR. 



Mesdames, 

L'intérêt que vous avez bien voulu prendre 
a nos exercices publics, et le désir que vous avez eu la 
bonté de nous témoigner de voir imprimer nos réponses 
aux questions qui nous ont été faites, nous a déterminés 
à vous en offrir la dédicace. Nous espérons que vous 
voudrez bien l'agréer et conserver ce foible monument 
de notre reconnoissance pour toutes les bontés dont 
vous avez daigné nous honorer. 

Nous avons l'honneur d'être, avec la vénération la 
plus profonde, 

Mesdames, 

Vos très-humbles, très-obéissans, 

et très-obligés serviteurs, 

MASSIEU et CLERC. 

Londres, 
k 22 Juillet 1815. 



TO HER GRACE 

THE DUCHESS OF BEAUFORT, 

AND TO THE KIGHT HONOURABLE 

THE COUNTESS OF HARROWBY, 

HER STSTEB. 



Ladies, 

The kind concern which you were pleased ta 
take in our public exercises, and the wish which yoù 
hâve had the goodness to express, to see in print our 
answers to the questions addxessed to us, hâve induced 
us to tender you the dedication of this work. We 
flatter ourselves that you will condescend te accept, 
and préserve it, as a small token of our gratitude for 
ail the favours which you hâve vouchsafed to confer 
upon us. 

We remain, with the deepest sensé of respect, 

Ladies, 

Your most humble, most obedient, 

and very obligea Servants, 

MASSIEU and CLERC. 

London, 
MdJuly, 1815. 



AVERTISSEMENT 



DE 



L'ÉDITEUR-TRADUCTEUR. 



En permettant à ses élèves de faire un 
choix de leurs réponses aux diverses ques- 
tions qui leur ont été faites dans les séances 
publiques de Londres, M. VAhhé Sicard a 
cédé au vœu unanime de ses auditeurs. 

On ne doit pas s'attendre à trouver dans 
les définitions toute la justesse, toute l'élé- 
gance et tout le goût d'un homme du 
monde ; mais il s'en trouvera peut-être dans 
le nombre qui, par la force d'expression et 
leur caractère d'originalité, fixeront l'at- 
tention des personnes éclairées et sensibles. 
On n'y a rien changé. Elles sont ici telles 
que plusieurs personnes les ont copiées à 
mesure que les deux élèves les traçoient 
sur la planche. Elles prouveront incon- 



ADVERTISEMENT 



OF THE 



EDITOR AND TRANSLATER 



In permitting his pupils to form a seled- 
tion of their answers to the various ques- 
tions which hâve been put to them at his 
public lectures in London, the Abbe Sicard 
has yielded to the unaniraous wishes of his 
auditors. 

We are not to expect in the définitions 
ail the justness, élégance and taste of men 
of the world ; but there will be found, per- 
haps, among the number, some which, by 
their force of expression and character of 
originality, will fix the attention of enljffhfr 
ened and feeling persons. Nothing has 
been altered in them. They are given sueh 
as several persons copied them, in propor- 
tion as the two pupils werè tracing them on 
the boards. They will incontestably évince 



AVERTISSEMENT. 

testablement à quel degré d'intelligence le 
sourd-muet peut s'élever, lorsque son ins- 
truction est fondée sur une méthode analy- 
tique, certaine et invariable, qui le conduit 
à une connoissance parfaite des idées abs- 
traites et purement intellectuelles. 

M. VAbbé Sicard n'ayant pu développer 
entièrement les principes et la marche pro- 
gressive de son système d'enseignement, 
dans des séances publiques où il auroit 
craint de fatiguer l'attention de plusieurs 
de ses auditeurs, son ancien et digne ami, 
M. Laffon de Ladébat, y a suppléé, en 
grande partie, par une lettre qu'on trouvera 
à la suite de ce recueil, et dans laquelle il 
fait une analyse rapide, mais claire, de la 
méthode de M. VAbbé Sicard- 

J'ai joint à ce recueil une traduction 
Angloise, pour les personnes qui n'auroient 
pas une connoissance familière de notre 
langue. Si par fois on le trouve peu élé- 
gante, peut-être même défectueux, c'est 
que je me suis essentiellement attaché à 
rendre les réponses aussi littéralement que 
l'esprit des deux langues me l'a permis. 
C'étoit ce me semble, le seul moyen de con- 



ADVERTISEMENT. 

to what degree of intelligence the deaf and 
dumb may arrive, when their instruction is 
founded on an analytical, sure, and inva- 
riable method, which leads them to a per&ct 
acquaintance with abstract and purely in- 
tellectual ideas. 

The Abbé Sicard not having been alite, 
at his public lectures, to develop entirely 
the principles and progressive march of his 
System of instruction, through the fear of 
fatiguing the attention of several of his au- 
ditors, his old and estimable friend, M. 
Laffon de Ladébat, has in great part sup- 
plied this deficiency in a letter which will 
be found at the end of this collection, and 
in which he gives a rapid, but clear, ana- 
lysis of the Abbé* s method. 

I hâve accompanied this collection by an 
Ënglish translation, for the use of such 
persons as are not familiarly acquainted with 
the French language. If it be sometinfes 
found but little élégant, perhaps even de- 
fective, it is because I hâve confined myself 
to translating the ariswers as literally as the 
spirit of the two languages has allowed. 
This has appeared to me the only means of 



AVERTISSEMENT. 

server cette tournure nouvelle et cet esprit 
d'originalité qui en font peut-être tout le 
mérite. 

Lorsque des Princes, des Membres du 
Sénat, des hommes et des femmes, aussi 
distingués par leur rang que par leur mé- 
rite, des Ministres de la religion, des indi- 
vidus enfin qui se livrent exclusivement à 
des travaux utiles ou à l'étude des sciences et 
des arts, ont daigné honorer M. VAhhéSi- 
card et ses élèves d'un accueil aussi éminem- 
ment distingué, je suis autorisé moi-même 
à espérer qu'ils me sauront quelque gré 
de leur avoir conservé ce petit recueil ; et 
dans ce cas, je m'estimerai pleinement ré- 
compensé des soins que j'ai mis à le rendre 
aussi digne que possible, de l'approbation 
du public. 

J.H. SIEVRAC 

Londres, 
le 26 Juillet 1815. 



ADVERTISEMENT. 

preserving that novel turn and orîgînality, 
which constitutes, perhaps, ail their merit. 

When Princes and Members of both 
Houses of Parliament ; when individuals of 
both sexes, as distinguished for their per- 
sonal qualities as for their rank ; when 
members of the church, and persons who 
dévote themselves exclusively to useful de- 
signs, or the study of arts and sciences, hâve 
condescended to honour the Abbé Sicard 
and his pupils, with a réception soeminently 
distinguished, I am, myself, authorized 
to hope, that I shall give some satisfac- 
tion by preserving this little collection ; in 
which case, I shall think myself fully re- 
compensed for the pains I hâve taken to 
render it as worthy as possible of the public 
approbation, 

J. H. SIEVRAC. 

Londoriy 
July 26, 1815. 



Discours d'Ouverture pronoftcé par M. 
l'Abbé Sicard à sa première Séance de 
Londres y le 2 Juin 1815. 



Messieurs et Dames, 

Elle n'existe plus entre le Sourd-Muet 
et l'homme qui entend et qui parle cette 
barrière qui les a séparés pendant tant de 
siècles, et qu'un charitable philantrope Fran- 
çois a eu le courage et le talent de fran- 
chir. Les trois élèves que je vais avoir 
l'honneur de vous présenter en fourniront, 
j'aime à le croire, une preuve consolante ; 
mais comme rien de ce qui a rapport à 
une découverte utile ne peut être indiffé- 



An lntroductory Discourse delivered by 
the Abbé Sicard, at his Jirst Lecture 
in London, on the 2d q/June 1815. 



Ladies and Gentlemen, 

There exists no longer between the 
Deaf and Dumb and thosé who hear and 
speak that barrier wbich separated them, 
for many centuries, and which a charitable, 
philanthropist of France has had the cou- 
rage and the talent to overcome. The three 
pupils whom I am about to introduce to 
you, will, I trust, furnish a satisfactory 
proof of this assertion ; but, as nothing 
that relates to any useful discovery can be 

b2 



IV 

rent, je crois devoir retracer d'abord l'ori- 
gine de celle-ci. 

Deux sœurs, sourdes- muettes, demeu- 
raient à Paris, rue des Fossés St. Victor, 
en face de la maison des P.P. de la Doc- 
trine Chrétienne- Le Père "iKHmrç, l'un 
des ambres de eette yéuè^X^^- 
tion,* essaya, sans méthode, à remplacer 
chez elles la parole et l'ouie ; mais la mort 
vint le surprendre, avant qu ? il fût parvenu 
à avoir quelque succès. Ces infortunées 
étoient inconsolables, ainsi que leur mère,, 
de la perte qu'elles venoient d'éprouver, 
lorsqu'un heureux hasard vint tout ré- 
parer. 

* A laquelle M. VAbbé Sicard, lui-même, a eu 
jadis l'honneur d'appartenir. 



niatter of indifférence, I deem it my duty 
first to retrace the origin of the présent. 

Two sisters, both deaf and dumb, re- 
sided at Paris, in the street called les Fos- 
sés St. Victor, opposite to the Society of 
the Fathers of the Christian Doctrine. 
a£j^|. Ëather Twqjàn, one of the membèrs of that 
vénérable community,* attempted, but 
without method, to supply in those unfor- 
tunate persons the want of hearing and 
speech ; but was seized by a prématuré 
death, before he could attain any degree 
of success. The two sisters, as well as 
their mothér, were inconsolable for the 
loss they had thus suffered, when a happy 
event restored every thing. 

* To whom the Abbé Sicard himself had formerly 
the honour to belong. 

b3 



VI 

UAbbé de VEpée a occasion d'aller dans 
cette maison. La mère étoit absente, il 
attend son retour. Il veut faire quelques 
questions aux jeunes personnes, leurs yeux 
restent fixés sur leur ouvrage, elles ne ré- 
pondent pas. Il interrogé de nouveau, 
même silence. Il ignoroit que celles à qu 1 
il s'adressoit étoient condamnées par la 
nature à rie jamais entendre, à ne jamais 
parler. La mère arrive; tout s'explique. 
Le bon Abbé mêle ses pleurs aux siens et 
se retire, non sans songer à remplacer le 
P. Famin. 

L'idée d'un grand homme est ordinaire- 
ment un germe fécond. Toute langue, dit 
notre philosophe, n'est qu'une collection de 
signes, comme une suite de dessins est une 
collection de figures, la représentation d'une 



Vil 



The Abbé de VEpée had occasion to call 
at their house. The mother was not at 
home, and while he Was waiting for her, 
he put some questions to the young ladies ; 
but their eyes remained fixed on their 
work, and they gave no answer. In vain 
did he renew his questions, they werç 
again silent. He knew not that those 
whom he addressed were doomed by nature 
never to heàr nor speak. The mother 
came in, and every thing was explained. 
The good Abbé sympathized with her on 
the affliction, and withdrew full of the 
thought of taking the place of F. ïtitnm. ///? ,. â 

The first conception of a great man is ge- 
nerally a fruitful germ. Every language, 
says our philosopher, is but a collection of 
signs, in the same manner as a séries of 
drawings is a collection of figures, the re- 

b4 



via 



multitude d'objets. On peut tout figurer 
par gestes, comme ou peint tout par des 
couleurs, comme on désigne tout par des 
mots. Les objets ont des formes, on peut 
les imiter. Les actions frappent les re- 
gards, ou doit pouvoir, par des gestes imi- 
tateurs, les dessiner, les décrire. Les mots 
sont des signes convenus, pourquoi les 
gestes ne le seroient-ils pas ? Il peut donc 
y avoir une langue de gestes, comme il y a 
une langue de mots. 

Plein de ces idées régénératrices, Y Abbé 
de VMpée ne fut pas long-temps sans reve- 
nir dans cette maison. Avec quel trans- 
port il fut accueilli ! Il imite, il dessine, 
il écrit, croyant n'avoir que la langue à 
enseigner, tandis qu'il a deux âmes à 
former. 



IX 

présentation of a multitude of objects. We 
may figure every thing by gestures, as we 
paint every thing by colours, or express 
every thing by words. Every object has 
a form, and every form is capable of being 
imitated. Actions strike our sight; and 
we should be able, by imitative gestures, 
to delineate and describe them. Words 
are conventional signs : why should notges- 
*tures be the sarae ? There may be a lan- 
guage, therefore, of gestures, as there is 
a language of words. 

Full of thèse fundamental ideas, the 
Abhé de l'JEpée was not long without 
visiting the unfortunate family again ; and 
with what pleasure was he not received ! 
He imitated, he delineated, he wrote, be- 
lieving he had but a language to teach, 
while,in fact,he had two minds to cultivate! 



X 

Qu'ils furent pénibles et difficiles les pre- 
miers essais de l'inventeur! Privé de 
tout secours dans une carrière aussi hé- 
rissée de difficultés, il se flatta de pouvoir 
enseigner une langue avec la grammaire 
de cette langue, sans songer qu'un idiome 
dont on ne connoît ni les mots, ni la 
syntaxe, ne peut être montré qu'à l'aide 
d'un idiome qu'on peut lui comparer. Eh ! 
quelle grammaire comparative peuvent 
avoir des êtres qui n'ont d'autres idées que 
des sensations fugitives, causées par les 
besoins de l'instinct conservateur? L'in- 
venteur de cette méthode crut avoir tout 
fait, quand il eut inventé des gestes pour 
tous les mots, tandis qu'il eût dû les rece- 
voir de ses élèves à la place «les idées 



XI 



How painful, how difficult, were the 
first essays of the inventor ! Deprived Qf 
ail assistance in a career full of difnculties, 
he flattered himself he should be abje to 
teach a language by means of the gram- 
mar of that language, without reflectîng 
that an idiom, the words and the syntax 
of which are unknown, cannot be taught 
without the aid of a tongue with which 
it may be compared. And what compara- 
tive grammar can those hâve, who possess 
no other ideas than such as arise from 
transitory sensations produced by the wants 
of a superintending instinct ? The inven- 
tor of this method thought he had done 
ail, by finding out gestures to correspond 
with every word ; whereas he ought to 
hâve received the gestures from his pupils, 
as their method of conveying the ideas 



Xll 

qu'il cherchoit à leur communiquer. Aussi 
crut-il leur avoit donné l'intelligence des 
mots, quand il leur en eut donné les 
signes. Il ne vit pas que rien n'étoit plus 
facile que de leur faire écrire des mots 
pour des signes; mais que ceux-là leur 
étant aussi inconnus que ceux-ci, il les. 
menoit de l'inconnu à l'inconnu. Il put 
donc parvenir et parvint en effet aisément à 
faire écrire des pages entières des livres les 
plus abstraits par le moyen des gestes ; 
mais ces gestes, purement mécaniques, fu- 
rent sans effet pour la valeur des mots, 
puisque, dans quelque langue que ce soit, 
les mots ne peuvent être que des signes 
convenus ; et que pour en convenir, il faut 
une langue entendue de ceux qui en con- 
viennent. Or de quelle langue peut-on 



xm 

which he endeavoured to communicate to 
them. In like manner, he imagined that 
he had given them the meaning of words, 
when. he had only given them the signs* 
He did not see that nothing was, more easy 
than to make them write words for signs ; 
but that as they knew as little of the latter as 
of the former ; he did but lead them from 
the unknown to the unknoivn. He suc- 
ceeded therefore, and succeeded with ease, 
in making' them copy whole pages of the 
most abstract hooks, by means of gestures ; 
but thèse gestures, which were purely me- 
chanical, taught nothing as to value of 
words, since, iri whatever language, words 
can only be conventional signs; and to 
agrée upon their meaning, thêre must be 
some language mutually understood by 
those who make the agreement. Now, in 



XIV 

convenir avec le sourd-muet qui n'a que des 
gestes pour communiquer ses idées ? Ainsi 
tout étoit matériel dans ce mode d'enseigne- 
ment, par conséquent nul moyen de leur 
communiquer la connoissance des règles de 
la grammaire, bien moins encore des lois de 
la syntaxe, sans laquelle il seroit absolu- 
ment impossible au sourd- muet d'exprimer 
ses pensées ou de comprendre celles des 
autres. Comment donc, dira-t-on, l'insti- 
tuteur a-t-il fait pour remplacer les moyens 
qui lui manquoient? Comment a-t-il pu 
surmonter les obstacles qui s'opposoient sans 
cesse à ce triomphe de l'art sur la nature ? 
Comment est-il parvenu à faire entendre à 
ces infortunés les idées abstraites et les idées 
purement intellectuelles ? 

Ces questions, messieurs et dames, qu'on 



XV 



what language can we come to an agree- 
raent with the deaf and dumb, who hâve 
only gestures with which to convey their 
ideas. Thus evefy thing was material in 
his mode of instruction, and consequently 
no means of making them acquainted with 
the rtïles of grammar, much less with the 
laws of syntax, without which it would be 
absolutely impossible for the deaf and dumb 
to express their own thoughts, or to compre- 
hend those of others. How then, will you 
ask, did the inventor supply the deficiency 
of that channel ? How did he surmount 
the obstacles which were incessantly op- 
posing the triumph of art over nature ? 
How did he succeed in making his pupils 
comprehend abstract and strictly intellec- 
tual ideas ? 

Thèse questions, ladiés and gentlemen,, 



XVI 



ne cesse, de me faire et qui portent bien des 
personnes à douter, pour ainsi dire, de la 
réalité des succès obtenus, feront le sujet 
principal des séances que j'ai eu l'honneur 
de vous annoncer ; et par les réponses de 
mes élèves aux demandes que je vous invite 
à leur faire, vous jugerez jusqu'à quel point 
je suis parvenu à les résoudre. Vous jugerez 
aussi en les interrogeant sur la valeur des 
mots, s'ils sont bien fixés sur cette valeur, 
s'ils font remarquer leur synonimie, quand 
elle existe, ou s'ils la nient à propos, quand 
elle n'existe pas. 

En venant me mettre en évidence chez 
une nation aussi éclairée que la vôtre, je ne 
me suis nullement dissimulé que j'aurois 
pour juges des hommes infiniment redouta- 
bles par leurs lumières, et qui prendraient 



xvu 



which are continually put to me, and cause 

many persons to doubt, if I may say so, of 

the reality of the success obtained, will form 

the chief subject of the lectures which I 

bave had the honour to announce ; and by 

the answers of my pupils to the questions 

which I request you to put to them, you 

will judge how far I hâve succeeded in re- 

solving them. You will judge, also, byin- 

terrogating them on the value of words, 

whether they hâve an exact notion of that 

value ; whether they perceive their syno- 
nymy, if there be any, or whether they 

find no synonymy, when there is none. 

In coming thus to lay my pretensions be- 

fore so enlightened a public as this, I hâve 

not dissembled to m y self, that I sliould 

hâve for judges persons infinitely to be re. 

garded for their information and whp will 



XV1U 

âmes succès un intérêt d'autant plus vif 
qu'ils se sont, en quelque manière, consti- 
tués les protecteurs naturels de tous les 
êtres infortunés ; mais le désir de perfec- 
tionner ma méthode et de l'enrichir de vos 
observations, a surmonté la crainte que 
j'avois d'abord conçue, et j'ose compter 
d'autant plus sur votre indulgence quelles 

principes sur lesquels mon système^, d'en- 
seignement repose sont le fruit d'une très- 
longue expérience, et du travail le plus 
constant, le plus assidu. 

Ce sont ces principes, messieurs, que 
je chercherai à développer, et mes élèves 
eux-mêmes en feront l'application, en ré- 
pondant aux questions que vous voudrez 
bien prendre la peine de leur faire, soit sur 
les divers objets qui, pour la première fois, 



XIX 

take an interest in my success, so much 
the stronger, as they hâve in some mea- 
sure constitutëd themselves the nàtural pro- 
tectors oF ail the unforlunate ; but the de- 
sire oF improving my method, and enrich- 
ing it with your observations, has sur- 
mounted the Fears which I had at first 
conceived ; and I présume to reckon the 
more on your indulgence, as the principles 
upon which my System oF éducation is 
Founded are the Fruits oF very long expé- 
rience, and oF the most constant and as- 
siduous application. 

Thèse principles, ladies and gentle- 
men, I shall endeavour to explain ; and my 
pupils themselves will exhibit their appli- 
cation, by replying to the questions which 
you will take the trouble oF putting to them, 
either on the various objects which, in this 

c 2 



XX 



frappent leurs regards dans cette immense 
cité, soit sur la marche progressive de leur 
instruction, depuis les premiers élémens 
jusqu'aux idées les plus abstraites, jusqu'- 
aux pensées les plus ineffables qui élèvent 
l'homme Jusqu'à Dieu. 

C'est dans ce vaste champ que le sourd- 
muet, condamné à végéter lorsqu'il est livré 
à lui-même, se trouve introduit par degrés ; 
çt que, maigre* la privation du sens de l'ouie 
et de l'usage de la parole, il parvient avec 
le temps et de l'application, à toutes les 
connoissances de l'esprit humain. 

Vous jugerez facilement, Messieurs, que 
je n'ai pu Vouer mon existence au perfec- 
tionnement de ma méthode, sans être frappé 
des rapports qu'elle a avec l'éducation pu- 
blique et particulière, depuis l'instant où 



XXI 

vast metropolis, are, for tbe first time, 
striking fcheir eyes, or on the progressive 
stages of their instruction, from the first 
éléments to the most abstract ideas, even 
to the most ineffable thoughts which ele- 
vate man to the Divinity. 

It is into this boundless field, that the 
deaf and dumb (doomed but to vegetate, 
when left to himself) is gradually intro- 
duced; and, notwithstanding t|ie privation 
of the sensé of hearing, and of the use of 
speech, he attains, with time and applica* 
tion, to ail the acquirements of the human 
mind. 

Ladies and gentlemen, you will easily 
perceive that I hâve not devoted my whole 
life to the împrovement of my method, 
without being struck with the connection 
it may hâve with public and private educa- 

c3 



L'enfant sourit pour la première fois à la 
voix, de sa mère jusqu'au développement 
entier de ses facultés intellectuelles. 

Eb ! dans quelle nation, chez quel peu-» 
pie, aurois-je pu trouver plus dç mères 
tendres et sensibles, plus de pères sages et 
éclairés, plus d'institutions charitables et 
utiles, que parmi les paisibles habitans de 
cette île fortunée ! 

C'est donc, Messieurs, dans vos aduii-, 
mirables institutions, dans vos sociétés pu- 
bliques et particulières que je puiserai dç 
nouvelles idées, de nouvelles lumières. Votre 
généreuse hospitalité que nos malheurs po- 
litiques ont rendue si sacrée pour nos cœurs, 
m'ouvrira tous ces nombreux établissemens 
de bienfaisance,- toutes ces sources fécondes 
d'instruction ; et lorsque la sagesse et la 



• •• 

XX1H 



cation, from the instant the child begîns ta 
smile at the voice of its mother, to the full 
display of its intellectual faculties. 

And in what nation, among what people, 
could I hâve met with more tender and 
afièctionate mothers, more wisé and en- 
lightened fathers, more charitable and use- 
ful institutions, thàft àmidst the peacefuï 
inhabitants of this fortunate island ! 

Yés, ladies and gentlemen, it is in your 
admirable institutions, it is in the midst of 
public and private society in England, that 
I shall enrich myself with new ideas, and 
new information. Your generous hospi 
tality, which our political misfortùnes hâve 
rendered so sâcred to our hearts, will open 
to me the doors of ail thèse numerous esta- 
blishments of benevolence, of ail thèse fruitful 
sources of instruction ; and, when the wiV 

c4 



xxiv 

force de votre gouvernement auront rendu 

le calme à ma patrie, j'y rentrerai riche de 

tout ce que j'aurai recueilli ici de connois- 
sances utiles; et, plein de reconnoissance 

pour vous, je les consacrerai au perfec- 
tionnement de toutes les parties de l'instruc- 
tion en général ; mais plus particulièrement 
de celle des êtres ïntéressans qui attirent 
aujourd'hui votre attention, et qui vont, 
ainsi que moi, faire tous leurs efforts pour 
mériter vos suffrages. 



XXV 



dom and strength of your government 
shall hâve restored tranquillity to my coun- 
try, I shall return to it laden with ail the 
useful knowledge which I shall bave col- 
lected hère ; and, full of gratitude to von, 
I shall consecrate them to the improvement 
of ail parts of instruction in gênerai; 
but more particularly of those interest- 
ing créatures who this dajr hâve the honour 
to draw your attention, and will, as well 
as myself, make every effort to deserve 
vour good Opinion. 



TABLE DU CONTENU. 



Page 
Préface »„ii 

Dialogue entre Clerc et une jeune Dame 

Angloise --.«,.. i 
Simplicité et Ingénuité - - - - 14 

Esprit et Matière 16 

Esprit et Intelligence - - - -18 

Raison et Jugement - - - -22 

Esprit et Imagination . . . -26 
Vertu ------- 28 

Envie et Jalousie - - - - - 30 

Espérance ------ 34, 

Autorité et Pouvoir - 1 - ' - - 36 
Tonnerre ------ 38 

Musique ----- -, 4Q 

Bruit et Son - 42 

Asyle Militaire et Royal, Chelsea - - 46 

L'Homme 5% 

Examiner à fond ----- 54 



A TABLE OF THE CONTENTS. 



Page 

Préface -*.-»-- iii 
Dialogue between Clerc and an English 

young Lady » - - 2 

Simplicity and Ingenuity - - - 14> 

Mind and Matter .,,..17 

Mind and Intellect 19 

Reason and Judgment - - - -23 
Mind and Imagination - ... 27 
Virtue - - - - . -"-29 
Envy and Jealousy - - - - 81 

Hope --_„.._ 35 
Authority and Power - «■ - * 37 

Thunder 39 

Music ---.-.. 41 
Noise and Sound - - - - -43 
Royal Military Asylum, Chelsea - - 47 

Man 53 

To examine (â fond) jthoroughly - -55 



xxviii CONTENU. 

Page 

Sens propre et Sens figuré - - - 58 

Dieu - - 60 

Un Brouillon de Papier et un Brouillon de 

Société 64 

Ecole centrale de Londres" d'après le Sys- 
tème du Rev. M. Bell - - - - 7® 

Anciens Monumens de Lord Elgin *- - 82 
Beau, au naturel et au moral - - - 86 
Sourds-muets ------ 90 

Ecouter, Entendre - - - - - 94 

Londres et Paris - - - - -96 

Idée, Pensée, Imagination - 100 

Faute et Crime 104 

Usage et Coutume 108 

L'Abbé Sicard 110 

Utilité de la Science - - - - 114 

Indifférence 120 

Sorcier fa 

Angleterre --..-_ 126 

Godard ± 130 

Reconnoissance ..... }S2 
Enfant gâté ---..„ fa 
Langage naturel et artificiel - - - 136 



CONTENTS. XXIX 

Page 
Proper and figurative Sensé - - - 59 

God 61 

A foui Copy and a pragmatic Fellow - 65 
The London central School after the Sys- 
tem of the Rev. Mr. Bell - - - 73 
Lord Elgin's Ancient Monuments - - 83 
Beauty, in the natural and moral Sensé - 87 

Deaf and Dumb 91 

To hear, to listen ----- 95 
London and Paris - .... 97 
Idea, Thought, and Imagination - - 101 
Fault and Crime ----- 105 

Usage and Custom 109 

The Abbé Sicard 111 

Utility of Science - - - - - 115 

Indifférence - - - - - -12J 

A Sorcerer - - - - - - ib. 

England ------ iqj 

Godard 131 

Gratitude 133 

Spoiled Child - ib. 

Natural and artificial Languag© - - 137 



XXX GONTfeNU. 



Page 



Avantages de la Vie civilisée sur la Vie 
solitaire ou sauvage - - - - - 140 

Physique et Morat 142 

Buonaparte 144 

Ambition ...... 148 

Gouvernement - - - - - 150 

Abdiquer «. 152 

Légal et Légitime ..... 156 

Lettre de M. Lqflbn de Ladébat à M. 
VAbbèSkard 162 



CONTENTS. XXXi 

Page 
Advantages of a civilized over a solitaiy, 

or savage Life 141 

Physjcal and Moral - 143 

Buonaparte 14)5 

Ambition --->.. 149 

Government 151 

To abdicate ----__ 153 

Légal and Lawful 157 

Mr. Laffon de Ladébat's Letter to the Abbé 

Sicard- .,.,.. 163 



DIALOGUE 

Entre Clerc et une jeune Dame Angloise 
dans une Soirée, donnée par un Amiral, 
aux Environs de Cavendish-Square. 



La Dame. Qu'est-ce qu'un amiral ? 

Clerc. Un amiral est sur mer, ce qu'est 
sur terre un général en chef. 

D. Quelle route avez-vous pris pour 
venir de Paris à Londres? 

C. La route de Rouen et Dieppe, où nous 
nous sommes embarqués pour Brighton. 

D. Comment trouvez-vous la ville de 
Londres ? 

C. Je trouve la ville de Londres belle, 
fort belle, on ne peut pas plus belle. 

D. Avez-vous déjà fait beaucoup de 
connoissances ? 

C. Non, pas beaucoup. 



DIALOGUE 

JBetween Clerc and an English young La- 
dy, ai the Evening Party of an Admirai, 
in the Vicinity of Cavendish- Square. 



The Lady. What is an admirai? 

Clerc. An admirai is at sea, what a 
gênerai in chief is on shore. 

L. Which way did you come from Paris 
to London } 

C. We came by the way of Rouen to 
Dieppe, where we embarked for Brighton. 

L. How do you like the town of Lon- 
don ? 

C. I find the town of London beauti- 
ful, very beautiful, extremely beautiful. 

L. Hâve you already formed many ac- 
quaintances ? 

C. No, madam, not many. 
b 2 



4 

D. Avez-vous voyagé en France et 
dans d'autres pays ? 

C. J'ai beaucoup voyagé en France ; 
mais l'Angleterre est le premier pays étran- 
ger que j'aie outrepassé, et. je m'en glorifie. 

D. J'espère que vous y ferez des con- 
noissances qui vous dédommageront de 
celles que vous avez quittées. 

C. Je le désire beaucoup. Le temps 
me fera mieux connoître, j'espère, lès ha- 
bitans de cette vaste cité ; et ce sera une 
grande satisfaction pour moi que de pou- 
voir, à mon retour en France, entretenir 
mes amis de ce que j'aurai vu dans ce 
pays-ci. 

Z>. Aimez- vous bien M. l'Abbé Sicard? 

C. Privés, en naissant, du sens de 
l'ouie; et, par une suite naturelle, de la 
parole, les sourds-muets étoient condamnés 
à. la plus triste végétation. JJAbbé de 
VEpée et M. l'Abbé Sicard sont nés, et les 
infortunés confiés à leurs soins régénéra- 



L. Hâve you travelled in France, and 
other countries ? 

C. I hâve travelled much in France ; 
but Engîand is the first foreign country I 
hâve seen ; and I am proud of it. 

JL. I hope you will form acquaintances 
hère who will make up for those you hâve 
left behind. 

C. I wish it much. Time, I hope, will 
make me better acquainted with the inha- 
bitants of this large town ; and it will afford 
me great satisfaction to be able, when I 
retûrn to France, to relate to my friends 
ail I shall hâve seen hère. 

L. Do you love the Abbé Sicard much ? 

C. Deprived, from infancy, of the fa- 
culty of hearing, and consequently of that 
of speaking, the deaf and dumb were con- 
demned to the most wretched state of exist- 
ence ; the Abbé de l'Mpée and the Abbé 
Sicard appeared, and the unfortunate créa- 
tures entrusted to their regenerating cares 

b 3 



teurs passent de la classe des brutes dans celle 
des hommes. Qu'on juge par là combien 
j'aime M. l'Abbé Sicard! Mon cœur, ma 
personne, ma vie, tout est à lui. Trop 
heureux, si je pouvois lui témoigner ma 
reconnoissance ! 

D. Quelle différence trouvez-vous en- 
tre l'Abbé de l'Epie et M. l'Abbé Sicard? 

C. L'Abbé de l'Epée a inventé la ma- 
nière de nous instruire ; mais il avoit beau- 
coup laissé à désirer. L'Abbé Sicard l'a 
beaucoup perfectionnée ; mais s'il n'y avoit 
pas eu à' Abbé de VEpée, il n'y auroit pas 
A' Abbé Sicard. Ainsi honneur, gloire et 
reconnoissance éternelles à ces amis de l'hu- 
manité ! 

D. Quelle différence y a-t-il entre 
V amour et Y amitié? 

C. Uamour est ce sentiment par lequel 
le cœur se porte vers ce qui lui paraît bon, 
agréable, joli, mignon, aimable, et dont il 



are passing from the class of brutes into that 
of men. You may easily imagine, therë- 
fore, how much I love the Abbé Sicard. 
My heart, my person, my life, ail belong 
to him. Happy should I be, could I ever 
express to him the extent of my gratitude. 

L. What différence do you find between 
the Abbé de VEpée and the Abbé Sicard? 

C. The Abbé de VEpée invented the 
method of instructing us ; but he left much 
to be done. The Abbé Sicard has greatly 
improved it. Had there, however, been 
no Abbé de VEpée, there would not hâve 
been an Abbé Sicard. Let honour, glory, 
and eternal gratitude, therefore, be award- 
ed those friends of humanity. 

L. What différence is there between 
love and friendship ? 

C. Love is that sentiment by which the 
heart inclines towards an object which ap- 
pears good, handsome, agreeable and love- 

b 4 



8 

fait l'objet de ses désirs et de ses souhaits. 
L'amour est un sentiment passager. 

Li'amïtié est de plus longue durée. 
C'est l'affection qu'on a pour quelqu'un et 
qu'on croit être mutuelle. Elle fait choix 
de personnes dont le caractère, les habi- 
tudes, les goûts, les plaisirs, les qualités 
du cœur et de l'esprit sont en parfaite 
harmonie avec les siens, et qui trouvent 
entre elles un commerce agréable et sûr, 
une confiance réciproque et une source de 
consolation et de services, en cas de besoin. 

D. Quelle différence trouvez-vous entre 
les Dames Angloises et les Dames Fran- 
çoises ? 

C. Mesdames les Angloises sont géné- 
ralement grandes, belles, bien faites. La 
beauté de leur teint est surtout remarqua- 
ble ; mais, je leur en demande pardon, 
généralement aussi elles manquent de tour- 
nure et d'élégance. Si pour la taille et la 
régularité des traits, elles l'emportent sou- 



ly; and the possession of which we are 
panting after. It is a transitory sentiment. 

Friendship is more lasting. It is the affec- 
tion we feel for another person, and which 
we imagine to be mut'ual ; it fixes its choice 
upon persons, whose character, habits, 
taste, pleasures, and qualities, both of the 
mind and heart, are in perfect harmony 
with its own ; so that they find in each 
other a free and agreeable intercourse, a 
reciprocal confidence, and a source of com- 
fort and assistance, in case of need. 

L. What différence do you find between 
the French and English ladies ? 

C. TheEnglish ladies, in gênerai, aretall, 
handsome, and well-shaped. The beauty of 
their complexion is particularly remarkable ; 
but they will excuse me for saying, that, 
in gênerai, they are also somewhat dé- 
ficient in point of easy deportment and 
élégance. If their shape and the regularity 
of their features are most often préférable 



10 

vent sur les Parisiennes, combien elles leur 
sont inférieures pour la mise et les façons ! 
D. Vous paraissez franc. 

C. C'est le privilège de l'homme de la 
nature. 

D, , Auriez-vous de la répugnance à 
épouser une Angloise ? 

C. Autant une Angloise qu'une Fran- 
çoise. 

2). Pourquoi donc ? 
G Parce que je n'ai pas assez de fortune 
pour entretenir ma femme et mes enfans. 

D. Mais si vous trouviez une demoiselle 
qui en eût assez pour elle et pour vos 
enfans ? 

C Je n'hésiterois pas de l'épouser, si 
d'ailleurs elle possédoit les qualités que je 
voudrois trouver dans une épouse 

D. Dans ce cas-là, préféreriez-vous une 
Angloise à une Françoise ? 

C. Je n'ai pas encore eu occasion d'y 
réfléchir. 



11 

to those of the Parisian ladies, how infe- 
rior are they not to them with respect to 
carriage, and taste in dressing ! 

Lt. You seem frank. 

C. It is the privilège of the man of nature. 

L. Would you hâve any objection to 
marrying an English lady ? 

C. As much an English as a French lady. 

L. Whyso? 

C. Because I am not rich enough to 
support both her and our children. 

L. But suppose you met with a young 
lady who had fortune enough, both for 
herself and children. 

C. I should not hesitate to niarry her, 
if shè possessed, in other respects, the qua- 
lities which I should look for in a wife. 

L. But, in that case, would you prefer 
an English to a French lady ? 

C: I never had as yet any occasion to 
reflect upon that subject. 



12 

D. Je crois que je vous verrai, Lundi 
prochain, à votre séance publique. 

C. Nous vous y verrons avec un grand 
plaisir. Nous serons plus charmés encore, 
si nous avons le bonheur de vous plaire. 

D. Vous écrivez bien le François ? 

C. Je voudrois pouvoir écrire de même 
l'Anglois ; mais je ne prévoyois pas que je 
dusse venir en Angleterre, et cela m'a fait 
négliger de l'apprendre ; maintenant je l'é- 
tudié beaucoup. 

D. J'espère que vous aimez l'Angle- 
terre ? 

C. Je l'aime beaucoup, mais c'est dom- 
mage qu'elle doive devenir notre ennemie ;* 
car tandis que Napoléon régnera en France, 
l'Angleterre ne cessera de lui faire la 
guerre; et je frémis d'avance du sang qui 
coulera de part et d'autre. 

* La résolution du parlement d'Angleterre n'étoit 
pas encore connue, à l'époque où ce dialogue eut lieu. 



13 

L. I believe I shall see you, on Mon- 
day next, at your public exercises. 

C. We shall be very happy to see you 
there ; and still more so, if we should be 
fortunate enough to meet with your appro- 
bation. 

L. You write French very well. 

C. I wish I could write English as well; 
but not foreseeing I should come over to 
England, I neglected learning it. I am 
now applying myself to it very closely. 

L. I hope you like England ? 

C. I like it very much. It is a pity, 
however, that it must become our enemy ;* 
for so long as Napoléon reîgns over us, 
England will be at war with France ; and 
I shudder at the quantity of blood that will 
be spilt on both sides. 

* The resolution of the British Parliament was not 
known at the tirae this conversation took place. 



14 



SIMPLICITE ET INGÉNUITÉ. 
" Quelle Différence y a-t-il entre la Sim- 
" plicitéet F Ingénuité? " 
Réponse de Massiev. 
La Simplicité est la non-malignité, l'in- 
nocence, l'enfance spirituelle. 

L'Ingénuité est l'ouverture du cœur sans 
déguisement, le cœur sans fard, le bannisse- 
ment de l'hypocrisie. 

La Simplicité fait qu'on croit trop facile- 
ment et sans réflexion, et qu'on se laisse 
souvent tromper. 

JJ Ingénuité nous empêche de rien ca- 
cher; elle nous rend francs; elle est la 
parole sans finesse, sans art, la langue na- 
turelle, jolie, naïve. 

Réponse de Clerc. 
La Simplicité n'a ni fourberie ni malice - y 
elle croit facilement, et se laisse souvent 
tromper. L'homme simple est foible, sou- 
vent même niais et imbécille. 



15 



SIMPLICITY AND INGENUITY. 

" fVhat Différence is there between Sim- 

" plicity and Ingenuousness ? " 

Massieu^s Answer. 

Simplicity is without malignity ; it is in- 
nocence, spiritual infancy. 

Ingenuousness is openness of heart; a 
heart without disguise, without dissimula- 
tion, — the expulsion of hypocrisy. 

Simplicity prompts us to believe things 
hastily, without reflexion ; and is too often 
the cause of our being imposed upon. 

Ingenuousness prevents us from hiding any 
thing ; it makes us frank and open ; it is 
speech without art, without cunning or de- 
ceit ; it is an artless, natural and most 
lovely language. 

Clerc s Answer. 

Simplicity has neither malice nor deceit. 
Simple persons are very apt to believe eve- 
ry thing and are often deceived. A simple 
man is weak, frequently silly and imbécile. 



16 

U Ingénuité est naturelle, franche, naïve, 
sans finesse, sans déguisement ou sans détour, 
dans ses paroles, comme dans ses actions. 

Les paysans ou les gens de la campagne 
sont pour la plupart simples, parce que 
leur esprit n'a pas été cultivé. 

Les enfans et les jeunes gens bien nés et 
bien élevés sont ingénus, parce que leur 
cœur n'a pas été corrompu. 



ESPRIT ET MATIÈRE. 
" Quelle Différence*/ a-t-il entre FEsprit 
" et la Matière?" 
Réponse de Massieu. 
Il y a cette différence que Y esprit ne peut 
tomber sous nos sens, parce qu'il n'a ni 
parties ni pHs, et qu'il n'existe que par les 
facultés de penser, de connoîtré, de se sou- 
venir, de vouloir, de désirer, d'aimer, &c. 
tandis que la matière est un corps qui a des 
parties, et peut être divisé à l'infini. C'est 
l'universalité des corps terrestres et célestes. 



17 

Ingenuousness is natural, frank, open, 
without either disguise or cunning, inwords 
as well as in actions. 

Peasants and country-people are mostly 
simple, because their minds hâve not been 
cultivated. 

Children and well educated young people 
are ingenuous, because their hearts hâve 
not yet been corrupted. 



++T>*-*T*-*-*-+**-r4-rM*^ 



MIND AND MATTER. 
" TVhat Différence is there betiveen the 
" Mind and Matter ? " 
Massieu's Answer- 
There is this différence, that the mind 
cannot fall under our sensés, because it has 
neither parts nor folds, and that it only 
exists through the faculties of thinking, 
discriminating, remembering, wishing, lov- 
ing, &c. whereas matter is a compound, a 
body which may be divided into numberless 
particles. It is the universality of terres- 
trial and celestial bodies. 



18 

La matière est infiniment au dessous de 
l'esprit. 

Réponse de Clerc. 

JJesprit est une substance intellectuelle, 
capable de penser, de méditer, de réfléchir, 
déjuger, de connoître, de raisonner, etc. 

La matière est ce dont une chose est ou 
peut être faite. U esprit n'a pas de ma- 
tière ; car l'esprit est tout pur, sans corps, 
sans étendue, sans forme, sans parties. 11 
est indivisible. La pensée, la méditation, 
le jugement, l'imagination, l'invention, la 
raison ; tout cela est Y esprit même. 

L'étendue, la longueur, la largeur, la 
profondeur ; tout cela est matière. 



ESPRIT ET INTELLIGENCE. 

" Quelle Différence y a-t~il entre l'Esprit et 
" l'Intelligence?" 

Réponse de Massiev. 
L'esprit est la source de l'intelligence. 



19 

Matter is much inferior to the raind. 

Clerc' s Answer'. 

The mind is an intellectual substance, 
susceptible of thinking, meditating, reflect- 
ing, judging, distinguishing, reasoning, &c. 

Matter is a substance, which a thing, 
either is or may be made of. The mind 
contains no matter within itself; for the 
mind is entirely pure, without body, with- 
out extent, without form, without parts. 
It is indivisible. Méditation, reflexion, 
judgment, imagination, invention, reason ; 
ail thèse belong to the mind. 

Extent^ length, breadth, depth, are be- 
longing entirely to matter. 



MIND AND INTELLECT. 

" TVhat Différence is there hetween Mind 
" and Intellect ? " 

Massiez/ s Answer. 
The mind is the source of intellect. 
c 2 



20 

Le mot esprit (en François) a plusieurs 
acceptions. C'est, comme je l'ai déjà dit, 
une substance indivisible, capable de penser, 
de concevoir, de raisonner, etc. 

Quand il est Dieu, il a créé le monde et 
le conserve. Il est partout. 

Quand il est ange, il est ministre des 
volontés de Dieu auprès des hommes. 

Quand il est âme humaine il fait agir 
le corps ; il est le principe de la vie. Il 
est plus noble que le corps. 

U intelligence est l'ouie de l'esprit. 

U intelligence est le contraire de l'im- 
bécillité, que je regarde comme la surdité, 
la cécité, ou l'aveuglement de l'esprit. 

Réponse de Clerc. 

U esprit est le principe et la cause ; Y in- 
telligence est l'effet. 

Il n'y a point d'intelligence là où il n'y a 
point d'esprit. 



21 

The word esprit (in French) has several 
acceptions. It is, as I hâve already said, an 
indivisible substance, susceptible of think- 
ing, coriceiving, reasoning,' &c. 

When considered as the Suprême Being, 
he created the world and is preserving it. 
He is every where. 

When considered as an angel, he is the 
minister of God's will with respect to man. 

When considered as the human soûl, it 
is the spring of the body, the very princi- 
ple of life< 

The mind is nobler than the body. 

The intellect is the hearing of the human 
mind. It is the contrary of imbecility, 
which I consider as the deafness, the blind- 
ness of the mind. 

Clerc* s Answer. 
The mind is the principle and the cause ; 
intellect is the effèct. 

There can be no intellect, where there is 
no mind. 

c 3 



22 



////////////A/i/ 



RAISON ET JUGEMENT. 

" Ya-t-il quelque Différence entre la Raison 
" et le Jugement?" 

Réponse de Massieu- 

La raison nous éclaire et nous conduit. 
Elle nous sert de cocher. Elle nous ap- 
prend à distinguer le bien d'avec le mal, le 
vrai d'avec le faux, ce qui nous convient 
d'avec ce qui nous disconvient, et à tirer des 
conséquences. 

La nature a donné la raison à l'homme 
et Y instinct aux animaux. 

De même que Dieu a établi cinq sens 
dans les organes du corps pour voir, en- 
tendre, goûter, flairer, et toucher ; de même 
il a établi la raison dans l'âme pour com- 
prendre, juger, raisonner, etc. 

Le jugement est la vue intérieure de 
l'esprit, la faculté ou l'opération par laquelle 
on affirme ou on nie des choses qu'on a 



a 



23 



REASON AND JUDGMENT. 

What Différence is there hetween JReason 
" and Judgment ? " 

Massiei/s Answer- 
JReason is our guide, our conductor. 
It teaches us to discriminate what îs 
good from what is bad, what is true froiîi 
what is false, what is to our advantage 
from what is not, and to draw consé- 
quences. 

Nature gave reason to man and instinct 
to animais. 

In the same manner as God endowed the 
bodily organs with five sensés, to see, hear, 
taste, smell and feel, in the same manner 
did he place reason in the soûl to compre- 
hend, judge, reason, &c. 

Judgment is the interior sight of the 
mind, the faculty or the opération by which 
we either affirm or deny things which we 

c4 



24 

comparées et pesées dans la balance intel- 
lectuelle' 

La raison est le flambeau de l'esprit, le 
jugement est son guide* 

Réponse de Clerc. 

La raison nous distingue des bêtes. Elle 
nous fait préférer ce qui est bon, et nous 
détourne de ce qui est mauvais. 

Le jugement arrête notre esprit sur deux 
choses qui ne s'accordent pas ensemble et 
nous invite à les examiner. Nous les ex- 
aminons, nous les pesons dans la balance 
intellectuelle ; nous voyons que de ces deux 
choses l'une a raison et l'autre a tort. 
Nous prononçons en conséquence en faveur 
de la première, et condamnons la seconde. 
Voilà le jugement 



25 

previousty weighed in the intellectual 
scale, 

Reason is the torch of the mind, judg- 
ment is its guide. 

Clerc' s Anwer. 

Reason distinguisb.es us from brutes. It 
enables us to prefer what is good and averts 
us from what is bad. 

Judgment fixes our mind upon two things 
whicn do not agrée together, and leads us 
to examine them closely. We examine 
them, we weigh them in the intellectual 
scale, and we see that of thèse two things 
one is right, and the other wrong. We, 
of course,' pronounce in favour of the for- 
mer and condemn the latter. This is called 
judgment 



26 



^r+^***-.*+* -*sr m * »■#■ 



ESPRIT ET IMAGINATION. 

<( Quelle 'Différence y a-t-il entre V Esprit et 
" V Imagination? 1 ' 

Réponse de Clerc- 

U esprit est la cause première ; V ima- 
gination est une de ses filles. 

Ceux qui font des découvertes impor- 
antes ont du génie. 

Ceux qui comprennent aisément ont de 
Y intelligence. 

Ceux qui cachent leurs sentimens avec 
adresse ont de la finesse ; et c'est surtout; 
le partage des dames et des demoiselles. 

Ceux qui devinent les sentimens des au- 
tres ont de la pénétration. 

Ceux qui saisissent le vrai point d'une 
difficulté, qui est le seul moyen de la vain- 
cre, ont du discernement ; et toutes ces fa- 
cultés, c'est l'esprit qui les produit. Les 



27 



MIND AND IMAGINATION. 

" TVhat Différence is there hetween Mind 
" and Imagination ? " 

C&brc's jlnswèr, 

The mind is the first cause ; imagination . 
is one of its daughters- 

Those who make important discoveries 
hâve genius. 

Those who are endowed with an easy 
compréhension hâve understanding. 

Those who conceal their feelings with ad- 
dress hâve cunning ; and this is particu- 
larly the share of ladies. 

Those who guess at other people's senti- 
ments hâve pénétration. 

Those who seize the true point of a dif- 
ficulty, the oniy means of surmounting it-, 
hâve discernment, and it is the mind that 
)>rings forth ail those faculties. Orna- 



28 

ornemens, les finesses, lés belles choses 
enfin, c'est l'imagination qui les enfante. 



VERTU. 
Définition de Massieu. 

La vertu est la disposition habituelle de 
Famé à faire tout ce qui est approuvé par 
les lois divines et humaines, et à éviter 
tout ce qui leur est contraire. 

La vertu est le fondement du bonheur 
particulier et social. Il n'y a qu'elle qui 
puisse nous rendre heureux. 

Il y a plusieurs espèces de vertu. 

La charité qui nous dicte de faire aux 
autres ce que nous voudrions qu'on nous 
fît à nous-mêmes. 

La force qui nous fait supporter avec ré- 
signation les revers, la douleur, les in- 
jures, &c. 

La prudence qui est la Minerve de l'âme; 
Elle règle nos paroles et nos actions. 



29 

ments, beauties, every thing in short that 
is sublime, imagination produces. 



#AT///i^/*«/^/ 



VIRTUE. 

■Massieus Définition. 

Virtue is an habituai disposition of the 
soûl to do ail that is approved by Divine 
and human laws, and to avoid what is con- 
trary to the same. 

Virtue is the foundation of private and 
social happiness. Virtue alone can ren- 
der us happy. 

There are several kinds of virtue. 

Charity, which prompts us to do to others 
what we wish to be done to ourselves. 

Fortitude, which enables us to support, 
with résignation, reverses, grief and inju- 
ries. 

Prudence, which is the Minerva of the 
sônl, and rules our words and actions. 



30 

La. Justice qui nous invite à rendre a, 
chacun ce qui lui est dû. 

La tempérance qui fait que nous modé- 
rons nos passions et nos désirs. 

Définition de Clerc. 

Au sens propre, la vertu est l'efficacité, 
la force, la vigueur, la faculté, la puissance 
d'agir qui existe dans tous les corps naturels 
suivant leurs qualités ou propriétés. 

Au figuré, la vertu est la droiture, la 
probité, la disposition, ou l'habitude de 
l'âme à faire le bien, à suivre ce qu'ordon- 
nent les lois divines et humaines, et ce que 
dicte la raison. 



*^^r ^sr^r ****srj^*-+ 



ENVIE ET JALOUSIE. 

" Quelle Différence y a-t-il entre l'Envie 
" et la Jalousie ? " 

Réponse de Massiev." 
Ces deux mots marquent le sentiment de 
chagrin et de tristesse que l'on ressent en 



31 

Justice, which induces us to give every 
pne his due. 

Tempérance, which modérâtes our pas- 
sions and desires. 

Clerc' s Définition. 

Vitue in its proper sensé is the effîciency, 
the vigour, the faculty, the power of act- 
ing, which exists in ail natural bodies ac- 
cording to, their qualifications or properties. 
In the figurative sensé, virtue is recti- 
tude, integrity, the habit of the soûl to do 
good, and to follow what divine and human 
laws, as well as reason, dictate. 



rfss>.sv ^sr/* *%/-v\*- * #*v 



ËNVY AND JEALOUSY. 

*' TVhat Différence is there between Envy 

" and Jealousy ?" 

Massiez/ s Answer. 

Thèse two words dénote the sentiment of 
vexation and gqef that one feels in seeing 



32 

voyant posséder par un autre les biens, les 
succès, le mérite ou le bonheur qu'on n'a 
pas soi-même. 

JJ envie est supérieure à la jalousie. Elle 
excite la haîne et le dépit Elle produit la 
médisance, la calomnie, les fausses accu- 
sations, et se réjouit du mal qui arrive à 
son prochain. 

X). Qu'entendez-vous par ces mots supé- 
rieure a la jalousie ? 

M. Je veux dire que Y envie est un très- 
grand mal, un péché capital, un crime 
énorme qui nuit ou cherche à nuire à la 
personne ou au bien du prochain. C'est 
une vipère intellectuelle qui mord le cœur 
et l'envenime. 

La jalousie est une «oulenvre sans venin 
qui tourmente et afflige plus celui qui en 
est atteint que l'objet vers lequel elle se 
porte. 

Réponse de Clerc. 

La jalousie est le déplaisir, le chagrin 



33 

person possess riches, success, merit or 
happiness, which we ourselves are deprived 
of. 

Enby is superior to Jealousy. It excites 
hatred and spite. It produces slander, ca- 
lumny, false accusations, and rejoices at the 
evils falling on our neighbour. 

Q. What do you mean by the words 
superior to jealousy ? 

A. I mean that envi/ is a very great 
evil, a capital sin, an enormous crime, 
which injures or is tending to injure the 
person or the property of our neighbour. 
It is an intellectual yiper, which gnaws the 
heart and embitters it. 

Jealousy is a serpent without venom, 
which torments and afflicts more him, who 
is possessed by it, than the object it is aim- 
ing at. 

Clerc' s Answer. 
Jeahusy is the displeasure, the pain wé 



34 

que nous ressentons en voyant posséder par 
un autre le bien ou le mérite que nous 
n'avons pas nous-mêmes. 

C'est aussi le sentiment .que nous éprou- 
vons, en voyant qu'un autre participe ou 
cherche à participer à notre bonheur. 

La jalousie de Fâme, c'est-à-dire, la 
crainte, l'inquiétude de ne pas être l'objet de 
l'affection de la personne que nous aimons, 
par dessus tout. 

U envie est un plus grand mal, c'est un 
crime. Non-seulement elle s'afflige du bien 
d'autrui; mais même elle cherche tons les 
moyens de s'y opposer. Elle hait l'objet 
vers lequel elle se porte, et se réjouit quand 
d'heureux il devient malheureux. 



L'ESPERANCE. 
Définition de Mas si eu. 
L'espérance est la fleur du bonheur. 



35 

feel, in seeing another possess either the 
good or the merit, which we are not our- 
selves possessed of. 

It is also the sentiment we feel at seeing 
that another is participating, or seeks to 
particîpate, our happiness. 

The jealousy of the soûl, that is to say 
the appréhension, the uneasiness we feel 
at not having the affection of the person 
we love above ail things. 

Envy is a far greater èvil. It is a crime. 
It is not only afflicted at ks neighbours' 
good, but even seeks ail possible means to 
oppose it. It bears malice towards the ob- 
jeçt it is aimed at, and rejoices when hap* 
piness turns into misery. 



HOPE, 
Massi&i/s Définition. 

Hope is the flower of happiness. 
i> 2 



36 

Définition de Clerc. 
L'espérance est l'attente d'un bien qu'on 
croit devoir arriver. 
Attendre \ 
Désirer V espérer. 
Croire j 



PUISSANCE ET POUVOIR. 

D. " Quelle Différence y a-t-il entre la 

" Puissance et le Pouvoir ? " 

Réponse de Massiev. 

La puissance est supérieure au pouvoir. 
Elle appartient à Dieu et à ceux qui le re- 
présentent sur la terre, en qualité d'empe- 
reurs, de rois, de princes, etc. C'est le droit 
de gouverner, de défendre, de protéger, 
de punir, de pardonner, etc. 

Le pouvoir est confié par un souverain à 
ceux qu'il revêt de son autorité, pour agir 
en son nom. 

Là puissance est la tête ; le pouvoir est le 



37 

Clerc' s Définition. 
Hope is the expectation of a happy 
event, which we are looking for. 
To expect "} 
To wish >to hope. 
To believe J 



AUTHORITY AND POWER. 

Q. " What Différence is there hetween 
" Authority and Power ? " 

Massiev's Answer. 

Authority (la puissance) is superior to 
power. It belongs to God and to those 
who are representing him pn earth, such 
as emperors, kings, princes, etc. It is the 
right of governing, protecting, punishing, 
forgiving. 

Power is entrusted by a sovereign to 
those who are acting under his name and 
by his authority. 

Authority is the head ; power is the arm, 
d 3 



38 

bras, la main, le pied, l'organe de la puis- 
sance. 

ha puissance commande ; le pouvoir obéit, 
exécute, ou fait exécuter les ordres de la 
puissance. 

Réponse de Clerc. 

La puissance appartient à l'Etre Suprême 
et aux souverains qui le représentent sur la 
terre ; le pouvoir à ceux qui l'ont reçu des 
personnes revêtues de la puissance. 

La puissance commande, ordonne ; et le 
pouvoir qui lui sert de ministre d'état obéit 
ou fait exécuter les ordres de Sa Majesté 
Madame la puissance. 

La puissance émane de la volonté du peu- 
ple, ou de la force des armes ; le pouvoir 
de l'énergie de l'un et de l'autre. 



^r.*v^*,#^.r^^**^^!* 



TONNERRE. 
Une dame demanda à Clerc : quelle idée 
il avoit du tonnerre ? — Voici sa réponse. 



39 

the hand, the foot, the organ of autho- 
rity. 

Authority commands j power obeys, exé- 
cutes, or causes to be executed, the orders 
of authority. 

Clerc* s Answer. 

Authority belongs to the Suprême Being, 
and to sovereigns, who are his représen- 
tatives upon earth ; power to those who 
hâve received it from persons invested with 
authority. 

Authority commands, decrees ; while 
Power, acting as minister of state, obeys, 
and causes to be executed the orders re- 
ceived from his Sovereign Authority. 

Authority émanâtes either from the will 
of the people, or the force of arms ; power 
from the energy of both. 



■* ****** ^ * ■*+^+ 



THUNDER. 
A lady asking Clerc: what idea he 

had of thunder ? — He answered : 

d 4 



40 

Bien qu'il fasse, dit-on, un bruit terrible, 
un bruit qui épouvante toute la terre, un 
bruit qui fait fuir les femmes, un bruit en- 
fin le plus fort qu'on puisse entendre, je 
suis encore bien plus sourd que s'il sortoit 
de dessous mes pieds. Je ne sais donc pas 
au juste ce que c'est, et je ne puis en don- 
ner une définition satisfaisante. 



MUSIQUE. 

Z>. " Quelle idée vous faites-vous de la 
Musique?" 

H. Je n'en ai aucune idée : je sais 
seulement que c'est un accord de divers sons 
émanés de la voix ou de quelque instru- 
ment, et qui forment ensemble une harmo- 
nie très-agréable pour les personnes douées 
du sens de l'ouie. 



41 

Although it be attended, as it is said, 
with a most tremendous noise, a noise 
that frightens the whole universe ; a noise 
that causes women to fly ; a noise, in short, 
the most shocking that can be heard ; still 
am I as deaf as if it sprang from under my 
feet. I do not, therefore, exactly know 
what it is, and can give you no satisfactory 
définition of it. 



MUSIC. 

Q. " TVhat idea hâve you of Music ?" 
A* I hâve no more idea of it than of 
thunder ; I only know that it is a concert 
of various spunds, emanated, either from 
the voice or from some instrument, and 
which form a most agreeable harmoriy 
for the persons endowed with the faculty 
of hearing. 



42 



■f^*^*^.*^**^* 1 *.^*^ 



BRUIT ET SON. 

D« " Quelle Différence croyez-voùs qu'il y 

" ait entre le Bruit et le Son f" 

Réponse de Massiev. 

Il y a, je crois, cette différence entre le 
bruit et le son, que le bruit est l'effet de plu- 
sieurs objets qui s'entrechoquent, qui frap- 
pent l'air environnant, et causent une sen- 
sation désagréable pour l'oreille des enten- 
dans'parlans.* 

Le son au contraire est l'effet de l'air 
rois en mouvement par un corps resonnant, 
et qui va frapper l'ouie sans violence et 
sans confusion. 

Ainsi on dit le bruit d'une porte, le bruit 
d'un carrosse, le bruit d'un canon, etc. 
le son d'un violon, le son d'une vielle, d'une 
flûte, le son des cloches, les sons des trom- 
pettes, le son de la voix, etc. 

* C'est le nom que les sourds-muets donnent à tou» 
ceux qui entendent et qui parlent. 



43 



NOISE AND SOUND. 
Q. " What Différence do y ou believe may 

" exist hetween Noise and Sound ? " 
Massîeû's Answer. 

There is, I believe, this différence between 
noise ând sound, that noise is the effect of se- 
verdi objects which are clashing one against 
the other, by which the surrounding air is 
struck, and is causing a disagreeable sen- 
sation to the ear of the hearers-speakers.* 

Sound, on the contrary, is the effect of 

air put in motion by sonorous bodies, and* 

which strikes the ear without violence or 
confusion. 

Thus, one says, the noise of a door, the 

noise of a carriage, the noise (report) of 

cannon, etc. The sound of a violin, of a 

cymbai, of a flûte ; the sound (ringing) of 

bells, the sound of trumpets, the Sound of 

the voice, etc. 

* This is the name the deaf and dumb gire to those 
who can hear and speak. 



44 



Réponse de Clerc. 

Je n'ai aucune idée exacte de tout ce qui 
a rapport au sens de l'ouie; mais en 
basant mon jugement d'après ce qu'on m'en 
a dit ou ce que j'ai lu, je dirai que le bruit 
est un amas de sons confus fit violens qui, 
en offensant l'oreille, empêchent de rien 
distinguer. 

Le son est le sentiment de l'organe »de 
l'ouie frappé et remué par l'agitation des 
corps résonnans, mais sans violence, sans 
confusion. 

Le bruit provient des corps frappés, les 
uns contre les autres, des airs opposés, de 
coups donnés avec force et violence ; ainsi 
on dit : le bruit d'une arme à feu, le bruit 
du tonnerre, le bruit du vent, le bruit d'une 
voiture, le bruit d'un tambour, le bruit d'un 
marteau, etc. 

Le son est ce qui sort de la bouche quand 
on parle, d'un instrument quand on le joue, 



45 

Clerc 1 s Answer. 

I hâve no accurate idea of every thifig 
that relates to the sensé of hearing ; but 
if I may judge from what bas been told me, 
and what I hâve read, I may say that noise is 
a collection of confused and violent sounds, 
which are offensive to the ear and preverit 
our distinguishing things. 

Sound is the feeling of the organs of 
hearing, struck and moved by the agitation 
of clinking bodies against one another, 
and which are causing an agreeable or dis- 
agreeable sensation on the ear. 

Noise proceeds from bodies struck against 
one another, from opposite airs, from strong, 
violent blows, as the noise (report) of a 
gun, the noise of thunder, the noise of 
wind, the noise of a coach, the noise of a 
drum, the noise of a hammer, etc. 

The sound is that which émanâtes from 
the mouth when one speaks, from an in- 
strument when it is played upon, from a beîl 



46 

d'une cloche quand on la sonne, d'un écu 
quand on veut essayer s'il est de bon aloi 
ou non. 

ROYAL MILITARY ASYLUM, CHELSEA. 

D. " Que pensez-vous de V Etabiissentent 
" que vous allâtes voir hier ?" 

Réponse drMjssiEU. 
Une dame de distinction eut la bonté de 
nous conduire hier à un établissement 
public qu'on nomme en Anglois, tke Moyal 
Military Asylum, où Ton fait l'éducation 
des jeunes gens des deux sexes. Ce sont 
tous des enfans privés de leur père ou de leur 
mère. Il y a neuf cents garçons et quatre 
cents filles. Leur école est divisée en classes; 
première, seconde, troisième, quatrième, 
etc. et chaque classe a un ou deux chefè 
pris dans son sein qu'on choisit parmi les 
plus studieux et les plus habiles ; et qui, les 
premiers, répètent, à haute voix, la leçon 



47 

when it is rang, from a crown-piece when 
one wishes to know whether it be of a 
good alk>y or not. 



*V* *+ **^f**^-f 



ROYAL MILITARY ASYLUM, CIJELSEA. 

Q. " JVhat do y ou think ofthe Asyliim 
" which y ou saw yesterday?" 

Massieus Answer* 
A lady of distinction had the kindness to 
introduce us yesterday into a public esta- 
blishment, called in English the Royal 
Miiitary yisylum, wfaere are educated 
yoang people of both sexes. They are 
ail children who hâve lost ekher tbeir 
father or their mother. There are nine 
hundred boys and four hundred girls. The 
school is divided into classes \ first, second, 
third, fourth, etc. and each class has either 
one or two chiefs selected among the most 
studious and most clever of them ail, and 
who are first repeating aloud the lesson they 



48 

qu'on va donner. J'ai observé qu'on ap- 
prend à lire aux enfajas avec une planche 
couverte de sable mouvant sur lequel ils 
tracent les lettres avec le doigt. 

Le bâtiment est très-vaste, d'une con- 
struction simple et noble comme sa desti- 
nation, agréablement situé, et il paroît 
qu'on y jouit d'un air très -pur. 

Etude, attention, assiduité, surveillance, 
docilité, nourriture saine, propreté, travail 
manuel, récréation ; tout enfin m'a pénétré 
de la plus vive admiration. 

-Le bon ordre y est rigoureusement ob- 
servé, tant par les maîtres et les maîtresses, 
que par les élèves et les employés. 

Réponse de Clerc. 

Cet établissement royal, situé dans un bel 
endroit non loin de la ville où l'on respire l'air 
le plus pur, m'a autant frappé par la régu- 
larité de l'extérieur que par la beauté et la 



49 

are about to give. I hâve observed that 
ihey teach children to read by means of a 
board, covered with moving sand, upon 
which they trace Jetters with their fingers. 
The building is most spacious, of simple 
construction, but noble as its désignation. 
It is agreeably situated, and the air seems 
to be extremely pure and wholesome. 

Study, attention, assiduity, superinten- 
dence, docility, sound food, cleanliness, ma- 
nual labour, récréation; every thing, in short, 
has filled me with the most lively admiration. 

Good order is strictly observed, as well 
by the masters and mistresses, as by the 
pupils and assistants. 

Clercs Answer. 

The Royal Militari/ Asylum, situated 
in a fine part of the country, at a small 
distance from town, and in which one 
fereathes the purest air, has equally struck 
me by the regularity of its exterior, and 
the spaciousness and good distribution of 



50 

distribution de l'intérieur. J'ai été agré- 
ablement surpris en voyant un propreté ex- 
trême partout, le bon ordre qui règne dans 
toutes les parties de l'administration, la 
discipline et la docilité parmi les élèves des 
deux sexes. J'ai fait, en moi-même, le plus 
grand çloge de la manière dont ils sont 
nourris et couchés, et surtout de celle dont 
ils sont instruits. Ce superbe établisse- 
ment, à la tête duquel on voit figurer un 
des princes de la famille royale, fait le plus 
grand honneur à la philantropie de la na- 
tion Angloise. 

Je suis bien redevable à Madame G. 
qui a eu la bonne idée de nous y introduire ; 
et je prie le bon commandant, Mr. le Co- 
lonel ïVilliamson, ainsi que le digne au- 
mônier, Mr. Clark, de vouloir bien aussi 
agréer mes remercîmens pour l'extrême 
complaisance avec laquelle ils nous ont 
expliqué jusqu'aux moindres détails. 

D. Qu'entendez-vous par le mot phi- 
lantropie ? 



51 

its interior. I was agreeably surprized in 
seeing an extrême cleanliness every-wbere, 
the good order which reigns in ail parts of 
the administration, the discipline and do- 
cility which prevails among the pupils of 
both sexes. I passed in my own mind the 
greatest encomiums on the manner in 
which they are fed, bedded, and above ail 
instructed. This noble establishment, at 
the head of which one of the Princes 
of the Royal Family presideg, does the 
greatest honour to the philantHrbpy of the 
English nation. 

I am infinitély obliged to Mrs. G. for the 
idea she had of introducing us there ; 
I likewise beg the good commandant, Colo'- 
nel JVilliamson, and the worthy chaplain, 
the Rev. Mr. Clark, to accept my best 
thanks for the extrême complaisance with 
which they hâve most minutely explained 
to us every possible détail. 

Q. What means the word pMlanthropy ? 
e2 



52 



R. C'est le caractère de celui qui par 
bonté naturelle est porté à aimer tous les 
hommes, de quelque nation qu'ils soient. 



^+**^*-^+**^t-*^*+ 



L'HOMME. 
D. " Qu'est-ce que V Homme ? " 

Réponse de Massiev. 

U homme est le seul animal raisonnable. 
Dieu a formé son corps de terre, et créé 
son âme à son image, afin qu'il le connût et 
l'aimât par dessus toutes choses. 

L' homme est un être qui a la faculté de 
percevoir, de penser, de juger, de raison- 
ner, de vouloir, de désirer, etc. Il est le 
chef-d'œuvre du Créateur. 

Réponse de Clerc. 

Uhomme est le chef-d'œuvre de Dieu, 

qui l'a créé à son image. Il est doué d'un 

esprit pour ses opérations, d'un cœur pour 

ses sentimens, d'un corps pour ses actions. 



53 



A. It is the character of the man, who 
by the natural goodness of his heart, is in- 
clined to love ail men, of whatsoever nation 
they may be. 



*^^*^^'>N*^*«*>*S#*'# *■ 



MAN. 

Q. "WhatwMan?" 

Massiei/s Answer. 
Man is the only being endowed with rea- 
son. God framed his body with clay, and 
created his soûl after his own image, that 
he might know and love him above ail 
things. 

Man is a being capable of perceivïng, 
judging, reasoning, wishing, desiring, etc. 
He is the master-piece of the Creator. 

Clerc* s Ansiver. 
Man is the master-piece of God, who 
created him after his own image. He is 
endowed with a mind to conceive, a heart 
to feel, and a body to act. 

e 3 



54 

D. " Quelle est la Duréede V Homme?" 

M. U homme entier est immortel ; non- 
seulement son âmè vît après sa mort ; mais 
encore son corps prend une nouvelle vie. 
Cela est si évident que Dieu ayant fait le 
corps humain de terre, le corps en mourant 
redevient poussière ou terre-, et de terre 
qu'il étoit, il redevient vivant en contri- 
buant à former le corps de nouveaux êtres 
naissans. 



EXAMINER A FOND. 

D. " Qu'est-ce qu'examiner â fond une 
" Chose ou une Personne ?" 

Réponse de Mâssieu. 
C'est regarder attentivement cette chose 
ou cette personne, séparer mentalement ses 
parties, les unes dés autres, et en faire un 
examen profond. "C'èSt la parcourir des 
yeux de l'esprit, 'depuis les bords jusqu'au 
fond. 



55 

Q. " Wkat is the Duration of Man ?" 

A. Man is immortal ; not only bis soûl 
survives him after his death, but even his 
body takes a new life. This is so évident, 
that God having framed the huiman body 
with clay, the body after death becomes 
again dust or clay ; and thus, after having 
been clay, he turns into new life by contri- 
buting to form the body of new beings. 



<*■#***■■# *■***+■**+*■+*• 



TO EXAMINE (A FOND) THOROUGHLY. 

Q. " JVhat is it to examine vither a 
11 Person or a Thing thoroughly ? " 

Massieï/s Answer. 

It means to consider with peculiar atten- 
tion either that thing or that person, to 
separate mentally every part, one from ano- 
ther, and make a thorough examination of 
it. It means to run it over, with the 
mind's eye, from the brim to the bottom. 

e 4 



56 

D. Qu'est-ce qu'examiner une chose en 
tout sens ? 

R. C'est tourner cette chose de tous les 
côtés : la regarder avec attention et à di- 
verses reprises. , C'est la. fréquenter de vue. 

Réponse de Clerc. 

C'est regarder bien avant dans toutes les 
parties de cette personne ou de cette chose, 
la considérer avec attention, afin de voir si 
elle nous convient ou non, ou si elle est 
telle qu'on la désire. 

D. Qu* est-ce que examiner une chose en 
tout sens f 

R. C'est la tourner de toutes, les ma- 
nières, de tous les côtés, dessus dessous, et 
jusque dans ses moindres parties, sans en 
négliger aucune. 



57 

Q. What do you mean by examining a 
thing in every sensé ? 

A. I mean as much as to turn it on ail 
sides ; to look at it with peculiar attention 
and at repeated times ; in short, to fréquent 
it often and again with the sight. 

Clercs Answer. 

To examine a thing or a person (à fond) 
thoroughly, is to look closely into every 
part of that person or thing, to consider it 
attentively, in order to discriminate whe- 
ther it suit or not, or whether it be such 
as one wishes it to be. 

Q. What do you mean by examining a 
thing in every sensé ? 

A- I mean to turn it in ail manners and 
ways, up and down, to the most minute 
part of it, without neglecting any. 



58 



SENS PROPRE ET SENS FIGURE. 

D. " Dans combien de Sens un Mot peut-il 
" être employé?** 

Réponse de Massiev- 

Dans deux sens, au propre et au figuré. 

Le sens propre est celui qui détermine, 
«ans emprunt, ce qui appartient naturelle- 
ment à un être, à une chose, à une personne. 
C'est le sens naturel, le sens sans allusion, 
le sens sans fard, le sens avec naïveté. 

Le sens figuré est celui qui emprunte à 
un terme un emploi, une signification qu'il 
n'a pas lui-même. Le sens figuré est le 
sens comparé, le sens masqué, le sens avec 
fard, le sens approximatif. 

Réponse de Clerc 

Un mot peut être employé dans deux 
sens: 

Au sens propre. 

Au sens figuré. 



59 



PROPER AND FIGURATIVE SENSE. 

Q. "In howmùny Sensés Vnay one Word 
" heused?" 

Massiex/s Ânswer. 

In two sensés, proper anàfigurative. 

The proper sensé of a word is that which 
détermines, without assistance, what natu- 
rally belongs either to a being, a thing, or 
a person. It is the natural sensé, the 
sensé without allusion, a frank, direct 
sensé. 

The figurative sensé of a word is that 
which borrows of another expression the 
use, the signification, which it has not of 
itself. The figwïttive sensé is a compara- 
tive, masked, factitious, approximate sensé. 

Cleb.cs Ânswer. 
A word may be used in two sensés : 
In the proper sensé, 
In the figurative sensé. 



60 

Un mot employé au sens propre, est 
dans sa véritable signification, dans son 
sens naturel, dans le sens pour lequel il a 
été destiné. 

Un mot employé au sens figuré, est un 
mot que l'esprit fait passer de sa significa- 
tion naturelle à une autre signification fac^ 
tice $ imaginaire ; il appartient par essence 
au style poétique. 

Le sens propre peut tomber sous les sens ; 
le sens figuré est invisible. 



%r<«4ss\*Nr^ 



DIEU. 

D. " Qu'est-ce que Dieu?" 
Réponse de Massieu. 

Dieu est un être incréé, éternel, spiri- 
tuel, invisible, infini, indépendant, immense, 
immuable, tout-puissant, qui a créé toutes 
les choses que nous voyons et toutes celles 
que nous ne voyons pas, qui les gouverne, 



61 

A word used in the proper sensé, has its 
true, its natural meaning, the meaning for 
Which it was intended. 

A word used in the figurative sensé is a 
word, whïch the mind transports from its 
genuine, natural, to another factitious, ima- 
ginary meaning. It does essentially belong 
to the poetical style. 

The proper sensé is susceptible of falling 
under our sensés ; the figurative sensé is 
invisible. 



*-*-^s* ^*s/sr x^ * * **+*> 



GOD. 
Q. " What is God?" 

Massieu's Définition. 

God is an uncreated, eternal, spiritual, 
invisible, independent, immense, immuta- 
ble, omnipotent being, who created ail the 
things we see and ail those we do not 
see ; whb governs and préserves them ; who 



62 

qui sait tout, qui entend tout, qui peut tout, 
et à qui rien ne peut être caché. 

Dieu est le Jéhovah, l'être par excellence, 
l'être des êtres, l'être suprême, l'être essen- 
tiel, le premier être, la cause des causes, 
le créateur du ciel et de la terre, le conser- 
vateur de tous les êtres corporels et spiri- 
tuels, l'âme de l'univers, le jour du monde, 
la lumière des lumières, le soleil de l'éter- 
nité, l'œil de la justice, la vérité éternelle, 
la sagesse, le bien souverain, l'auteur, le 
machiniste, l'horloger de la nature ; la 
gloire au ciel, la providence sur la 
terre. 

Après cette définition, un gentilhomme 
Anglois lui demanda ce que signifioit le Jé- 
hovah ? Massieu répondit. 

Le Jehovah, Dieu, se dit à lui-même : 
Je suis, tout est par moi, sans moi rien ne 
seroit. 

Définition de Clerc. 

Dieu, l'Être Suprême, le créateur de 



63 

sees, hears, and can do every tbmg, and 
frora whom nothing can be concealed. 

God is Jehovah, the being by excellence, 
the being of beings, the suprême, the es- 
sential, the first of beings, the cause of 
causes, the creator of heaven and earth, 
the préserver of ail oorporeal and spiritual 
beings, the soûl of the universe, the light 
of the World, the light of Kghts, the sun 
of eternity, the eye of justice, the eternal 
truth, the suprême wisdom and good, the 
author, the machinist, the (watch-maker) 
regulator of nature ; glory in heaven, pro- 
vidence on earth. 

After this définition, anEnglish gentleman 
asked him what was the meaning of the 
word Jehovah? whereupon Massieu an- 
swered : 

Jehovah, God, lias said of himself : 1 
am, every thing is hy me, and without me 
nothing can be. 

Clerc' s Définition. 

God, the Suprenae Being, the creator of 



64 

toutes les choses visibles et invisibles ; l'âme 
de l'univers, le conservateur et le régulateur 
universel ; le premier, le maître absolu de 
tous les êtres: le tout-puissant, l'incréé, 
l'infini, l'éternel, l'être essentiel par qui 
tout subsiste sur la terre, comme dans le 
ciel, pouvant tout, voyant tout, sachant 
tout, connoissant tout, jusqu'à nos pensées 
les plus secrètes ; et qui, quoique infiniment 
bon, ne fait pourtant pas grâce aux mé- 
dians. 



■**** r* +*■■**- +^-+*+>+ 



BROUILLON DE PAPIER, 

ET 

BROUILLON DE SOCIETE. 

Le mot brouillon s'étant présenté dans 
le cours d'une séance, un des auditeurs 
pria M. F Abbé Sicard de faire aux deux 
élèves la question suivante : " Quelle Dif- 
" férencey a-t -il entre un Brouillon de Pa~ 
« pier et un Brouillon de Société? 7 ' 



65 

ail visible and invisible things ; the soûl of 
the universe; the universalregulatorand 
préserver ; the chief, the absolute master 
of ail beings; the almighty, the uncreated, 
the infinité, the eternal, the essential beirig, 
through whom every thing subsists, both 
in heaven and on earth, who performs, sees, 
and knows fevery thing, even our most 
secret thoughts ; and who, although in- 
finité good, has no kind of mercy on the 
wiçked. 



A FOUL COPY 

AND 

A PRAGMAÏIC FELLOW. 

The word brouillon (a foui copy) having 
occurred during the course of a lecture, 
one of the auditors requested the Abbé 
Sicard to ask his pupils the following ques- 
tion : " TVhat différence is there between 
" a Foui Copy and a Pragmatic Fellow ?" 

.F 



66 

Réponse de Massiev. 

Un ^brouillon de papier est une compo- 
sition de mots, de phrases, de périodes et 
de discours qu'on écrit d'abord et qu'on 
corrige, qu'on lime, avant de le mettre au 
met. 

Un brouillon de société est une qualité 
ou une action qui distingue les membres de 
la société, des uns d'avec les autres; c'est-à- 
dire, les bons d'avec les méchans, les 
riches d'avec les pauvres, les savans d'avec 
les ignorans, les hommes raisonnables 
d'avec les fous, etc.* 

Réponse de Clerc. 

Un brouillon de papier est un chiffon 
de papier où l'on jette ses idées, où l'on 
arrange son style, où l'on cherche à donner 
de l'ordre aux mots et aux phrases ; de 
manière à rendre ce qu'on écrit clair, 
correct, coulant, gracieux ; et que l'on met 
ensuite au net sur une feuille de papier. 

* Voyez la note, page 68. 



67 

Massieu's ATiswer. 

A foui copy is a composition of words, 
phrases, and sentences, which one scrib- 
bles, corrects, and improrës, and then 
writes a fair copy of. 

A pragmatic fettow is either a quality or 
an action which distinguishes the members 
of society, one from another, that is to 
say, the good froin the bad, the rich from 
the poor, the learned from the ignorant, 
wise men from fools, etc.* 

Clerc* s Answer. 

A foui cojn/ is a bit of paper on which 
one writes out the ideas, arranges the 
style, and endeavours to put words and 
sentences in their regular order, so that 
the composition may be clear, correct, fluent 
and graceful, to be afterwards fairly copied 
on a sheet of paper. 

* Vide Note, page 69. 

v 2 



68 

Un brouillon de société est un mélange, 
une assemblée de personnes de différentes 
conditions, de personnes distinguées et de 
personnes obscures, de grands seigneurs et 
de bourgeois, de riches et de pauvres, de 
vieux et de jeunes, de savans et d'ignorans, 
et ainsi de suite.* 



* On voit par ces réponses que les élèves ne con- 
noissoient pas la valeur du mot brouillon de société, ou 
plutôt qu'ils le considéraient comme une abstraction 
du verbe brouiller, comme le mot action est une abs- 
traction du verbe agir. 

Il a donc fallu faire entendre aux sourds-muets l'ac- 
ception particulière de ce mot. Pomvy parvenir plus 
facilement, un instituteur ordinaire l'auroit tout bonne- 
ment dictée ; mais alors c'eût été à la mémoire et non 
à l'esprit qu'il auroit parlé ; et c'est là précisément ce 
qui constitue l'immense différence qu'il y a entre l'in- 
appréciable méthode de M. l'Abbé SicaYd, et celle 
qu'on suit généralement dans les éducations ordinaires. 
Quel moyen a donc employé l'instituteur des sourds- 
muets pour redresser ses élèves? — \1 analyse, cette 
marche admirable, si non la plus prompte, du moins 



69 

A pragmàtic féUôtv is a mixture, an 
assemblage ôf persons of various condi- 
tions, of people of distinction and men 
of mean extraction, of lords and citi- 
zens, of rich and poor, old and young, 
learned and ignorant, and the like: * 

* It may be easily perceived by thèse answers, that 

the pupils did not understand the meaning of the word, 

brouillon de société; or rather, that théy considered it 

as an abstraction of the verb brouiller (to trouble, dis* 

unite), in the same nianner as the word action is an 

abstraction of the verb agir (to act). 

It was necessary, therefore, to make the deaf and 

* 
dumb acquainted with the peculiar acceptation of this 

word. To go the quicker to work, a common instruc- 

tor would hâve contented himself with dictatine it ; 

but then he would hâve addressed himself to the me- 

mbry, and not to the mind of the pupil; and this is 

precisely what constitutes the immense différence be- 

tween the invaluable method of the Abbé Sicard and 

the one which is generally pursued in the common way 

of ïnstructing children. What then has been the mean 

used by the Institutor of the deaf and dumb to redress 

his pupils ? — Analysis, that admirable guide, which, if 

F 3 



70 

la plus philosophique, la plus sûre, en ce que, sem- 
blable aux opérations des sciences exactes, elle marche 
constamment du connu à V inconnu. 

Or voici les questions analogiques auxquelles M. 
Y Abbé Sicard a eu recours. 

D. Qu'est-ce que maçonner ? 

R. C'est bâtir avec de la chaux, du plâtre, de la 
pierre, de la brique, et d'autres matériaux. 

D. Qu'est-ce que la maçonnerie ? 

R. C'est l'ouvrage du maçon ou le métier de celui 
qui bâtit avec de la' chaux, du plâtre, de la pierre, de 
la brique, etc. 

D. Comment appelez-vous celui qui bâtit avec de 
la chaux, du plâtre, de la pierre, de la brique, etc. ? 

R. Un maçon. 

D. Savez-vous ce que c'est que brouiller ? 

R. C'est mêler, déranger, renverser, désunir — 
c'est mettre de la confusion, du désordre, de la dés- 
union parmi des choses ou des personnes — c'est semer 
la discorde, jeter la dissention dans une assemblée, 
dans un état. 

D. Qu'est-ce que la brouillerie? 

R. C'est une dissention, une dispute, une querelle, 
une discorde, une mésintelligence, un débat, une dés- 
union, un démêlé, etc. 

L'instituteur alloit pousser plus loin l'analogie, 



n 

not the quickest, is at least the most philosophie, the 
most certain ; because, simîlar to the opérations in the 
exact sciences, it constantly goes from what is known 
to what is unknown. 

Thèse are the questions to which the Abbé has 
recurred. 

Q. What means the word maçonner (to buïld) ? 

A. It means to build either with, chalk or plaster, 
stones, bricks, and the like materials. 

Q. What means masonry? 

A. It means either the work of a majson, or the 
trade of him who builds with chalk, plaster, stones, 
bricks, etc. 

Q. How do you call the man who builds with 
chalk, plaster, stone, bricks, etc. ? 

A. A mason. 

Q. Do you know the meaning of brouiller? 

A. I do, it means to mix, to dérange, to disunite, 
to overthrow — to set either things or persons in con- 
fusion, in disorder, at enmUy— >to spread dissention in 
an assembly or a state. 

Q. What means brouiUerie ? 

A. It means dissention, dispute, quarrel, discord, 
misunderstanding, debate, discussion, disunion, etc. 

The institutor was about continuing his questions, 

s 4 



72 



ÉCOLE CENTRALE DE LONDRES 

d'après 

LE SYSTÈME DU REV d M r BELL. 

Un seigneur Anglois qui assistoit à une 
séance publique de M. Y Abbé Sicard, ,ayant 
appris que la veille il étoit allé avec ses 
élèves à l'une des écoles centrales, d'après le 
système du Rev. Mr. JBell, le pria de leur 

lorsque les deux élèves, sans attendre plus -long-temps, 
se sont pressés d'écrire, savoir : 

MassiEu. "Le brouillon de société est une personne 
qui trouble, dans la société, le bon ordre, la tranquil- 
lité, la concorde, la bonne intelligence; qui brouille 
des amis, qui cause des divisions, qui cherche à cor- 
rompre ; un être enfin qu'il faut bannir de la société, 
comme un perturbateur, un fripon, un traître. 

Clerc. Un brouillon de société est celui qui la 
trouble, qui la désunit, qui met le désordre partout, 
qui cause de la division parmi des personnes, qui altère 
l'esprit et le cœur, qui fait qu'on n'est plus amis en- 
semble. 



73 



THE LONDON CENTRAL SCHOOL 

AFTER 

THE SYSTEM OF THE REV d M r - BELL. 

An English lord who was assisting at 
a public lecture of the Abbé Sicard, hav- 
ing learnt that, oii the foregoing day, he 
had visited, with his pupils, one of the 
London central schools, after the System of 
the Rev. Mr. Bell, requested him to ask 

when the two pupils, without waiting any longer, set 
about writing down, viz. 

Massieu. The brouillon de société is a man who 
disturbs Society, good order, tranquillity, concord, 
and harmony ; who dîsunites friends, 1 who causes divi- 
sions, who seeks to corrupt ; an individual, in short, 
who deserves to be banished from society, a pertur- 
bator, a scoundrel, a traitor, 

Clerc. A brouillon de société is he who disturbs 
and disunites it, who sets ail in confusion, who causes 
division between persons, who corrupts the mind and 
the heart, and sets friends at variance. 



74 

demander ce qu'ils en pensoient. Voici 
quelle fut leur réponse : 

Massieu. Nous sommes allés hier vi- 
siter une des écoles centrales de Londres, 
d'après le système du révérend M. Bell, où 
j'ai vu avec plaisir la méthode qu'on em- 
ploie pour rendre les élèves attentifs à leur 
leçon, sans avoir recours à aucune voie ré- 
pressive ; et voici comment : un des élèves, 
plus instruit que les autres sans doute, est 
placé a la tête du groupe^ et commence par 
lire la leçon que chacun des autres répète à 
son tour. Et pour qu'aucun d'eux ne puisse 
se permettre la moindre distraction, j'ai 
remarqué que le maître interrompoit de 
temps en temps le lecteur pour faire con- 
tinuer la lecture par celui qu'il soupçonnoit 
d'inattention. S'il arrivoit en efîèt que 
l'élève fût trouvé en faute, alors il étoit 
obligé de prendre dans le rang une place in- 
férieure à celle qu'il occupoit déjà ; et celui 



75 

them their opinion about it. This vras 
their answer : 

Massieu. We went yesterday to visit 
one of the London central schools, after 
the System of the révérend Mr. Bell, where 
I saw, with satisfaction, the method used 
to render pupils attentive to their lesson, 
without having recourse to any répressive 
means. Thisis the way: one of the pu- 
pils, more clever, no doubt, than the others, 
is placed at thé head of a group, and be- 
gins to read the task, which every one of 
the others repeats in his turn. And, in 
order to avoid some of them bèing inatten- 
tive, I hâve observed that the teacher in- 
terrupts the reader from time to time, to 
call upon the one whom he suspects of not 
paying attention to his book. If he really 
happens to l^e found neglectfùl, then he is 
obliged to take in the class an inferior place 
to that he had before ; and he who took 



76 

qui l'avoit repris montoit à la sienne et con* 
tinuoit la lecture. 

J'ai cru appercevoir beaucoup d'émula- 
tion, beaucoup de docilité dans les élèves j et 
j'ai trouvé beaucoup de zèle, de patience et 
de douceur dans le chef de cette école, aussi 
admirable par son nouveau mode d'en- 
seignement, qu'honorable pour les âmes 
généreuses qui contribuent volontairement 
à son soutien. 

Je prie M. le révérend Johnson de con- 
tinuer ses soins à ces jeunes plantes, et 
d'agréer mes remercîmens bien sincères de 
son extrême complaisance à notre égard. 

Clerc. J'ai remarqué, entre autres 
choses, dans cette école l'émulation des 
élèves et la manière, aussi rapide qu'écono- 
mique, dont on leur enseigne le calcul, en 
leur faisant faire, à la fois, la même règle 
d'arithmétique. Chaque élève a dans sa 
main une petite ardoise et un crayon ; et à 
mesure que l'élève principal fait une ques- 



77 

him up ascends to his own, and continues 
reading. 
I thought I perceived much émulation 

and docility in the pupils ; and I .' found 

r 
much zeal, patience, and mildness in the 

chief of that school, no' less admirable for 

the new mode of instructing young people, 

than honourable to the generous soûls, who 

are voluntarily contributing to the support 

of it« 

I request the révérend Mr. Johnson to go 
onwith his exertions towards those young 
plants, and to accept my best thanks for his 
extrême complaisance towards us. 

Clerc. I hâve remarked in this schod, 
among other things, the émulation of 
the pupils, and the method, no less rapid 
thàn economical, of instructing them in 
accounts, by theîr doing, at once, the same 
rule of arithmetic. Every pupil holds in 
his hand a slate and a pencil ; and in pro- 
portion as the head-boy is making a ques- 



78 

tion, chacun des membres de la même 
classe, est tenu d'y répondre, soit par tour, 
soit par l'appel nominal, afin de s'assurer qu'il 
est attentif à l'opération. Si l'un d'eux se 
trompe, un des suivans le reprend, et par 
cela même acquiert le droit de prendre sa 
place, ce qui suffit pour exciter une grande 
émulation. 

J'ai surtout admiré la charité fraternelle 
des Anglois, qui ne souffrent pas qu'un seul 
individu de leur royaume passe sa vie sans 
instruction, quel que soit d'ailleurs l'état 
auquel on le destine ; et comme l'instruc- 
tion fournit des principes de morale, on 
trouvera des mœurs dans toutes les sociétés 
de là société, parce qu'on y trouvera de 
l'instruction. 

J'ai vu avec plaisir le dévoûment des 
maîtres et des maîtresses qui se consacrent 
à cette œuvre pénible, sans jamais se lasser, 
et l'extrême générosité des souscripteurs 



79 

tion, every one of the same class is obliged 
to answer, either by turns or by call, to be 
certain that he is attentive to the opération 
of the others. If one of them commit a 
fault, one of those who stand under him 
takes him up, and by that acquires a right 
to his place, which is fully sufficient to 
excite a great émulation among them. 

Above ail things, I hâve admired the 
fraternal charity of the English, who do 
not suffer that a single individual of their 
kingdom passes his life away without in- 
struction, whatever may be the situation 
he is destined to ; and as instruction is the 
source of moral principles, so will man 
find morals in ail parts of society, because 
there is instruction. 

I hâve observed with satisfaction, the 
zeal of the masters and mistresses, who 
are devoting themselves to this painful 
task, without èver relenting ; and the ex- 
trême generosity of the subscribers who 



80 

qui fournissent volontairement aux frais de 
ces établissemens si utiles, comme si le» 
individus qui en profitent étaient leurs pro- 
pres enfans. 

J'aurai occasion de parler à mes compa- 
triotes de ce que j'ai vu à Londres ; et je 
serai infiniment heureux, si le récit que je 
leur en ferai peut les porter à imiter la géné- 
rosité de nos bons amis d'outre-mer. 

D. Qu'entend-il, continua le Lord, par 
se consacrer à une œuvre ? 

jR. Se consacrer à une œuvre, c'est se 
destiner, se dévouer, s'a donner entièrement 
à cette œuvre, y employer son temps, ses 
talens, * ses moyens, ses forces, sa nie 
entière. 



81 

are voluntarily supporting so useful an es- 
tablishment, in the same manner as if the 
individuals who are profiting by it were 
theiç own children. 

I shall. hâve occasion to speak to my 
countrymen of ail I hâve seen in London ; 
and I shall feel myself peculiarly happy, if 
what I shall hâve to relate, induces them to 
imitate the generosity of our good friends 
on this side the water. 

Q. What does he mean, continued his 
Lordship, by the words to consecrate Mm- 
selfto a task? 

A. To consecrate one's self to a work, 
to a -task, means to dévote, to dedicate, to 
apply one's self, without reserve, to that 
work, or task ; to employ in it one's talents, 
faculties, strength ; in short, one's whole 
existence. 



82 



* ■+*■** +*■+*■*•*■*++* 



ANCIENS MONUMENS" 

DE 

LORD ELGIN. 

D. " Comment avez-vous trouvé les Mo- 
" numens que Lord Elgvn a fait trans- 
" porter à Londres ?" 

Réponse de Massiezj. 
J'ai vu des statues d'hommes, de femmes, 
de chevaux et de plusieurs animaux fabu- 
leux. Elles ont dû être bien sculptées ; 
mais elles sont maintenant bien mutilées. 
On peut néanmoins juger encore, a travers 
les injures du temps, que la majeure partie 
de ces ouvrages a dû être faite par de 
grands maîtres, et tels qu'il y eh a peu 
aujourd'hui où nous nous piquons de tout 
savoir avec perfection. Ce sont des antiU 
tiquités. On m'a dit qu'elles ont été trans- 
portées de la Grèce et de l'Egypte aux frais 
et par les soins d'un seigneur Anglois, avee 



83 



<*#s^*«#«* 



LORD ELGIN'S 
ANCIENT MONUMENTS. 

Q. " JVhat do you think of the Mo- 
" numents lately hrought to London by 
« LordElgin?" 

MassiEtu's Answer. 

I hâve seen statues of men, women, 
horses, and several fabulous animais. They 
must hâve been well carved j but they are 
now extremely mutilated. Nevertheless, 
one may judge still, amidst the injuries of 
time, that the greatest part of thèse 
works must hâve been produced by great 
masters, such as there are few now-a-days, 
although we pride ourselves on knowing 
every thing in perfection. They are antiqui- 
ties. I was lold they were conveyed from 
Greece and Egypt at the expense, and 
under the inspection of an English Lord, 

g 2 



84 

fequcl j'ai eu l'honneur de dîner hier chez 
3. E. M. l'Ambassadeur de Hollande, et 
qui est, dit-on, un grand amateur des beaux 
arts. 

Réponse de Clerc. 

J'ai vu une collection de statues, de hauts 
et bas reliefs en marbre, et d'autres anti- 
quités de la Grèce et de l'Egypte. Dans 
les ouvrages Egyptiens, c'est une imitation 
prétendue ; mais fausse de la nature. Dans 
les ouvrages Grecs, l'imitation est parfaite, 
bien travaillée, embellie par le goût le plus 
exquis, et le discernement le -plus profond 
de ce qui est vraiment beau. Quoique nous 
soyons dans un siècle plus éclairé, sous 
bien d'autres rapports, nous pouvons à 
peine les comprendre, et encore moins les 
imiter. C'est bien dommage que le temps 
y ait fait un si affreux ravage. 

D. Qu'entendez-vous par hauts et fras-? 
reliefs? 



85 

with whom I had the honour of dining 
yesterday, at his Excellency the Dutoh 
Ambassador's, and who is, they say, a 
great amateur of the fine arts. 

Clerc' s Answer. 

I saw a collection of statues, alto and 
hasso relievos in marble, and several other 
aotiquities of Greece and Egypt. In the 
Egyptian works it is a pretended, but false 
imitation of nature. In the Grecian works» 
the imitation is perfect, well delineated, 
and embellished by the most exquisite taste 
and most profound discernment of ail 
that is truly beautiful. Although we live 
in an âge much more enlighfened, in 
many other respects,, we can hardly under- 
stand them, much less imitate them. It is 
a great pity that time has so horribly da- 
maged them. 

Q. What do you mean by alto and 
hasso relievos ? 

g 3 



86 

R. Ce sont des figures de marbre, de 
pierre, de bronze, ou de tout autre métal, 
sculptées en bosse, et qu'on appelle hauts 
ou bas reliefs, suivant qu'elles ont plus ou 
moins de saillie. 



BEAU, AU NATUREL ET AU MORAL. 

Lady P. fit un jour cette question à 
Clerc : 

D. Sentons-nous par le même sentiment 
le Beau au naturel et au moral? 

M. Le beau au naturel est plus frap- 
pant> plus brillant, plus réel et par consé- 
quent plus beau. 

Le beau au moral réjouit l'esprit et 
charme le cœur ; mais bien qu'il plaise 
à l'âme, il est quelquefois apparent, men- 
teur, chimérique. Donc le beau physique 
vaut mieux que le moral. C'est une façon 
de penser : elle peut être refutée. 



87 

A. They are figures of marble, of 
stone, bronze, or any otber métal, promi- 
nently carved, and which they call alto or 
basso reUevos, according as they hâve more 
or less projection. 



BEAUTY, IN THE NATURAL AND MORAL 

SENSE. 

Lady P. one day asked this question of 
"Clerc : 

Q. Hâve we the same feeling of Beauty 
in the natural as in the moral sensé ? 

A. Natural beauty is more striking, 
more brilliant, more real, consequently pré- 
férable to moral beauty. 

Moral beauty revives the minci, and 
pleases the heart ; but although it be pleas- 
ing to the soûl, it is sometimes apparent, 
false, and chimerical. It may be concluded 
hence that natural beauty is to be preferred 
to moral beauty. That is, however, a way 
«f thinking which may be refuted. 

g 4 



88 

D. Quelle différence y a-t-il entre une 
belle et une jolie femme ? 

R. Une belle femme est une femme 
bien faite, d'une taille élevée et bien prise, 
d'un embonpoint parfait, d'une tournure 
élégante, qui a des traits réguliers, un joli 
mélange de couleurs, et autant de grâce 
que de noblesse dans ses manières. 

Une jolie femme est une femme d'une 
figure agréable, gentille, mîgnone, qui plaît 
autant par ses gentillesses et ses manières 
aimables que par ses façons gracieuses. 

Pour être belle femme, il faut être ré- 
gulièrement belle de corps et de visage; 
pour être jolie femme, il suffit de l'être de 
visage. Une belle femme est un chef 
d'oeuvre ; on ne se lasse jamais de la voir 
et de l'admirer. 

Vue jolie femme est une espèce de bijou ; 
on l'aime plus qu'on ne l'admire. 



89 

Q. What différence is there between a 
fine and a pretty woman ? 

Â. A fine woman is a well-shaped 
woman, of a high and noble stature, of 
a perfect plight of the body, of an élégant 
déportaient, with a regular. set of features, 
a pretty mixture of colours, and as much 
grâce as nobleness in ail her manners» 

A pretty woman has an agreeable, gen- 
teel, and pretty face ; she pleases as much 
by the amability, as by the gracefulness of 
her manners. 

A fine woman must hâve both a body 
and a face regularly beautiful. To be a 
pretty woman it is enough to hâve a very 
pretty face. A fine woman is a master- 
piece ; one never ceases to look at her and 
to admire her. 

A pretty woman is a kind of jewel ; we 
love her rather than admire her. 



90 



***^r* r**^mt***+ 



SOURDS-MUETS. 

D. " Les Sourds-muets se trouvent-ils 
" malheureux ? " 

Telle étoit la question que la jeune Mar- 
quise de D. faisoit un jour à M. Y!Abbé Si- 
card, n'osant l'adresser directement aux 
élèves, crainte de les affliger, ou de les hu- 
milier ; mais le vénérable instituteur, qui 
sait parfaitement ce qu'ils pensent à cet 
égard, n'hésita pas de la leur faire^ et voici 
quelle fut leur réponse. 

Massiev. Non, parce que rarement on 
regrette ce qu'on n'a jamais possédé, ou ce 
qu'on sait ne jamais pouvoir posséder ; mais 
si les sourds-muets devenoient aveugles, ils 
se croiroient bien malheureux. La vue est 
le plus beau, le plus utile, le plus agréable 
des sens. D'ailleurs nous sommes bien dé- 
dommagés de notre malheur par la faveur 
insigne de pouvoir exprimer par gestes et 



91 



DEAF AND DUMB. 

Q. *' Do the Deafand Dumb think them- 
" sehes unhappy ?" 

Such was the question the Marchioness 
of D. was putting one day to the Abbé 
Sicard, not daring directly to ask his 
pupils, for fear of humiliating and afflict- 
ing them ; but the vénérable institutor, 
who is perfectly acquainted with their ideas 
on this subjept, did not hesitate to put it to 
them ; and thèse were their answers : 

Massiev. No : because we seldom la- 
ment that which we never possessed, or 
know we can never be in possession of ; but 
should the deafand dumb become blind, 
they would think themselves very unhappy, 
because sight is the finest, the most useful, 
and the most agreeable of ail the sensés. 
Besides we are amply indemnified for our 
misfortune, by the signal favour of express- 



92 

par écrit nos idées, nos pensées et nos sen- 
timens, et de pouvoir lire ce qui est im- 
primé ou en manuscrit. 

Réponse de Clerc. 
Qui n'a rien eu, n'a rien perdu, et qui 
n'a rien perdu, n'a rien à regretter; or les 
sourds-muets n'ont jamais entendu ni parlé, 
donc ils n'ont perdu ni l'ouie ni la parole, 
et par conséquent ne peuvent regretter' ni 
l'une ni l'autre. Or qui n'a rien à regretter 
ne peut être malheureux, donc les sourds- 
muets ne sont ni ne peuvent être malheu- 
reux. D'ailleurs c'est une grande consola- 
tion pour eux que de pouvoir remplacer 
l'ouie par l'écriture, et la parole par des, 
signes. 



93 

ing by gejstures and by writing, our ideas, 
our thoughts and our feelings, and likewise 
by being able to read books and manuscripts. 

Clerc* s Answer. 
He who never had any thing, has never 
lpst any tbing ; and he who never lost any 
thing has nothing to regret. Consequently 
the deaf and dumb, who never heard or 
spoke, hâve neVer lost either hearing or 
speech, therefore cannot lament either 
the one or the other. And he who has 
nothing to lament cannot be unhappy, con- 
sequently the deaf and dumb are not un- 
happy. Besides it is a great consolation 
for thèm to be able to replace hearing by 
writing, and speech by signs. 



94 



ENTENDRE, ECOUTER. 

D. " Connoissez-vous la Différence qu'il 
" y a entre Entendre et Ecouter ? " 

Réponse de Massieu. 

Oui, je la connois un peu, quoique la 
privation du sens de Fouie semble s'y op- 
poser. Je crois qu'entendre, c'est rece*- 
voir par l'organe de Fouie le sentiment du 
bruit et du son par les rayons de l'un et de 
Fautre, comme tous ceux qui ont le sens de 
la vue reçoivent le sentiment de la différence 
des couleurs et le sentiment de la lumière 
par les rayons de la lumière elle-même. 

Je crois que le mot écouter signifie pour 
l'oreille, ce que le mot regarder signifie 
pour les yeux ; c'est être attentif au bruit 
et au son, pour les distinguer Fun de l'au- 
tre. Mais cette attention ne produit rien 
pour nous ; nous sommes aveugles pour les 



95 



#* W *N*" 0- f ** *S/* 



TO HEAR, TO LISTEN. 

Q. " Do y ou know the Différence hetween 
" Hearing and Listening ? " 

Massiez/ s Answer. 

Yes, I think I can guess something about 
it, although. the privation of tbe sensé of 
hearing seems to oppose it. I believe tbat 
to hear i's to receive, through the organ of 
hearing, the sensation of noise and sound, 
by the channel pf the rays of both, in the 
same manner as those who hâve the sensé 
of sight, receive the sensation of the 
variety of colours and of light, through 
the rays of light itself. 

I believe that the word to listen signifies 
for the ear what the word to look signifies 
for the eyes, it means to be attentive to 
noise and sound, to distinguish one from 
the other. But this attention produces no 
effect upon us ; we are blind to noise and 



96 

bruits et les sons, comme les aveugles sont 
sourds pour les couleurs et la lumière. 

Réponse de Clerc. 
Entendre, c'est recevoir l'impression des 
objets extérieurs par l'agitation des corps 
resonnans. Ecouter, c'est prêter une oreille 
attentive pour les entendre. On peut en- 
tendre sans écouter ; et souvent on n'entend 
pas, quoiqu'on écoute. 



*sr*^r*>** *^r **■* 



LONDRES ET PARIS. 

Une jeune dame demanda un jour à 
Clerc : ce qu'il pensoit de Londres* et de 
Paris?- — Il répondit : 

Paris s'embellit tous les jours ; mais je 
m'aperçois à peine des changemens qui s'y 
opèrent, parcequ'ils s'opèrent presque sous 
mes yeux, parce que les yeux s'accoutument 
à ce qu'ils voient journellement, parce qu'en- 
fin on admire rarement les objets auxquels 
on s'est accoutumé* 



97 

Sound, in the same manner as blind people 
are deaf to colours and light. 

UzERc'iS Ansiver. 
To hear is to reeeive the impression of* 
exterior objects through the agitation of 
sonorous bodiès. To listen is tô give an 
attentive ear to hear them. It is possible 
to listen without hearing, and very often 
one hears without listening. 



LONDON AND PARIS. 

A young lady asked Clerc ; what he 
thought of London and Paris ? — The fol- 
lowing was his answer. 

Paris is enibellishing every day, but I 
hardly perceîve the improvements, because 
they are taking place almost under jny eyesj 
because one's eyes are accustoïned to what 
they see every day ; because, in short, 
we seldom admire what we are accustomed 
to. 

H 



98 

Londres) il faut l'avouer, est plus grand, 
plus peuplé et plus commerçant que Pari». 
Ses places magnifiques, ses rues larges et lon- 
gues à perte de vue, ses riches boutiques, la 
propreté extrême surtout qui règne dans l'in- 
térieur des maisons, tout cela m'a d'abord 
frappé d'admiration; mais j'y cherche en 
vain un Palais Royal, des Boulevards, un 
Louvre, un Palais des Tuileries, un Palais 
et unJardinduLuxembourg, et tant d'autres 
beaux édifices, publics et particuliers, qui, 
à Paris, occupent sans cesse l'attention de 
l'étranger. 

En revanche on ne sauroit trop louer la 
beauté et la quantité des établissemens de 
bienfaisance. Ils donnent à la fois la plus 
haute idée des richesses et de la générosité 
de la nation, 

Si j'avois de la fortune je voudrois passer 
partie de l'automne et l'hiver entier à Paris, 
et le reste de l'année a Londres, ou dans 
l'intérieur de l'Angleterre. 



99 

London, it must be confessed, is larger, 
hiore populous, and more commercial, than 
Paris. The magnificent squares, thé broad 
and immensely long streets, the rich shops, 
and, above ail, thàt extrême cleanliness 
which reigns in the interior of tbe houses ; 
ail thèse hâve struck me with admiration at 
first sight ; but I vainly look for a Palais 
Royal, for the Boulevards, for a Louvre, 
for a Palace of the Tuileries, for a Palais 
and Jardin dû Luxembourg, and so many 
other beautiful édifices, public and private, 
which, in Paris, are incessantly occupying 
the attention of the stranger. 

It nmst, however, be allowed, tbat one 
cannot too much praise the beauty and va- 
fiety of tbe beneficent establishments atLon- 
don. They give at once the highest idea of 
the riches and the generosity of the nation. 
If I were rich, I should like to spend 
part of the autumn and the whole winter in 
Paris, and the rest of the year either in 
London, or in the interior of En gland. 

h 2 



100 



*+*+***■*■**** 



IDEE PENSÉE, IMAGINATION. 

D. " Quelle Différence y a-t'il entre 
" Vidée, la Pensée, et F Imagination?" 

Réponse de Massieu. 

Il y a cette différence entre l'idée, la pen- 
sée et l'imagination, que l'idée est une opé- 
ration passive de l'esprit, occasionnée par 
la sensation d'un objet extérieur qui' l'a 
frappé. Elle est l'image de cet objet. 

lia pensée est une opération active de 
l'esprit, elle est le résultat de la comparai- 
son entre un objet et sa qualité, une sorte 
de pesée de l'un et de l'autre. L'idée voit 
l'objet, la pensée s'y arrête ; la pensée est 
donc le regard de l'esprit ; elle est volon- 
taire. Li'idée est la vue de l'esprit; elle 
est forcée et ne dépend pas de nous. 

U imagination est une faculté de l'esprit 
qui se représente les objets, les réunit et eu 



101 



I&EA, THOUGHT, IMAGINATION. 

Q. " TVhat Différence is there Between 
" Idea, Thought, and Imagination ?" 

MassiEtV* s Anstèer* 

There is that différence between idea, 
thought, and imagination, that idea is a 
passive opération of thé mind, oceasioiied 
by the sensation of an exterior objeet that 
struck it. Idea is the image of that objéct. 

ThoUgM is an active opération of the 
mind; it is thé resuit of comparisOn be- 
tween an O&jeét' and the quality; à kind 
of vueighitlg of bofh. Idea sees the ob- 
jeet, and thtiught considéré it; ih&ugM îs 
then the lOok of the mind ; it is voluntary. 
Idea is the sight of the mind ; it is fùrcëd, 
and is no ways 1 depending upon us. 

Im&gination is a faculty of the mind) 
which represents objects, réunîtes them, 

h 3 



102 

fait un tout agréable. Uidée est le sou- 
venir de l'objet qu'elle a vu. La pensée 
s'arrête sur cette idée, en regarde, en con- 
sidère la modification. 

IJ imagination en réunissant plusieurs 
idées, plusieurs pensées, crée un tableau 
pareil à ceux de la nature. 

Réponse de Clerc. 

JJidée est l'image, la représentation d'un 
objet dans l'esprit. 

La pensée est ce que l'esprit a pensé, ou 
ce qu'il pense actuellement; la faculté qu'il 
a de peser deux idées, celle d'une substance 
et de sa modification, de les comparer, de 
voir en quoi elles se conviennent ou en quoi 
elles diffèrent, et de se déterminer en con- 
séquence, en basant son jugement sur telle 
ou telle chose. 

^imagination est la promenade de l'es- 
prit autour des objets qu'il passe en revue, 



103 

and makes them ail an agreeable whole. 
Idea is the remembrance of the object it 
has seen- Thought reflects on that idea, 
and considers tbe modification of it. 

Imagination réunîtes several ideas, seve- 
ral thoughts, and draws out of them a 
picture similar to those drawn by nature. 

Clerc* s Answer. 

Idea is the image, the représentation of 
an object in the mind. 

Thought is what the mind has either 
been, or is actually, reflecting upon ; the 
faculty of weighing two ideas, that of sub- 
stance and that of modification, and of 
comparing them, to see wherein they agrée 
or differ, and in conséquence of that com- 
parison, to fix our resolution on such and 
such a thing. 

Imagination is the hovering of the mind 
over the objects which it passes in review, 

h 4 



104 

et dont il forme un agréable et brillant 
tableau. 

h' idée est un dessin, la pensée un regard, 
l'imagination un charme, une séduction. 



FAUTE ET CRIME. 

D. " On vous demande quelle Différence 
" il y a entre les Mots Faute et Crime?" 

Réponse de Massiev. 

Une faute est une action, souvent sans 
malice, contre les devoirs, les bienséances, 
les usages, et les convenances de la société. 

Un crime est une action odieuse et con- 
tre nature, un péché mortel, un attentat 
contre les lois divines et humaines qui les 
punissent. 

L'une et l'autre expriment une mauvaise 
action, mais la faute est bien moins grave 
que le crime* On peut pardonner une 
faute; mais on ne doit jamais transiger 
avec le crime* 



105 

and forms a brilliant and seducing picture 
of them. 

Idea is a sketch, thought is a look, ima- 
gination a charm, a séduction. 



FAULT AND CRIME. 

Q. " You are asked the Différence he~ 
il tween the Words Fault and Crime ?" 

Massiei/s Amwzr. 

A fault is an action, often without ma- 
lice^ against the duties, cûstoms, manners, 
and habits of society. 

A crime is an edioHS, unnatural action, 
a capital sin, a breach against divine and 
human laws, by which it is punished. 

Both the one and the other express a 
bad action ; but fault is of much less im- 
portance than crime- One may forgive a 
fault, but there is no possibility of passing 
over crime. 



106 

Réponse de Clerc. 

Une faute est une action contre le devoir, 
contre l'ordre, contre les règles de la bien- 
séance, un manque de respect envers ses 
supérieurs, une désobéissance à ses maîtres. 

Un crime est une contravention directe 
aux lois, une faute énorme, odieuse, une 
action qui fait frémir, et dont la réparation 
est une peine afflictive, infamante, souvent 
même une condamnation à mort. 

Les emportemens, l'inattention sont des 
fautes; le vol, le meurtre, et l'assassinat 
sont des crimes; on peut passer sur les 
unes, mais il y auroit de la fbiblesse, et 
une foiblesse coupable à pardonner aux 
autres. 



107 

Clerc' s Armver. 

A fmdt is an action against duty, against 
order,* against the rules of décorum; it 
<is either a want of respect towards our 
superiors, or disobedience to our masters. 

A crime is a direct infraction of the law, 
an enormous, odious fautt, an action 
which makes one shudder, and can ohly 
be expiated by corporal, ignominious, 
and, most often, capital punishment. 

Fits of passion, and inattention are con- 
sidered as faults; stealing and murder 
are crimes ; one may overlook the former, 
but it would be weakness, nay, a most 
culpable weakness, to fprgive the latter. 



108 



**j^r+ ****** +*■*■*** 



USAGE ET COUTUME. 

D. " Y a-t-il quelque Différence entre 
*' les Mots Usage et Coutume?" 

Réponse de Massleu, 
Oui, il y a de la différence entre ces deux 
mots. Uusage est ce que la plupart du 
monde fait journellement ; la coutume, ce 
que l'on, fait depuis. Long-temps ;, celui-là 
a rapport aux choses utiles, usuelles; ce- 
lui-ci regarde particulièrement les choses 
qu'on fait souvent, fréquemment, c'est-à- 
dire les actions ordinaires. 

Réponse de Clerc: 

Uusage est ce que la plus grande partie 
des gens pratiquent, ce qu'on fait, ce qu'on 
voit ordinairement ; enfin ce qui est géné- 
ralement reçu. 

La coutume est ce qu'on a pratiqué de- 
puis fort long-temps et dont on s'est fait 
une habitude. Pour vivre heureux dans 



109 



USAGE AND CUSTOM. 
Q. " Is there any Différence beèween tke 



tt 



JVords Usage and Custom ?" 

Massibu's Answer. 
Yes, there is a différence between thèse 
words. Usage is what most people are 
doing every day ; custom is that which has 
been a long time in practice ; the former 
relates to usual and useful things, the 
latter is particularly pointing out things 
which we are frequently and repeatedly 
doing, that is to say, ordinary actions. 

Cler(?s Answer. 

Usage is what most people are putting 
into practice, what is commonly done or 
seen, in short what is adopted by almost 
every one. 

Custom is that which has so long been 
in practice, that it has almost turned 
into habit. To be happy in the world, 



110 



le monde, il faut souvent se soumettre à 
Y usage et se régler d'après la coutume du 
pays où l'on se trouve. 



*■**•*>**+■**+* 



»*. L'ABBÉ SICARD. 

D. " Madame V Ambassadrice d Autriche 
" vous demande ce que vous pensez de 
" M. l'Abbé Sicard ? " 

Réponse de M as si eu. 

Je pense que M. Y Abbé Sicard a été 
destiné par la Providence à être le second 
créateur des infortunés sourds- muets, qu'elle 
l'a choisi pour être le perfectionneur de 
l'art de les instruire. Sans lui notre âme 
seroit sans développement, sans pensées, 
sans moyen de communication avec les en- 
tendans-parlans. Il nous a donné la vie 
morale, la vie de la raison. C'est lui qui 
nous a appris à distinguer le bien d'avec le 
mal ; c'est lui qui nous a démontré qu'un 



111 

one must often submit to usage (fashion), 
and regulate one's self after the custotn of 
the country one lives in. 



THE ABBÉ SICARD. 

Q. " The Ambassadress of Austrmasks 
" y our Opinion ahout the Abbé Si- 
" card?" 

Massieu s Answer. 
I think that the Abbé Sicard has been 
destined by Providence to be the second 
creator of the unfortunate deaf and dumb, 
that he has chosen him to be the iraprover 
of the art of instructing thera. Without 
him our soûls would be deprived of the fa- 
culty of thinking, and we should hâve no 
means of communicating with our fellow- 
creatures. He has restored us to moral 
life, to a life of reason. It is he who has 
enabled us to distinguish good from evil ; 
it is he who taught us that an Eternal 



112 

Etre Eternel a fait le monde, et qu'il le con- 
serve, qu'il a créé l'homme à son image, et 
qu'il le rendra éternellement heureux, s'il 
est fidèle à ses lois. C'est lui qui nous a 
tirés du néant des ténèbres, en nous appre- 
nant que nous avons une âme raisonnable. 
Aussi nous le vénérons, nous le chérissons 
comme un père, et nous serions prêts à 
donner notre vie pour prolonger la sienne. 

"Réponse de Clerc. 

Je remercie beaucoup Madame la Com- 
tesse de Meerveldt de cette demande ; elle 
me met à même de faire éclater mes senti- 
mens envers un homme auquel nous devons 
plus que notre propre vie. Sans lui, nous 
serions encore loin de goûter les douceurs 
de la société ; mais grâces à la Divine bonté 
et au génie de cet excellent père, nous 
sommes devenus des hommes, et nous nous 
trouvons heureux de pouvoir exprimer nos 



113 

Being has created the world and préserves 
it, that he framed man after his own image, 
and that he will render him eternally happy, 
if he be faithful to his laws. It is he who 
drew us out of the darkness, by teaching 
us that our soûls arc endowed with reasôn. 
For which reason we respect him, we che- 
rish him like a father, and should be ready 
to lay down our' own lives to prolong his. 

Clerc* s Answer. 

I am very thankful ta the Countess of 
Meerveld for this question ; ît gives me 
an opportunity to manifest my sentiments 
for a rnan to whom we owe more than 
life. But for him, we should still be ïar 
from enjoying the delights of society ; 
but,' thanks to the Divine goodness, and* 
tbe gënius of this inost excellent father, 
we are become men, and deem our- 
selves happy in being able to express 



114 



pensées, comme toute le reste de nos sem- 
blables. 



UTILITÉ DE LA SCIENCE. 

Un homme d'esprit demanda à Clerc : 
D. " Quelle étoit la Science la plus 
" utile à une Personne d* Condition ? " 

M. On ne saurait douter que la science 
ne soit l'un des plus beaux ornemens de 
l'homme. Il n'y a point de parure qui em- 
bellisse le corps plus que la science n'em- 
bellit l'esprit ; mais il faut savoir distinguer 
les sciences utiles d'avec celles qui ne sont 
d'aucun avantage. J'ai lu quelque part 
qu'un homme avoit composé un gros livre 
sur la meule du moulin, qu'un autre avoit 
fait un éloge très-éloquent et très-pompeux 
de la, mouche. C'étoit, ce me semble, per- 
dre son temps à des choses bien futiles, et 
abuser de la patience du lecteur* Tout 



115 

our thoughts as well as the rest oi our 
fellow-creatures. 



■/s/- *^r ++++■*■***■** #>*> 



UTILITY OF SCIENCE. 

A learned man was asking Clerc: 
Q. " JVhat Science was the most use- 
" fil for a Gentleman?" 

A. One cannot doubt that science is 
one of the first ornaments of man. There 
is no dress embellishes the body more than 
science does the mind ; but one must know 
how to distinguish useful sciences from 
those that are of no real advantage. I 
hâve read sômewhere that a man had com- 
posed a great book on a millstone, thât 
another had made a most éloquent and 
pompous eulogium of a fly. This was, 
methinks, losing one's time on very insig- 
nificant objects, and abusing the- reader's 

i 2 



116 

homme honnête, et un homme de condition 
surtout, doit s'appliquer, avant tout, à 
l'étude de sa langue maternelle, afin de 
pouvoir s'exprimer avec facilité et avec 
grâce. On a beau être savant, on ne don- 
nera jamais une haute idée de soi, ni de sa 
science, si l'on parle d'une manière impolie 
ou vulgaire. Après la langue maternelle, 
les langues mortes méritent les premiers 
soins d'un homme qui veut devenir savant ; 
enfin un homme bien-né, un homme de con- 
dition doit joindre à la connoissance d'une, 
ou de plusieurs langues vivantes, celle de 
l'histoire ancienne et moderne, des mathé- 
matiques et de la géographie* 

X). A quoi sert la connoissance de 
V histoire ? 

R. La connoissance de F histoire est in- 
finiment utile ; elle met sous nos yeux le 
grand tableau des générations qui nous ont 
précédés ; et en nous racontant les événç- 



117 

patience. Every décent man, and a gen- 
tleman, in particular, ought to apply him- 
self, above ail, to the study of his native 
language, in order to be able to express 
himself with ease and gracefulness. Let 
a man be ever so learned, he will never 
give a high idea of himself, or of his 
science, if he speak a low vulgar language. 
After the mother tongue, déad languages 
deservethe first attention of a man who 
wishes to become a scholar; and finally, 
a well-educated man, a gentleman, ought 
to add to the knowledge of one or several 
living languages, that of ancient and mo- 
dem history, mathematics, and geography. 

Q. Of what use is the knowledge of 
history ? 

A> The knowledge of. history is ex- 
tremely useful ; it lays before our eyes, the 
great picture of the générations that hâve 
preceded us ; and in relating the events 

i 3 



118 

mecs qui s'y sont passés, nous apprend à 
rechercher le hien et à éviter Je mal. Elle 
nous donne pour précepteurs les sages de 
tous les temps et nous rappelle leurs ma- 
ximes. Les crimes des méchans ne nous 
sont pas moins utiles. Rarement la justice 
divine les laisse impunis. Les suites funes- 
tes qui les accompagnent toujours nous pré- 
servent de la séduction du mauvais exemple; 
et nous tâchons de devenir bons, autant 
par intérêt que par penchant, parcequ'il 
n'y a qu'à perdre à être méchant, et tout 
à gagner à être bon. 



119 

which passed in their time, we are taught 
to follow what is good, and avoid what is 
bad. It lays before us the precepts of the 
wise men of ail âges, and acquaints us 
with tbeir maxims. The crimes of the 
wicked are of no less use to us. Seldom 
does divine justice let them remain unpu- 
nished. The fatal conséquences that always 
attend them, préserve us from the séduc- 
tion of bad example ; and we éndeavour to 
become good, as much through interest as 
inclination ; because there is every thing 
to lose in being wicked, and every thing to 
gain in being good. 



i 4 



120 

INDIFFÉRENCE. 

Définition de Massieu. 

\J indifférence est la neutralité de l'âme, 
l'égalité de sentiment entre ce qui paroît 
bon ou mauvais, utile ou nuisible, agréable 
ou désagréable. 



■**■*■*•****■■*■<**■ * 4 



SORCIER. 



A la séance du 3 Juillet, Clerc ayant 
écrit sur la planche noire, sous la dictée de 
Massieu, une page d'un livre choisi par 
Mgr. le Duc de Kent, et le mot sorcier 
s'étant présenté, Son Altesse Royale pria 
M. Y Abbé Sicard de demander aux deux 
élèves la définition de ce mot. 

Définition de Massieu. 
Un sorcier est celui qui invente des 
choses extraordinaires et contraires à l'or- 
dre de la nature pour nous effrayer ou 



121 



INDIFFERENCE. 

Massieu's Définition. 

Indifférence is the nçutrality of the soûl, 
an equal propensity towards what appears 
good or bad, useful Or pernicious, agree- 
.able or disagreeable. 



■* +.r*-4<4T+-** ^v^^v#^ 



A SORCERER. 



At thé lecture of the 3d of July, Clerc 
having traced on the black board, under 
the dictâtes of Massieu, a page selected 
by the Duke of Kent, and the word 
sorcerer having occurred, His Royai High- 
ness requested the Abbé Sicard to ask his 
two pupils the définition of that word. 

Massiez/ s Définition. 

A sorcerer is one who invents extraor- 
dinary, uhnatural things, either to frighten 



122 

nous surprendre. On dit qu'il est d'accord 
avec le diable pour faire toute espèce de 
mal, pour causer de la terreur, de l'épou- 
vante et pour tourmenter les hommes et 
les animaux. 

Définition de Clerc- 

Un sorcier est celui qui, selon l'opinion 
du peuple, produit contre l'ordre de la 
nature des effets merveilleux et suprenans. 
Je n'en sais pas davantage. Je n'en ai jamais 
vu faire l'expérience ; et ce que j'en dis, 
n'est que d'après ce que j'en ai ouï dire. 

Z>. Depuis quand êtes vous en Angle- 
terre ? 

R. Mon Prince ! nous y sommes depuis 
le 20 de Mai dernier. 

D. Comment trouvez-vous ce pays-ci ? 

M. Nous trouvons l'Angleterre un char- 
mant pays. 

Nous sommes infiniment flattés que votre 
Altesse Royale, ainsi que notre bon Prince, 



123 

or surprize us. It is said that he is m 
compact with the devil to do ail kinds of 
mischief, to spread terror and fright j and 
to tonnent men and beasts. 

Clerc? s Définition. 

A sorcerer is one who, according to 
the vulgar opinion, produces things out of 
the order of nature, things marvellous and 
surprizing. I know no more about it. 
I never met with any, and what I say of 
them is merely from what I hâve heard 
other people say. 

Q. How long hâve y ou heen in Mng<- 
land ? 

A. Please your Royal Highness, we 
hâve been hère, since the 20th of May last. 

Q. How do y ou like it ? 

A. We find England a delightful 
country. 

We are highly flattered that your Royal 
Highness, as well our good Prince, the 



124 

Mgr. le Duc d'Orléans, ayent daigné 
honorer notre séance de leur présence. 
Nous supplions vos Altesses d'en agréer 
nos très-humbles remercîmens. 

D. Auriez-vous du goût pour un métier 
ou quelque profession ? 

Réponse de Massieu. 

Monseigneur, j'ai du goût pour une pro- 
fession. La mienne est de cultiver l'esprit 
des infortunés sourds-muets auxquels la 
nature a refusé les avantages de l'ouie et de 
la parole. 

Réponse de Clerc. 

Monseigneur, j'aime le travail. Je me 
suis destiné à seconder mon maître, et j'es- 
père que votre Altesse trouvera cette pro-i 
fession bien honorable. 

D. Quelle différence trouvez-vous entre 
métier et profession ? 

Massieu. Un métier est un travail des 
mains pour gagner son pain, tels que les 



125 

Duke of Orléans, iave vouchsafed to 
honour our lecture with their présence. 
We humbly request your Highnesses to 
accept of our most humble thanks for it. 

Q. Wbuld you feel an inclination for 
a trade or profession ? 

Massiez? s Answer. 
Yes, your Royal Highness, I hâve a 
taste for a profession. Mine is to cultivate 
the minci of the unfortunate deaf and dumb, 
to whom nature has refused the faculties 
of bearîbg and speaking. 

Clerc* s Answer. 

Yes, please your Royal Highness, 1 love 
to work. I am destineçl to assist my mas- 
ter, and I hope your Royal Highness will 
deem this a very honourable profession. 

Q. TVhat différence do y ou find be- 
tween a trade and a profession ? 

Mas si eu. Trade is a manual labour to 
earn one's bread ; such as the trades of 



126 

métiers de cordonnier, de tailleur, de me- 
nuisier, de maçon, etc. 

Une profession est un mot générique, un 
travail quelconque des mains ou de l'esprit. 
C'est un genre d'état auquel on se dévoue. 
On dit la profession d'avocat* de médecin, 
de notaire, d'instituteur, etc. 

Clerc. Un métier se dit en parlant 
des ouvrages qu'on fait à la main. 

Une profession est le genre d'occupation, 
le genre de vie qu'on a embrassé, et se dit 
tant en parlant des arts méchaniques que 
des arts libéraux. 



L'ANGLETERRE. 

Dans la même séance, Son Altesse Mgr. 
le Duc d'Orléans démanda à Massiev et 
Clerc : ce qui les avoit le plus frappés en 
arrivant dans ce pays-ci? 

Massiev. Nous sommés montés sur le 
dôme de la cathédrale de St. Paul, et nous 



127 

shoe-maker, taylor, cabinet-maker, mason, 
etc. 

A profession is a generical word, any 
work whatever, either manual or spiritual. 
It is a kind of pursuit to which a man 
dévotes himself. We say the profession of 
lawyer, physician, notary, institutor, etc. 

Clerc. The word trade is used in 
speaking of manual works. 

A profession is the kind of occupation, 
the kind of life, which one embraces and 
is applicable both to mechanical and libéral 
arts* 



+***.+*+>*+*+*>*++* 



ENGLAND. 



In the same lecture, his Highness the 
Duke of Orléans, asked Massieu and 
Clerc: what had struck them most on 
their arrivai in this country ? 

Massieu. We hâve ascended the ca- 
thedral of St. Paul, and were struck with 



128 

avons été frappés d'admiration» en planant 
sur la ville de Londres. Le grand nombre 
de belles places et d'édifices publics, la lar- 
geur et la longuer des rues, la richesse des 
magasins, la régularité et la propreté des 
maisons, l'activité des habitans, là beauté 
des voitures et des chevaux, et surtout la 
cordialité avec laquelle on nous admet dans 
les maisons ; tout cela fait une impression 
profonde sur mon souvenir. 

Clerc. Il est difficile de prononcer. 
Cependant, je ne saurois passer sous silence 
l'hospitalité des Anglois, qui en daignant 
nous admettre dans leurs sociétés nous font 
passer notre temps le plus agréablement du 
monde. Viennent ensuite les objets de 
curiosité, la magnificence des places, le 
nombre et la beauté des édifices publics, et 
notamment de St. Paul, de la Banque, et 
de la Mansion-house ; la régularité des mai- 
sons, la largeur des rues, etc. 



129 

admiration on casting our eyes over the city 
of London. The great number of handsome 
squares and public buildings, the breadth 
and length of the streets, the rîchness of 
the shops, the regularity and cleanliness 
of the houses, the bustle of the inhabitants, 
the beauty of the carriages and horses, 
and, above ail, the cordiality with which 
the inhabitants admit us into their houses; 
ail thèse will make a deep impression on 
my memory. 

Clerc. It is difficult to say ; I cannot, 
however, be silent on the hospitality of the 
English, who in deigning to admit us into 
their assemblies, make us spend our time 
in the most agreeable manner. Next to 
this, are the objects of curiosity, the mag- 
nificence of the squares, the great number 
and beauty of the public édifices, particu- 
larly St. Paul's, the Bank, and the Mansion 
House; the regularity of the houses, the 
breadth of the streets, etc. 

K 



130 



tJne dame demandoit à Clerc : 
" Pourquoi le jeune Armand Godard 
" ri et oit pas aussi instruit que Massiev et 
" lui ? " Clerc répondit : 

Si vous preniez la peine- de réfléchir, 
Madame, sur les difficultés énormes que 
présente sans cesse l'instruction d'un sourd- 
muet, vous croiriez facilement qu'il faut 
plusieurs années, avant qu'il soit rendu 
à la société, et qu'il puisse rendre compte 
de ses pensées. God&rd est encore bien 
jeune, et son esprit n'a pas encore acquis 
assez de maturité. D'ailleurs ce n'est pas 
dans un court espace de temps qu'on par- 
vient à un haut degré de perfection. En- 
core de la patience et de l'application et 
vous le verrez un jour, j'espère, être à 
même aussi de répondre aux questions que 
vous voudrez bien lui faire- 



331 



A lady asked Clerc : 

" Why young Armand Godard was not 
" so well instructed as he and Massieu?" 
To which he answered : 

If you gave yourself the trouble of re- 
flecting, Madam, on the enormous diffi- 
culties which are incessantly in the way 
of a deaf and dumb person's instruction, you 
would easily believe, that several years are 
required before he is rendered to society, 
and enabled to give an account of his 
thoughts. Godard is still very young, and 
his mind has not yet acquired a sufficient 
degree of maturity. Besides it is not in 
so short a time that one can hope to reach 
a high degree of perfection. With patience 
and application, you will see him, one day, 
I hope, capable of answering any question 
you may be pleased to ask him. 

k 2 



132 



RECONNOISSANCE. 



définition de Mas s jeu. 
La reconnaissance est le souvenir du 
cœur.* 

Définition de Clerc. 
La reconnaissance est le souvenir d'un 
service que nous a été rendu avec un cœur 
pénétré d'un profond sentiment de res- 
pect, d'attachement et de dévouement sans 
bornes. 



ENFANT GATE. 
Définition de Massiev. 
Un enfant gâté est un enfant que son 
père et sa mère caressent trop, au lieu 

* Cette définition de Mjsssieu, ainsi que celle de 
Y Espérance et de V Eternité sont très-anciennes et ont 
déjà fait, pour ainsi dire, le tour de l'Europe ; mais 
elles sont si belles que plusieurs des souscripteurs ont 
exprimé le désir de les voir insérées dans ce recueil. 



133 



* *■ * *-<vs#^^.* *■ 



GRATITUDE. 

Massiev's Définition. 

Gratitude is the remembrance of the 
heart.* 

Clerc 1 s Définition. 

Gratitude is the remembrance of a ser- 
vice which we hâve received, with a hèart 
penetrated with a deep sensé of respect, 
affection, and an unlimited dévotion. 



A SPOILED CHILD. 
Massieu's Answer. 
A spoiled child is" a child whom its fa- 
ther and mother are fondling upon, instead 

* This définition of Mxssieu, as well as that of 
Hope and Eternity are very old, and are, in a great 
measure, known ail over Europe; but they are so 
beautiful, that many of the subscribers hâve expressed 
a désire to hâve them inserted in this collection. 

k3 



134 

de le corriger, lorsqu'il le mérite. Leur 
tendresse mal-entendue l'empêche de rece- 
voir une bonne éducation ; et il devient 
un mauvais sujet qui est souvent capable 
de brouiller la société. Godard,* par 
exemple, a été un enfant gâté. Ses pa- 
rens me le confièrent, quand il étoit encore 
jeune. Comme il étoit paresseux et étourdi, 
je voulois lui donner des soufflets paternels, 
mais ils me défendirent de le frapper. Ce- 
pendant voyant que leur fils abusoit de leur 
bonté, ils finirent par devenir un peu plus 
sévères, et depuis Godard est devenu, avec 
l'âge, plus sage et plus raisonnable, bien 
qu'il soit encore par fois un peu pares- 
seux. 

* Godard est le troisième élève que M. F Abbé Si- 
card a amené à Londres. Il est natif de Paris et ap- 
partient à des parens infiniment respectables en qui 
un peu de foiblesse pour cet intéressant jeune homme 
serait bien excusable à cause de son infirmité. 



135 

of chastising it, when it is dçserving it. 
Their ill-understood fondness prevénts its 
receiving a good éducation, and he becomes 
a good-for-nothing fellow, often capable 
of being troublesbme to society. Godard,* 
for instance, has been a spoiled child. His 
parents entrusted him to my care, when 
he was yet young. As he was indolent 
and gîddy, I wished to give him a little 
paternal correction ; but they forbade 
my striking him. Seeing, however, that 
he was abusing their goodness, they becâme, 
at length, a little more severe, and since 
then, Godard is grown, with years, a little 
wiser and more reasonable, although he be 
occasionally a little lazy. 



* Godard is the third pupil whom the Abbé Sicard 
has brought to London. He is a native of Paris, and 
belongs to most respectable parents, who, on account 
of his infirmity, are rather excusable for a little weak- 
ness towards him. 

K 4. 



136 

Définition de Clerc. 
C'est un enfant qu'on a trop aimé, trop 
chéri, et qu'on n'a pas repris chaque fois 
qu'il le méritoit, ce qui fait que cet enfant 
se voyant son maître, néglige de remplir ses 
devoirs, de cultiver son esprit, de former son 
cœur, et finit par devenir un mauvais su- 
jet, ou un sujet qui ne sait pas grand' chose. 



LANGAGE NATUREL ET LANGAGE 
ARTIFICIEL. 

D. " Quelle Différence y a-t-il entre le 
" Langage naturel et le Langage ar- 
" tificiel?" 

Réponse de Massieu. 
M. Le langage naturel est le langage 
dont les sourds-muets, les sauvages, et ceux 
qui ne connoissent pas de langue, se servent 
pour se communiquer leurs pensées et leurs 
sèntimens. C'est le langage de la nature, 
la représentation naturelle des objets ; tels 
que les gestes, la physionomie, l'expression 
de la figure et des yeux. 



137 

CLERxfs Définition. 
It is a child that has been too nmch be,-» 
loved and cherished, and who has not been 
corrected every time it deserved it ; so that 
the child, finding itself its own master, neg- 
lects its duty, does neither cultivate its 
mind, nor form its heart, and ends with 
turning out a good-for-nothing fellow, or 
at least an ignorant bne. 



>#^./- ^^<#srt*#>* #v*>** ^ 



ARTIFICIAL AND NATURAL LANGUAGE. 
Q. " TVhat Différence is there between 

" natural and artificial Language f" 
Massiet/s Answer. 

A. Natural language is the language 
which the deaf and dumb, savages, and 
thosewho are acquainted with no idiom, 
make use of to communicate to one ano- 
ther their ideas and feelings. It is the 
language of nature, the natural represen- 
tation of objects; such as gestures, phy- 
siognomy, the expression of the face and 
the eyes. 



138 

Le langage artificiel est un langage in- 
venté par la réunion de plusieurs personnes, 
qu'on appelle société, le langage de con- 
vention ou le langage convenu, le langage 
écrit, ou le langage parlé. 

Réponse de Clerc. 

Le langage naturel est le langage de la 
nature, le langage par lequel, à l'aide des. 
signes, on fait connoître les besoins les plus 
usuels et les choses les plus nécessaires de 
la vie. On en distingue de plusieurs sortes : 
la physionomie ou le langage du visage, le 
langage des yeux, le langage des signes. 

Le langage artificiel est le langage imité, 
contrefait, emprunté ou convenu entre les 
hommes pour exprimer leurs pensées, soit 
en parlant, soit en écrivant. 



139 

Artifoâal language is a language in- 
vented by the union ôf several persons, 
which is called society ; a conventional 
language, a language which is either writ- 
ten or spoken. 

Clerc' s Ansiver. 

Natural language is the language of 
nature ; a language which, by means of 
gestures, enables us to express the most 
usual wants and the most common neces- 
saries of life. There are' many sorts : phy- 
sioguomy, or the language of the face* the 
language of the eyes, the language of 
signs. 

Artificial language is an imitated, bor- 
rowed, conventional language, used by men 
to express their thoughts, either by writing 
or speaking. 



140 

AVANTAGES DE LA VIE CIVILISÉE SUR LA 
VIE SOLITAIRE OU SAUVAGE. 

D. " Quels sont les Avantages de la Vie 
" civilisée sur la Vie solitaire, ou saù- 
« vage?" 

Réponse de Massieu. 

Les avantages de la vie civilisée sont 
ceux de connoître Dieu, de l'aimer et de 
l'adorer; ceux de pouvoir se rendre utile 
ou agréable à la société, soit par sa bonne 
éducation, par ses talens ou ses vertus, 
soit en possédant des arts ou des sciences 
d'utilité ou d'agrément, de raisonner en- 
semble, de s'aimer, de s'entre aider, etc. 

La vie solitaire ou sauvage, ressemble à 
celle des bêtes et des végétaux. 

Réponse de Clerc. 

Les avantages de la vie civilisée sont ceux 

de reconnoître un Dieu dans l'univers, et 

de lui rendre en conséquence le culte qui 

lui est dû ; d'être poli et complaisant envers 



141 

ADVANTAGES OF A CIVILIZED OVER A 
SOLITARY OR SAVAGE LIFE. 

Q. " What are the Advantages of a civi- 
" lized, over a solitary or savage Life ?" 

Massieus Answer. 

A. The advantages of a civilized life 
are those of knowing God, of loving and 
adoring him ; those of being able to ren- 
der one's self either agreeable or useful to 
society, either through one's good éduca- 
tion, talents, or virtues, or by the profes- 
sion either of arts or sciences, of pleasure 
and utility, of reasoning together, of lov- 
ing and helping one another, etc. 

A solitary, or savage life, is ressembling 
the life of brutes and vegetables. 

Clerc' s Answer. 

The advantages of a civilized life are 

those of being sensible that there is a God 

in the universe, consequentîy that we afe 

to render him the worship which is his due ; 



142 

ses semblables, de se rendre agréable à tout 
le monde, de participer aux sciences et aux 
arts ; au lieu que la vie solitaire ou sauvage 
est une vie qui fuit la société, ne voulant 
avoir rien de commun avec le reste des 
hommes. Telle est la vie des ignorans et 
imbéciles, qui sont plus bêtes que les bêtes 
elles-mêmes. 



<*■■* *-r*-* &*^t ,#n* ■**.*■** 



PHYSIQUE ET MORAL. 

D. " Quelle Différence y a-t-il entre le 
Physique et le Moral ? " 



n 



Réponse de Massieu. 

Le physique nous indique tous, les objets 
qui tombent sous nos sens. 

Le moral traite des mœurs, des actions, 
des opérations, des propriétés de l'âme. 

Le physique regarde les choses maté- 
rielles i le moral les choses immatérielles. 



143 

of being polite and complaisant towards 
our fellow-creatures, of making ourselves 
agreeable to every body, of participating in 
arts and sciences : whereas, a solitary and 
savage life is the life of a being who shuns 
society, and wishes to hâve no kind of con- 
nection with the rest of mankind. Such is 
the life of silly and ignorant men, who are 
mère beasts than the beasts themselves. 



*>*■+*++■*■■***■*■ 



PHYSICAL AND MORAL. 

Q. " IVhat, is the Différence hetween 
" Physical and Moral ? " 

Massieu's Armver. 

Things physical are the objects which fall 
under our sensés. 

Things moral are manners and actions 
of mankind ; the opérations and qualities of 
the soûl. 

Things physical are material ; things mo- 
ral are immaterial. 



144 

Réponse de Clerc. 

Le physique traite des choses qui nous 
entourent et que nous voyons $ 

Le moral des choses intellectuelles ; il va 
également à l'esprit et au cœur, cultive les 
facultés de l'un et forme celles de l'autre. 

Le physique est au dehors, et le moral 
au dedans. 



BUONAPARTE. 

D. " Buonaparte est-il un grand 
" Homme?" 

Réponse de MaSsieu. 

Oui ; Buonaparte est un grand homme, 
par rapport à l'art militaire ; mais il a 
été si ambitieux que Dieu l'a puni. Il 
a été vaincu et renversé par le Duc de Wel- 
lington. Il a bu trop d'ambition, ce qui 
lui a altéré l'esprit. 



145 

Clerc? s Answer. 

Things physical are those which surround 
us, and which we see. 

Things moral are intellectual, and belong 
equally to the mind and to the heart ; cul- 
tivating the faculties of the one, and form- 
ing the qualities of the other. 

Things physical are without ; things mo- 
ral, within. 



BUONAPARTE. 

Q. " Is Buonaparte a great Man ? " 

Massiez/ s Answer. 

t 

Yes ; Buonaparte is a great man, in ré- 
férence to the military art ; but he has been 
so ambitious that God has punished him. 
He has been beaten and overthrown by the 
Duke of Wellington. He has drunk of 
ambition, and that has poisoned his mind. 



146 

Réponse de Clerc. 
Savoir allier la sévérité du commande- 
ment avec une bonté paternelle, être dé- 
taché de soi-même, comme Turenne ; ne 
vivre que pour son peuple et être avare du 
sang de ses sujets, comme Henri IV ; ne 
respirer que l'amour de ses soldats, comme 
Alexandre le Grand; partager leurs fatigues 
à la guerre, les conduire à la victoire en 
leur montrant le chemin de l'honneur et de 
la gloire ; joindre à tout cela de la gran- 
deur d'âme, de la modération envers les 
vaincus, de l'humanité envers les blessés, 
de la bienveillance envers les habitans des 
pays conquis, respecter et faire respecter 
leur religion et leurs propriétés ; telles sont 
les qualités que doit avoir un grand homme 
qui veut être censé tel ; or JBuonaparte t 
malgré ses talens militaires, n'avoit aucune 
bonne qualité du cœur, aucune magnani- 
mité, aucune grandeur d'âme, donc je ne 
puis lui accorder le titre de grand homme, 



147 

Clerc s Answer. 
To know 'how to join tlie severity of 
command with a parental kindness ; to be 
above ail selfîshness, like Turenne ; to live 
only for his people, and to be avaricious of 
the blood of his subjects, like Henry IV \ 
to breathe only the love of his soldiers, like 
Alexander of Macedon ; to share in their 
toils of war; to lead them to victory through 
the path of glory and honour, and to join 
to ail this a real grandeur of soûl ; mode- 
ration toward the vanquished, humanity to- 
ward the wounded, benevolence toward 
the inhabitants of conquered countries ; to 
respect, and cause to be respected, their reli- 
gion and their property ; such are the quali- 
ties of a great man, or who wishes at least 
to be looked upon as such : now Buonapai'te, 
in spite of his military talents, has no good 
quality'of the heart; no magnanimity, no 
grandeur of soûl ; and therefore, I cannot 
allow the title of a great man to him who 

L 2 



148 

à lui qui n'est né que pour s'élever, qui ne 
s'est élevé que pour régner, et qui n'a 
régné que pour détruire ; je conviens néan- 
moins que c'est un homme extraordinaire, 
tel que l'histoire n'en a jamais présenté. 



AMBITION. 
Définition de Massieu. 

U ambition est le désir démesuré de do- 
miner, de s'enrichir, de posséder enfin ce 
qu'on n'a pas. Uambition est aussi une 
ardeur excessive pour l'honneur, pour la 
gloire, pour les places distinguées, pour 
l'élévation, etc. C'est le mouvement de 
l'âme qui rode autour d'un objet qu'elle 
désire ou recherche ardemment. 

Définition de Clerc 

C'est le désir immodéré d'avoir encore 
après avoir eu beaucoup ; l'ardeur sans pa- 
reille de s'élever audessus des autres,^ ou de 



149 

bas beeri born only to raise himself, who 
bas raised himself only to reign, and who 
bas reigned only to destroy. I agrée, ne- 
vertheless, that he is an extraordinary man, 
such as history has never presented before. 



AMBITION. 



Massiei/s Définition. 

Ambition is the immoderate désire of go-» 
verning, gaining riches, or possessing any 
thing which we hâve not. Ambition is 
also an excessive ardour for honour, glory, 
places of distinction, exaltation, etc. It is 
the movement of a soûl which hovers round 
an object which it is coveting or ardently 
pursuing. 

Clerc 1 s Définition 

Itis the immoderate désire of having more, 
after having already had much; the ex- 
travagant ardour of raising purselves above 

l 3 



150 

les surpasser en honneur, en gloire, en 
distinctions, en dignités, en talens. 



*^^^*S*s*^^'^*^-#^>^ 



GOUVERNEMENT. 



D. " Quel est le meilleur des Gouverne- 
" mens?" 

Réponses de Massiev. 

1. C'est celui dont le chef a le moins 
d'ambition. 

2. C'est le gouvernement paternel.* 

* La première de ses définitions fut donnée par 
MassiEU, au moment où la' France venoit d'éprouver 
les derniers et les plus funestes effets de l'ambition de 
Buonaparte. 

La seconde est tout aussi remarquable par les cir- 
constances qui y donna lieu. Quelques membres de 
la convention assistoient à une séance publique des 
sourds-muets, et voulant pénétrer dans l'opinion du 
maître par les réponses de ses élèves, l'un d'eux 
s'avisa de faire à Massieu la susdite question, qui 
ne fut probablement pas de son goût. 



151 

others, or to surpass them in honour, in 
glory, in dignities, in talents. 



+*r*-*-*r*+r+*r**+ 



GOVERNMENT. 



Q. " What is the Lest for m of Govern- 
" ment?" 

Massieu's Answers. 

1. That in which thechief has the least 
ambition. 

2. It is a paternal government.* 

* The first of the above définitions was given by 
Mussieu, at the moment when France was experi- 
encing;the most fatal effects from the ambition of Buo- 
napartc. 

The second is equally remarkable for the circum- 
stances which occasioned it. Some members of the 
Convention were présent at a public sitting of the deaf 
and dumb, and, wishing to penetrate into the opinions 
of the master, through the answers of his pupils, one 
of them thought proper to put the above question, 
to Massieuj whose reply was probably not much to his 
liking. 

t4 



152 

Réponse de Clerc. 
Le gouvernement monarchique seroit sans 
doute le meilleur si, trop souvent, sous 
l'apparence des idées les plus libérales, il 
ne cachoit au dedans tous les effets d'une 
monarchie absolue ou despotique, c'est-à- 
dire que le souverain y fait tout ce qu'il 
veut, et que le peuple, est entièrement es- 
clave. Je préférerais un gouvernement 
mixte, tel que celui d'Angleterre^ ou de 
France, aujourd'hui que le Roi, Louis 
XVIII, a recréé la double représentation 
nationale, composée de là Chambre des Pairs 
et de celle des Députés. 



ABDIQUER. 
D. " Qu'est ce qu'abdiquer ? " 

Réponse de Massieu. 

R. Abdiquer un état, une dignité, ou 
une couronne, c'est renoncer entièrement à 



153 

Clerc' s Answer. 

The monarchical form ôf government 
would doubtlessly be the best, were it Jiot 
that too often, under the appearance of the 
most libéral ideas, it conceals beneath them 
ail the effects of an absolute and despotic 
monarchy ; that is, where the sovereign 
does ail that he pleases, and the people are 
entirely slaves. I prefer a mixed govern- 
ment, like that of England, or that of 
France, now that the King, Louis XVIII, 
has resrored the double national représen- 
tation, composed of a Chamber of Peers, 
ànd another of Deputies of the People. 



TO ABDICATE. 

Q. " JVhat means the word to ahdicate ?" 

Massieu's Answer. 
To ahdicate a domlnion, a dignity, or a 
crpwn, is to renounce entirely to that do- 



154 

cet état, à cette dignité ou à cette couronne, 
c'est éloigner volontairement pour terminer 
ses jours dans la retraite. 

Réponse de Clerc. 

Abdiquer c'est abandonner, quitter, re- 
noncer entièrement à la possession d'un 
empire ou d'un royaume, s'en démettre à 
jamais, soit par mécontentement ou par 
dégoût, soit par inclination pour la retraite. 

D. Quelle différence y a~t~il entre abdi- 
quer et se démettre ? 

B. Abdiquer c'est se dépouiller entière- 
ment pour soi et pour ses successeurs de la 
dignité de souverain pour rentrer dans la 
classe des sujets. 

Se démettre d'une dignité, d'une place ; 
c'est cesser d'en remplir les fonctions. 

Abdiquer ne se dit guère que des postes 
éminens, et suppose toujours une renoncia- 
tion volontaire. 

Se démettre peut s'appliquer aux grands, 



155 

minion, that dignity, or crown, to with- 
draw voluntarily from it, in order te ter- 
minate one's days in a retreat. 

Clerc* s Answer. 

To abdicate is to abandon, to resïgn, to 
give up the possession of an empire, a 
kingdom ; to desist from one's pretensions 
to it, either through dissatisfaction or dis- 
gust, or through inclination to retirement. 

Q. JVhat différence is there hetw e enab- 
dicating and desisting ? 

A. To abdicate is to renounce for self 
and successors to the dignity of a sovereign 
to enter into the class of subjects. 

To desist from a dignity, or a place, 
means to cease to fill the duties of it. 

To abdicate is only applied to eminent 
dignities, and always supposes a voluntary 
abnégation. 

To desist may be applied to great as 



156 

comme aux petits emplois ; mais il suppose 
presque toujours un abandon forcé. Telles 
sont les deux abdications du ci-devant Em- 
pereur Buonaparte. 

LÉGAL ET LÉGITIME. 

D' " Quelle Différence y a-t-il entre Légal 
(t et Légitime ? " 

Réponse de Massiev. 

Un homme m'attaque, je me défends ; 
c'est légal, conforme à la loi. 

On doit rendre à chacun ce qui lui est 
dû ; c'est une chose légale, exigée par la 
loi, divine et humaine, sous peine de pu- 
nition. 

Prier Dieu, honorer ses père et mère, 
aimer les hommes, même ses ennemis ; 
donner de bons exemples, instruire les igno- 
rans, remplir ses devoirs, sont des actions 
légales ou exigées par la loi de Dieu. 

Mon père ou mon frère meurt, je suis 



157 

well as little places, but mostly signifies a 
forced retreat. Such are the two abdica- 
tions of the ex-Emperor Bùonaparte. 



LEGAL AND LAWFUL. 

Q. " What is the Différence between 
" Légal and Lawfvl? " 

Massieu's Answer. 

A man is attacking me, I défend myself, 
that is légal, conformable to law. 

We must give every one his due, that is 
a légal thing, required by divine and human 
law, under pain of punishment. 

To pray to God, to honour our father 
and mother, to love ail nien, even our 
enemies, to give good examples, to inform 
the ignorant, to fulfill our duty, are légal 
actions required by the law of God. 

My father, my brother dies; I am his 



158 

son héritier naturel ; cet héritage m'est dû, 
c'est une chose légitime, c'est-à-dire fondée 
sur la loi de stricte justice. 

Une chose légale est un devoir. 

Une chose légitime est un droit. 

La loi de la justice nous défend d'usurper 
le droit d'autrui. 

Réponse de Clerc. 

Légal, ce qui est selon la loi, ayant les 
formes nécessaires, les observances pres- 
crites. 

Légitime, ce qui a les conditions requises 
par la loi, ce qui est équitable, raisonnable, 
licite, fondé sur un droit rigoureux, con- 
formément à la justice. 



159 

natural heir ; that inheritance is due to me, 
it is a legitintatej a lawful thing, it is 
founded on the law of strict justice. 

A légal thing is a duty. 

A lawful thing is a right. 

The law of justice forbids our usurping 
the rights of others. 

Clerc' s Anstver. 

A thing is légal, when it is done accord- 
ing to law, when it has every necessary 
form, when every prescribed point is duly 
observed. 

A thing is lawful, "when every condition 
required by law is fulfilled, when it is equit- 
able, allowed of, reasonable, and founded 
on a strict claim, conformably to justice. 



Lettre de M. Laffon de LàUéSàï, ancien 
Membre de la 1ère Assemblée Législative et du 
Conseil des Anciens, 

A M. l'Abbé Sicard, Président de V Institut de 
France, Directeur de V Institution des Sourds- 
Muets de Paris, $c* S;c. 8çc. 

Vous savez, mon cher ami, avec quel intérêt 
j'ai suivi votre carrière, depuis l'instant où je 
vous ai connu* Les mêmes sociétés littéraires # 
nous réunissoient alors. Des siècles d'événe* 
mens se sont succédés depuis cette époque. Je 
fus frappé des vues étendues et philosophiques 
que vous me développiez sur lé mécanisme des 
langues, sur leur formation, leurs progrès, leur 
corruption. Etonné des succès qu'avoit ob- 
tenus l'Abbé de PEpée par la seule impulsion de 
son zèle religieux, de sa bienfaisante charité, je 
pensai que vos idées, réunies à l'expérience qu'il 

* Les Académies des Sciences, de Peinture et de Sculpture, 
et le Musée de Bordeaux. 



À tettêrfrom M. LaffoU de Ladêbat, former^ 
aMember qfthejirst Législative Assembla, and 
ofike Council qfthë Ancients in France, 

To the Abbé Sicabd, Président of ihe Instituté 
of France, and Director of the Institution qf 
the Deqfand Dumb at Paris, <§r. <§*c. <§-c. 

You know> my dear friend, with what an in-s 
terest I hâve followed your career, from the 
first moment ôf our acquaintance. The same 
literary associations* united us at that time» 
Ages of events hâve succeeded one another since 
that epoch. I was struck with the extensive 
and philosophical views which you displayed 
concerning the mechanism, formation, progress 
and corruption of languages. Astonished at the 
success which had been obtained by the Abbé 
de PEpée, through the mère impulse of his reli- 
gious zeal and beneficent charity, I thought that 
your idças, united with the expérience which he 

* The Académies of Sciences, of Paintïng and Sculpture, 
and the Muséum of Bordeaux. 

M 2 



164 

avoit acquise, pourraient faire faire un pas 
immense, non-seulement à l'art d'instruire les 
sourds-muets; mais même à la théorie univer- 
sel!©: des langues, Je vous pressai de vous dé- 
vouer à cetitç importante étude.. M. de Cieé, 
archevêque de Bordeaux, favprisa ce projet. Je 
vous avois deviné. Vous me pardonnerez d'en 
avoir quelque orgueil. J'aime à partager ainsi 
une partie des succès que vous avez eus, et de 
ceux que vous pourrez obtenir par de nouveaux 
travaux. 

Je vais parcourir rapidement ce que vous 
avez fait, pour mieux développer ce que vous 
pouvez faire encore. Vous vîtes d'abord que 
toutes les perceptions reçues par le sens de 
l'ouie, celles du son exceptées, pouvoient être 
communiquées au sourd-muet par l'organe de 
la vue et par ceux du toucher. 

La vue de tous les objets de la nature qui 
peuvent être mis sous les yeux du sourd-muet, 
la représentation de ces objets par le dessin, par 
la peinture, par la sculpture, ou par les signes 
naturels que le sourd-muet emploie, crée lui- 
même, ou entend avec une égale facilité j l'ex- 



165 

had acquired, might produce an imuieasurable 
advance, not only in the art of instructing the 
deaf and dumb, but also in the universal theory 
of languages. I pressed you to dévote yourself 
to thïs important study. M. de dcé 9 Arch- 
bishop of Bordeaux, favoured the design. I 
had judged rightly of you. You will pardon me 
for feeling some pride on the occasion; for I 
love to share with you the success which you 
hâve already had, as well as that which you 
may still obtain. 

I am about tracing a rapid sketch of whiat you 
hâve done, the better to show what you may 
still do hereafter. You soon perceived that ail 
the impressions received through the sensé of 
hearing, thât of sound excepted, could be com- 
municated to the deaf and dumb by the organs 
of the sight and by those of the touch. 

Thé sight of ail the objects of nature which 
could be placed before the eyes of the deaf and 
dumb, the représentation of those objects, either 
by drawing, painting, by sculpture, or by the 
natural signs which the deaf and dumb em- 
ploy, invent themselves, or understand with 

m 9 



166 

pression de la volonté et des passions par le jeu 
seul de la physionomie combiné avec l'attitude 
du corps et le geste ; l'écriture tracée, imprimée 
ou exprimée par des signes convenus pour 
chaque lettre, ou même simplement figurée en 
l'air, vous présentèrent autant de moyens pour 
instruire les infortunés auxquels vous alliez 
vouer votre existence. 

Vous reconnûtes ensuite par votre propre ex- 
périence qu'on pouvoit parvenir à faire parler le 
sourd-muet par l'imitation des mouvemens de 
l'organe de la parole ; mouvemens que la vue 
seule fait concevoir au sourd-muet et transmet 
à sa volonté. Vous vîtes qu'ainsi il pouvoit 
comprendre et émettre les accents de la parole 
qu'il n'entendoit pasj mais cette parole arti- 
ficielle ne pouvant être modifiée et réglée par 
le sens de l'ouie chez le sourd-muet, est le plus 
souvent pénible, rauque, sauvage, Elle n'a ni 
la rapidité des signes, ni leur expression, ni 
l'exactitude de l'écriture. Cette partie arti- 
ficielle de l'enseignement des sourds-muets vous 
parut très-limitée et peu avantageuse. 



167 

equal facility, the expression of the will and pas- 
sions, by the mère play of the features, com- 
bined with the attitude and gestures of the 
body ; writing traced, pr-inted or expressed by 
conventional sjgns for each letter, or even sim- 
ply figured in the air, offered you as many means 
to instruct the unfortunate beings to whqm you 
had resolved to dévote your existence, 

You afterwards learned, by your own expé- 
rience, that it was possible to make the deaf 
and dumb speak through the imitation of the 
movement of the organs of speech, a movement 
which the eye alone enabled them to conceive 
and transmit to their understanding. You saw that 
they could thus comprehend and express the ac- 
cents of words which they did not understand j 
but this artificial speech, not being susceptible, 
with the deaf and dumb, of modification and ré- 
gulation, through the sensé of hearing, is most 
often painful, harsh and untuned. It has neither 
the rapidity nor the expressiveness of signs, nor 
the précision of writing. This artificial part of 
the instruction of the deaf and dumb, therefore, 
appeared to you very limited, and of little ad- 
vantage. m 4 



168 

Cependant vous avez yi> ici, ay#c le plus 
grand intérêt, le degré de perfection auquej est 
parvenue cette exécution mécanique et imitée de- 
là parole, d'après la méthode de M. Bratdwood, 
contemporain de Y Abbé de Vjftfée ; et par les 
lumières, l'expérience et les soins du Dr. Wat- 
son dans le bel Asyle des jSourdsMt»uets de Lon- 
dres, qu'il dirige avec un zèle digne des plu» 
grands éloges. Nous avons entendu plusieursde 
ses élèves dont la voix n'avait rien de désagré- 
able. 

Le Dr. WaUon vous a fait observer que cette 
parole artificielle était un moyen qu'au trouvoit 
plus convenable pour les sourde-muets des fa- 
milles pauvres» parce qu'on plaçpit les enfan* 
dans divers^ atpliers, et qu'à l'aide de ce moyen» 
ils communiquoient plus facilement avec leur» 
maîtres. Ce motif de convenance et de chanté 
vous a paru mériter la plus grande attention* 
Mais quant au développement de l'intelligence 
du sourd-mue^ quant au but important de le 
replacer dans l'ordre social, tel qu'il seroit, s'il 



169 

Nevertheless you hâve seen, with great ja- 
terest» in this country, the degree of perfec- 
tion with which this mechanical exécution has 
been able to imitate speech according to the 
méthod of the late Mr. Braidwood, the contem- 
poraryofthe Abbé de PEpêe t .anà through the 
talent, the care and the expérience of Dr. WaU 
son, at the excellent Asylum for the Deaf and 
Dumb în London, which that gentleman directs 
with a zeal above ail praise. We hâve ~hearc) 
several of his pupils, in whose voices there was 
nothing disagreeable. 

Dr. Watson observed to you that this artificial 
speech was a médium which was found pecu- 
liarly useful for the deaf and dumb among the 
poor, because children of this description are 
placed out in manufactories, and they are thus 
enabled to communicate more easily with their 
masters. This motive of convenience and cha- 
rity has appeared to you to deserve the greatest 
attention ; but if the question regards the open- 
ing of the understanding of the deaf and dumb, 
as to the important end of giving them in so- 
ciety the same rank they would hâve, but for 



170 

n'étoit pas privé du sens de l'ouie et de l'usage 
de la parole, votre expérience, vos élèves eux- 
mêmes vous ont démontré que rien ne pouvoit 
remplacer chez eux leur langue naturelle, celh 
des signes, dont les langues parlées ou écrites 
ne sont pour eux que des traductions. 

L'usage de ces signes doit donc fixer l'atten- 
tion de tous les hommes éclairés qui s'occupent 
'de perfectionner les diverses parties de l'instruc- 
tion publique. 

La langue des signes, simple comme la nature, 
peut s'étendre comme elle, et se porter aux 
dernières limites des pensées humaines. 

Cette langue des signes est universelle. Nous 
n'oublierons jamais 1 le jour où nous allâmes avec 
Clerc, votre élève, voir l'Asyle dirigé par le 
Dr. JVatson. C'étoit au moment où cent, 
cinquante élèves rassemblés au réfectoire étoient 
tous à table. Dès que Clerc les vit, sa figure 
s'anima, il étoit ému comme le seroit un voya- 
geur sensible qui, dans des régions lointaines, 
rencontreroit tout-à-coup une colonie de ses 
compatriotes. 



171 

the privation of hearing and the use of speech, 
then your own expérience and ydur pupils 
themselves hâve fully demonstrated to you that 
nothing can supply to them the place of their 
natural language, the language of signs, of which 
ail languages, spoken or written, are no more 
to them than translations. 

The language of signs, then, ought to fix the 
attention of evéry enlightened man, who makes 
it his study to improve the various parts of pub- 
lic instruction. 

The language of signs, as simple as nature, 
is capable of extending itself like her, and at- 
taining the f urthest limits of human thought. 

This language of signs is univeral. We shaU 
ne ver forget the day, when we went with Clerc, 
your pupil, to see the Asylum directed by Dr. 
Watson. It was at the moment when one- 
hundred and fifty pupils, assembled in the eat- 
mg-room, were ail sitting at table. As soon as 
Clerc beheld this sight, his face became ani- 
mated ; he was as agitated as a travéller of sen- 
sibility would be, on meeting ail on a sudden, 
in distant régions, a colony of his countrymen. 



in 

De leur côté, les cent-cinquante sourds-muets 
fixèrent tous, leurs regards sur votre élève, et le 
reconnurent pour un des leurs. Une expression 
d'étonnement et de plaisir anima aussi tous 
leurs traits. Clerc s'approcha d'eux. Il fit 
quelques signes, on lui répondit par d'autres 
signes. Cette communication inattendue fut 
une jouissance délicieuse pour eux ; et pour nous 
une scène d'expression et de sensibilité qui 
nous causa la plus vive émotion. 

Ainsi dans tous les lieux de la terre, en se 
servant de la langue naturelle des signes, on 
pourroit établir un système universel et rapide 
de communication qui partout remplaceroit les 
langues parlées, quelque ignorées qu'elles fussent 
des hommes avec lesquels on auroit à commu- 
niquer. 

Vos premiers pas et les difficultés même que 
vous présentoient vos élèves vous firent sentir 
bientôt la nécessité de procéder avec la méthode 
la plus rigoureuse, d'enchaîner les idées de 
vos élèves et les connoissances qu'ils acquéroient 
successivement; de manière que ce qu'ils sa- 
voient déjà fut immédiatement lié à ce qu'ils 



173 

On their side, the hundred and iifty deaf and 
dumb fixed ail their looks on your pupil, and 
recognized him as one of themsèives. An ex- 
pression of surprise and pleasure enlivened ail 
their features. Clerc approached them. He 
made signs,, and they answered him by signs-. 
This unexpected communication caused a most 
delicious sensation on them> and for us was a 
scène of expression and sensibility that gave us 
the most heart-felt satisfaction. 

Thus, in making use of the natural language 
of signs, we coùld establish a rapid and ùniver- 
sal System of communication, which would sup- 
ply the want of spoken languages ail over the 
world. 

Your nrst steps, and even the dîfficulties pre- 
sented to you by your own pupils, made you 
soon feel the necessity of prôceeding according 
to the strictest method, and of iixing their ideas 
as well as the knowledge they were progressively 
acquiring ; so that what they already knew 
might hâve an immédiate connection with what 



17* 

alloient apprendre. Vos élèves ne pouveient 
vous comprendre, si l'instruction que vous 
vouliez leur donner ne se lioit pas dans leurs 
têtes à celle qu'ils avoient déjà reçue. Ils vous 
arrêtoient et vous ne pouviez- parvenir à votre 
but, qu'en reprenant la chaîne de leurs idées, 
qu'en suivant toujours la ligne non-interrompue 
du connu à l'inconnu. C'est ainsi que vous êtes- 
parvenu à leur faire comprendre la langue parlée 
et écrite dans laquelle vous les instruisez. Cette 
méthode naturelle est applicable à toutes les 
langues. Elle procède par la voie la plus sûre 
et la plus courte j elle s'applique à tous les 
moyens de communication entre les hommes. 

C'est par cette méthode que vous êtes par* 
venu à faire connoître aux sourds-muets toutes 
les espèces de mots dont les langues se com- 
posent ; toutes les modifications de ces mots, 
toutes leurs variations, toutes leurs acceptions ; 
en un mot, toute leur influence réciproque. 

Les noms sont ainsi devenus pour eux les 
signes de tous les objets physiques ; les mots 
qui indiquent les qualités sont devenus les 



175 

they were to learn. Your pupils being unable 
to comprehend you, if the instruction which 
you wished to give them did not coincide with 
that which they had received before. They 
stopped your progress, and you had no means 
left to reach your end, but by resuming the 
chain of their ideas* and consfcantly following 
the uninterrupted line from the kmwn to the 
unknown. Xt was thus that you succeeded in 
making them comprehend the spokea and writ- 
ten language in which you instructed them. 
This natural method is applicable to ail lan- 
guages. It proceeds by. the surest and certain 
way, and may be applied to ail the channels o£ 
communication between one man and another. 

It is through this method that you hâve 
brought the deaf and dumb to the knowledge 
of ail the kinds of words which a language is 
composed, ail the modifications of those words, 
of their variations and acceptions ; in short, ail 
their reciprocal influence. 

In this manner nouns are become to them 
the signs of ail the objects of nature; 
words which indicate qualities are become the 



176 

signes des accidens, des variétés, des modifi- 
cations qu'ils voient dans les objets. Vous leur 
avez fait comprendre que les qualités pouvoient 
se concevoir détachées de Tobjet. Voilà l'ad- 
jectif mieux défini que dans les grammaires de 
l'enfance, et déjà vous leur avez fait faire un 
pas immense vers la science des abstractions. 

Vous leur avez fait concevoir ensuite que les 
qualités qui pour eux étoient dans les objets 
pouvoient ainsi en être détachées par la pensée ; 
mais qu'alors il falloit les lier aux objets, et ils 
ont indiqué eux-mêmes cette liaison par une 
ligne. Vous leur avez appris que, dans toutes 
les langues, cette ligne se traduisoît par un mot 
affirmant l'existence; par le verbe être en 
François, to be en Anglois. Chapeau-— noir ; 
chapeau est noir ont également représenté à 
leur pensée l'objet existant, lié à sa qualité ou 
la qualité inhérente à l'objet. 

Vous leur avez fait ainsi entendre quelle est la 
nature des verbes j et vous leur avez fait com- 
prendre ensuite que le verbe pouvoit exprimer 
une existence ou une action présente, passée, ou 



177 

signs of the accidents, Variations and modifica- 
tions which they perceîve in objects. You hâve 
made thetn comprehend that qualities may be 
conceived as detached from the object j whereby 
the adjective is far better defined than in the 
grammars written for youth, which has sO very 
rapidly led themto the science of abstracts. 

Next to this, you hâve made them conceive, 
that the qualities which in their eyes appeared in- 
hérent in the objects, could be detached from 
them by thought j but then it was necessary to 
unité thetn to objects, and they themselves 
pointed out the necessity pf the junction by a 
Une. You hâve taught them that, in ail lan r 
guages, this line is translated by a word affirm- 
ing existence j in French the verb être, in 
English to be. Hat—black j hat is black, hâve 
equally represented to their minds the object 
existing in conjunction with its quality, or. the 
quality inhérent in the object. 

You hâve thus made them understand the 
nature of the verb, and by making them afterr 
ward comprehend that the verb could express 
either an existence, or an action, présent, past, 



178 

Jûture; vous les avez conduits au système de con- 
jugaison, à toutes les nuances du passé et d« 
futur, adoptées dans les diverses langues, parlées 
ou écrites j système admirable sur lequel l'in- 
fluence du génie et des pensées de tous les 
siècles a laissé des traces. 

C'est à ce système qui embrasse toutes les 
combinaisons possibles, et lie toutes les pensée» 
que la langue des sourds-muets se prête avec 
une merveilleuse facilité. Les preuves qu'en 
ont donné vos élèves ont étonné les hommes les 
plus éclairés. 

Vous avez fait entendre ensuite à vos élèves 
par la même méthode, du connu à VincomiUi le 
caractère» l'usage et l'influence de tous les au- 
tres mots qui, comme parties du discours, lient» 
modifient ou déterminent le nom, le verbe, et 
Vadjectif. 

C'est ainsi qu'enfin vous avez conduit vos 
élèves à analyser avec facilité les propositions 
les plus-simples, comme les phrases et les pé- 
riodes les plus compliquées ; par un système 
de chiffres qui distinguant toujours le nom de 



179 

©r future, you hâve led them ta the system of 
çonjugation, and to ail the shades 6f past and 
future, adopted in ail the various languages, 
written or spoken ; an admirable System, in 
which the influence of the genius and of the 
thoughts of ail âges hâve left their traces. 

It is to this system, which embraces ail pos- 
sible combinations, which unités ail thoughts, 
that the language of the deaf and dumb accom- 
modâtes itself with wonderful facility. The 
proofs of this assertion given by your pupils 
must astonish even the best informed men. 

By the same method of proceeding from the, 
knowi to the unJcnown, you hâve subsequently 
brought to the perception of your pupils, the 
characters, use and influence of ail the other 
words, which, as parts of speech, unité, mo- 
dify and détermine the nom, the verb, and 
the aijective. 

It is thus that at length you hâve led your 
pupils to analyse with facility the simplest pro* 
positions, as well as the most complicated phrases 
and sentences, by a system of cyphers, which are 
always tfistinguishing the naine of the object 

N % 



18Ô 

l'objet qui agit ou reçoit une action, le verbe et 
son régime, direct, indirect ou circonstanciel 
entrasse et signale complètement toutes les 
parties du discours. 

L'usage de cette méthode, lorsqu'elle sera 
régulièrement adoptée, simplifiera les régies de 
la grammaire de toutes les langues ; et elle fa- 
cilitera, plus qu'aucune autre* l'intelligence et 
la traduction des langues anciennes et modernes. 

Voilà comment vous avez initié vos élèves 
dans la science de toutes les règles de la gram- 
maire universelle, appliquées à l'expression pri- 
mitive des signes comme à toutes les langues 
parlées ou écrites. * 

* L'institution des Sourds-Muets de Paris, a, non-seule* 
ment pour objet de les mettre en état de communiquer leurs 
idées, de former leur raison et de développer leur intelligence ; 
mais encore d'assurer le sort de tous ceux qui sont dans l'in- 
digence. En sortant de cet établissement, les Sourds-Muets 
sont tous en état d'exercer un art ou un métier, ou de rem- 
plir quelque emploi qui assure leur existence. Leur ap« 
prentissage commence, à leur entrée dans l'établissement, et se 
termine avec leur instruction. Cet apprentissage se fait 
sous des maîtres d'ateliejs au nombre de dix, savoir . 



181 

which is either acting orreceiving anuctiôni the 
verb and its regimen, direct, indirect or circum- 
stantial, embrace and completely display aU 
the parts of speech, 

The use of this method, when generally 
adopted, will simplify the rules of the grammar 
of ail languages, and fecilitaté, more than any 
other, the understanding and franslating, both 
of modem and ancient languages. 

This is the way by which you hâve initiated 
your pupils into the science of ail the ruïes of 
universal grammar, applicable to the primitive 
expression of signs, as well as to ail spoken and 
written languages. * 

* The Asylum for the Deaf and Dumb, at Paris,- has ia 
View not only to enable them to communicate their ideas and 
to form their reason and understanding, but also to procure 
a subsistence to those among them who are in want of it. In 
going out of the asylum, the deaf and dumb of this descrip- 
tion are ail capable of fallqwjng a profession or trade>. orto 
fill up some employ that may insure their maintenance. Their 
apprenticeship begins on their going jnto the asylum/ and is 
terminated with their instruction-, - This apprenticeship takes 
J>l%çe under the inspectioaof ten masters, vit. 

N 3 



182 



Mais les noms ne désignent pas seulement des 
objets physiques ; il en est qui réprésentent des 
objets abstraits. Blancheur-, grandeur, chaleur, 
et tant d'autres mots ne désignent pas des objets 



1. Un imprimeur. 

2. Un graveur en pierres fines. 
. 3. Un graveur en taille-douce. 

4. Un dessinateur. 

5. Un tourneur. 

6. Un mosaïcîen. 

7. Un tailleur d'habits, 
fe. Un cordonnier. 

9. Un menuisier. 
10. Un jardinier. 

Tous ces chefs d'atdiers résident dans l'institution, ils y 
sont nourris et payés. 

Les leçons publiques que M. VAbbi Sicard donne, une ou 
deux fois par mois, ont seulement pour objet d'exciter l'émula- 
tion des élèves, de faire connoître l'établissement et les progrès 
de sa méthode, de recueillir des observations, et surtout d'in- 
diquer aux pères et aux mères qui s'occupent de l'éducation 
de leurs enfans, ou aux instituteurs auxquels ils en confient le 
soin, les vrais principes de l'art d'enseigner et de développer, 
par une méthode sûre, l'intelligence et la raison de leurs élèves. 
Ces exercices te sont point l'objet d'une curiosité vaine 
et stérile. 



183 

But naines çIq not only express physieal ob» 
jeçts ; there are some whiçh represent abstract 
objects. Whjteness, greatrms, heaf, and many 
otherwords, do not express objects existing indivis 

1. Aprinter. 

2. An engraver of pcecious stones, 

3. A copperplate engraver. 

4. A drawing-master. 

5. Aturner. 

€. A mosaic artist. 
7. A taylor. 
U. A shoe-maker. 
9. A cabinet-maker. 
10. A gardener. 
AU thèse masters œake their résidence îa the asylum, and 
rtceïve their board and a salaiy. 

Tbe public exercises, which the Abbé Sicarâ giveSs once or 
twice a month, are meant to excite emulatioR among the 
pupils, to make the establishment kmown, to propagate tbe 
progress of his method, to collect observations, and, above 
ail, to point out either to those parents who are superin- 
tending the éducation of their children, or the governors to 
whose care they confide it, the true principles of the art of 
teacbing, and by a sure method, cultivate and form the mina 
and understanding of their popils. Thèse exercises are by 
no means the object ef a vain and idle curîosity. 

Vf 4 



184 

existans individuellement dans la nature j mais 
des idées de qualités communes à plusieurs ob- 
jets, qualités qu'on considère détachées des 
objets auxquels elles appartiennent et • dont ' on 
iàit, comme l'a dit admirablement Massieu, un 
substantif intellectuel, créé par la pensée» 

Dès que vous avez pu leur faire comprendre 
que la volonté qui détermine nos mouvements, 
et nos pensées, et qui crée ainsi des êtres fictifs 
et intellectuels n'est pas l'action d'un être 
physique qu'on puisse voir ou toucher : vous 
leur avez donné la conscience de leur âme j et 
dès ce moment, vous les avez rendus à- la société 
et au bonheur. L'expression touchante de leur 
reconnoissance prouve l'étendue de ce bienfait, 

Un pas de plus et l'accès aux plus hautes con- 
ceptions de l'âme humaine leur a été ouvert. 
Il vous a été facile de les faire passer des abstrac- 
tions aux idées les plus sublimes de la religion. 
Us ont senti que cette âme dont ils ont mainte- 
nant la conscience n'est pas un être fictif, un être 
abstrait, créé par la pensée : mais, un être rée^ 
qui existe et qui imprime le mouvement, qui voit, 
qui idée, comme ils disent, qui pense, qui réfié- 



185 

dualiy in nature ; but ideas of qualities common 
±o several objects, qualities .which we consider 
detached from the objects to, which they belong, 
and of which we.make (as has been admirably 
said by Massieu) an intettectual.substantive, créa- 
ied by the mind. 

As soon as you taught them to comprehend 
,that the will, which détermines our sensés and 
our thoughts, is not the action of a physicaJ 
being which can be seen and touched,. you gave 
them a consciousnessof their sow/, and madethem 
fit for society, and for happiness. The affecting 
expression of their gratitude proves the exteni 
of that benefit. 

A step further, and the access to the highést 
conceptions of the human mind has been opened 
to them. You hâve found iteasyto.make them 
pass from things abstract to the most sublime 
ideafe of religion. They hâve felt^thatthis soûl, 
çf which they hâve the consciousness,is not a 
fictitious existence, is not an abstract exist- 
ence, created by the mind j but a real exist- 
ence, which wills and which produces move- 
jnentî which sees, which ideas, as they say ; 



186 

chit, qui compare, qui médite» qui se souvient» qui 
prévoit, qui croit, qui doute, qui espère, qui 
craint, qui désire, qui aime, qui hait, etc. 
Dirigeant ensuite leurs pensées sur tous les êtres 
physiques soumis à leurs regards dans l'immen* 
site de l'espace ou sur le globe que nous habi- 
tons, sur la régularité de la marche du soleil et 
des corps célestes, sur la succession constante 
du jour et de la nuit, sur le retour des saisons, 
sur la vie, la richesse et la beauté de la nature : 
vous leur avez fait sentir qu'elle avait son âme 
aussi, dont la puissance, l'action, l'immensité 
s'étendent sur tout ce qui existe dans l'univers, 
crée tout, anime tout, conserve tout. Frappés 
de ces grandes idées, ils se sont prosternés avec 
vous, et vous leur avez dit : cette âme de la 
nature est ce Dieu auquel tous les hommes 
doivent rendre hommage, auquel nos temples 
sont élevés, et auquel nos mystères sacrés nous 
rattachent depuis notre naissance jusqu'au tora* 
beau. 



187 

which thinks, which reflects, iyhith compares, 
which méditâtes, which remembers, which fore* 
sees, which believes, which doubts, which hopes-, 
which fears, which desires, which loves, which 
hâtes, etc. After this, directirig their thoughts 
toward ail the physical existences submitted to 
their view through the immensity of space, or 
on the globe which we inhabit ; the regularity 
of the mardi of the sun and ail the celestial 
bodies, the constant succession of the day and 
night, the return of the seasons, the life, the 
riches, and* the beauty of Nature; you made 
them ieel that she also had a soûl, of which the 
jjower, the action, and the immensity extends 
through every thing èxisting in the universe ; a 
soûl which créâtes ail, inspires ail, and pré- 
serves ail. Filled with thèse great ideas, they 
hâve prostrated themselves on the earth, along 
with yourself; and yôu hâve told them that 
this soûl of Nature is that God whom ail 
men are called upon to worship; to whom 
our temples are raised, and with whom our re- 
ligious cérémonies connectais from thecrâdle 
to the grave. 



188 

Tout a été fait alors et vous avez pu dévelop- 
per à vos élèves toutes les idées sublimes delà 
religion, toutes les lois sacrées de la vertu et de 
la morale. 

Voilà, mon cher ami, ce que vous avez fait 
pour vos élèves. Leurs réponses aux questions 
qui leur ont été proposées suffisent pour prou- 
ver qu'ils ont parcouru la carrière que je viens 
de tracer. 

Cette carrière est celle que l'homme doué de 
tous ses sens, et qu'on veut instruire, doit égale- 
ment parcourir. Les arts, . les sciences rentrent 
dans l'étendue des objets physiques ou intellec- 
tuels, et le sourd-muet, comme l'homme doué de 
tous ses sens, peut y pénétrer, suivant le degré 
d'intelligence que la nature lui a accordé* dès 
qu'il est parvenu au degré d'instruction que 
votre système d'enseignement embrasse. 

Voilà le travail de votre vie. Mon amitié 
rendroit mes louanges suspects. Je ne trace que 
les faits, et le cercle qui embrasse tout votre 
système. 

Que vous reste t-U à faire? Je vais rapides- 



189 

Ail ,was now done ; and^ you found yourself 
able to open to your pupils ail the sublime ideas 
of religion, and ail the laws of virtue and of 
morals. 

You see, my dear ,friend, ( what you bave 
achieved for your pupils. Their replies to the 
questions which hâve been proposed to them, 
suffice to prove that they hâve run the career 
which I hâve traced. 

This career is that which a man gifted with 
ail his sensés, . and who is to be instructed, 
ought alike to run. The arts and sciences be- 
long to the class of physical or intellectual 
objects ; and the deaf and dumb, like men 
gifted with ail their sensés, may penetrate them 
according to the degrée of intelligence which 
Nature bas granted them, as soon as they haye 
reached the degree of instruction which your 
System of teaching embraces. 

Behold the task of your life ! My.friendship 
would make my praises suspicious. I do but 
trace the facts and the circle which include ail 
your system. 

Whaf remains for youtoao? I shall sketch 



190 

ment vous développer le plan qoe j*eri ai 
conçu. 

C'est un grand bienfait sans doute que celui 
d'arracher au malheur des êtres que la nature a 
privés du sens de l'ouie, de les rendre à la so- 
ciété, à leur famille, de développer leur intelli- 
gence au même degré que s'ils entendoient et 
parloient, de les rendre propres à l'exercice de 
piesque tous les travaux, tous les arts, toutes 
les sciences, tous les emplois divers, de consoler 
ainsi leurs parents pour lesquels ils étoient ou un 
fardeau pénible dans l'indigence, ou un sujet 
d'affliction et de tourment dans l'aisance et dans 
les rangs les plus élevés ; et enfin, de conserver 
peut-être quelques-uns de ces génies qui recu- 
lent les Jimites de nos connoissances, qui hoir 
norent l'humanité, qui en sont les bienfaiteurs. 

Sous ce premier rapport seul, l'enseigne- 
ment des sourds et muets est d'un très-grand 
intérêt, et aussi toutes les institutions formées 
pour eux sont l'objet de l'admiration de tous 
les hommes éclairés et sensibles. 



♦191 

foith a rapid hand the plan which I hâve con- 
ceived. 

It is a great benefit, without doubt, to rescue 
from their misfortune those whom nature has 
deprived of the sensé of hearing ; to restorè 
them to society, to their families, to the cultiva- 
tion of their understartding, in the same degrëë 
as if they could hear and speak ; to render them 
fit for almost everjT kind of labour, for the ac- 
quisition of ail the arts and ail the sciences, 
and for filling every various employment. In 
this manner to bring comfort to their parents, 
with respect to whom, in indigence, they were 
a painful burden, and in the easier and highër 
ranks of life, a subject of affliction and tor- 
ment ; to préserve, perhaps, in fine, some one 
of those exalted geniuses who advance thè 
bounds of our knowledge, who do honour to 
humanity, and who are its benefactors. 

Under this first aspect alone, the instruc- 
tion of the deaf and dumb possesses an exalted 
interest ; and hence ail the institutions formed 
for them are objects of admiration with every 
«nlightened and feeling individual. 



192 

Votre prédécesseur, PAbbé de l'Epée, qui, à 
peine avoit entrevu l'étendue de la carrière que 
vous avez parcourue, a été placé au rang des 
bienfaiteurs de l'humanité. Le bruit de ses 
Succès, l'admiration et le respect dus à son zèle, 
s'étendirent sur l'Europe entière, et on chercha 
partout à former de pareilles institutions. Ici, 
celle de M. Braidwood fut la première ; et de-> 
puis, le bel asyle ouvert à Londres par la bien- 
faisance particulière; a été, confié aux soins 
éclairés du Docteur Watson. A Birmingham, 
une autre institution a été formée et confiée au 
fils de M. Braidwood ; d'autres institutions de 
ce genre honorent l'Angleterre et l'Ecosse. Ou, 
s'occupe d'en établir à Dublin. "L'Allemagne, 
la Hollande, la Russie ont aussi des établisse- 
mens pour le même objet. L'impulsion est don- 
née, et partout où votre méthode sera étudiçe 
elle deviendra de la plus grande utilité. Elle se 
perfectionnera aussi par l'expérience et , le 
temps. 

L'empressement de tous les étrangers, depuis 
les têtes couronnées et les hommes les plus dis- 
tingués de l'Europe, jusqu'au voyageur, obscur, 



193 

Your predecessor, the Abbé de l'Èpée, who 
had scarcèly disceraed the extent of that career 
which you hâve over-run, has been placed in 
the ranks of the benefactors of mankind. The 
noise of his success, the admiration and respect 
given to his zeal, were spread throughout ail 
Europe, and efforts were every where raade 
to form similar institutions. In this country; 
Mr. BraidwoocFs was the first ; and since his 
time, the noble asylum opened in London by 
private benevolence has been entrusted to the 
care of Dr. Watson. Àt Birmingham, a se- 
cond institution has been formed, and confided 
to the son of Mr. Braidwood. Other institu- 
tions of the same kind do honour to England 
and Scotland ; one is now forming in Dublin, 
Germany, Holland, and Russia hâve establish- 
ments for the same purpose. .The impulse is 
given, and wherever your method is extend- 
ed, it will become eminently useful. It will also 
be improved by expérience and time. 

The eagerness of every stranger, from crown- 
ed heads, and thajt man, the most distinguished 
in Europe, to the obscure but philanthropie 



19* 

mais humain et sensible, pour vous entendre 
lorqu'ils arrivent à Paris, vous a bien prouvé 
l'intérêt que vos travaux inspirent. 

Je n'oublierai jamais le jour où, en 1814» 
S. M. l'Empereur d'Autriche vint vous voir 
et examiner tous les détails de votre institution. 
Il voulut lui-même connoître par ses questions 
le degré d'intelligence de vos élèves. Leurs 
réponses lui démontrèrent la sûreté et les avan. 
tages de votre méthode. C'est ainsi, je me 
disois, que tous les Souverains devroient s'in- 
struire pour le bonheur de leurs peuples. Et 
avec quelle admiration n'ai-je pas vu aussi 
assister à vos leçons cette Princesse auguste que 
tant de souvenirs des malheurs qui ont déchiré 
notre patrie, tant de vertus, tant de courage, 
tant d'amour et d'intérêt pour la France nous 
rendent si respectable et si chère. Puisse-t-«Ue, 
en sortant de cette terre hospitalière où nous la 
•voyons aujourd'hui échapper à de nouveaux 
dangers, à de nouvelles trahisons, retrouver la 
paix, le calme et le bonheur à côté du trône du 



195 

and feeling traveller ; to hear you on their ar- 
rivai in Paris, has strongly manifested the in* 
terest which your labours inspire. 

I shall never forget the day, in the year 1814, 
when his Majesty the Emperor of Austria 
came to see you, and to examine ail the 
détails of your institution. He was desirous 
of ascertaining by his own questions the 
degree of intelligence in your pupils. Their 
replies demonstrated to him the certainty 
and advantages of your method. It is thus, 
said I, in secret, that Sovereigns ought 
to inform themselves for the happiness of 
their people ! And with what admiration, also, 
hâve I not seen, assisting at your lessons, that 
august Princess whom so many recollections of 
the afflictions which hâve torn in pièces our 
cosmtry, so many virtues, so much courage, so 
much love and solicitude for France, renders so 
estimable and so dear to us ! May she, on 
leaving this hospitable land, in which, at this 
day, we see her esGape from new dangers and 
new treasons, find once more, peace, tran- 
quillity and happiness, beside the throne of the 

o 2 



196 

monarque dont sa piété filiale nous a conservé 
les jours, et dont elle a défendu les droits avec 
l'héroïsme du courage et de la vertu ! 

Ici, malgré les grands événement qui aS 1 " 
tâient toutes les pensées et tous les vœux, j'ai été 
témoin et j'ai joui de l'intérêt avec lequel on 
a suivi le développement de votre méthode et 
les exercices de vos élèves. L'impression qu'ils 
en ont reçue me semble avoir étendu le cercle 
de leur intelligence. 

Tout vous prouve combien il est nécessaire 
que vous exposiez maintenant, de la manière la 
plus claire, toutes les parties de votre système 
d'enseignement ; afin que toutes les institutions 
qui ont le même objet puissent entendre votre 
méthode, l'adopter ou perfectionner celles 
qu'elles suivent. Votre système déterminé 
dans ses principes, invariable dans sa marche, 
peut s'étendre jusqu'aux limites des connois. 
sances humaines. Les observations que vous 
avez recueillies ici, les lumières dont vous avez 
enrichi vos méditations, et votre expérience, 
ajouteront au perfectionnement de vos leçons. 



197 

monarch, whose life her filial piety has preserved 
to us, and whose rights she has defended with 
the heroism of courage and Yirtue ! 

Hère, notwithstanding the great events which 
agitated every mind, and employed every 
wish, I hâve witnessed with delight the at- 
tention bestowed on the development of your 
method, and the exercises of your pupils. On 
their part, the impressions which they hâve 
jeceived, seem to hâve even extended the 
circle of their intelligence* 

Every thing proves to you how necessary it 
is that you should now explain to the world> 
in the clearest manner, ail the parts of your 
system of instruction ; so that ail the institua 
tions which hâve the same ,objects in view* may 
understand your method, and either adopt it* 
or improve their own. Your system, fixed in 
in its principles, invariable in its course, is 
capable of stretching to the limits of human 
knowledge. The observations which you hâve 
collectçd hère, the information with which you 
hâve enriched your méditations and expérience, 
will add to the perfecting of your lessons. 

o 3 



*98 

Hélas ! j'ai craint souvent que ces médita- 
tions, cette expérience, tant d'études et tant 
de travaux ne fussent perdus pour jamais. Je 
vous ai vu proscrit, accusé, sous les poignard» 
des factieux, sous le sceptre de fer de la plus 
odieuse tyrannie. C'est au milieu de ces scènes 
d'horreur que vous n'avez cessé de vous occuper 
du but sacré auquel vous avez voué vos 
jours. 

Lorsque, seul dans mon exil, assis sur les 
rochers de la Guiane, contemplant cet océan 
qui me séparoit de tout ce qui m'est cher et de 
ma patrie, je songeois à ses malheurs, je fré- 
missois de ceux qui dévoient lfaecabler encore ; 
il me sembloit voir l'Europe s'écrouler avec 
elle, tout ce que le génie avoit fait de grand et 
de beau s'anéantir j et je vous voyois perdu 
dans cet abîme immense. 

Rendons grâces au ciel de nous avoir sauvés 
tant de fois de ces horribles catastrophes ; ren- 
dons lui grâces de nous avoir permis d'admirer 
ces établissements nombreux que la raison, la 
vraie' philosophie, la piété, la politique la plu» 



199 

Àlas ! I hâve often feared that thdse muta- 
tions* that expérience, so many studies, and so 
inuch labour, would be lost foreverl I havë 
seen you proscribed and accused, under thé 
daggersôf factions, and under the iron sceptre 
of the most odious tyraftny. But* in the midst 
of those scènes of horror, you hâve riever ceased 
to fix your attention on that sacred duty to 
which you hâve devoted your existence. 

When, alône in my exile, seated onthe rocks 
of Guiana, contemplating that océan which 
separated me from ail that was dear to me, and 
from my country, I thoiight on her sorrows» 
and shuddered at the prospect of those which 
were yet to weigh her down ; it seemed to me* 
that I saw Europe sharing her ruin, and ail that 
genius had produced of grand or beautiful* 
pâssing Away, I thought I saw you .perish in that 
great abyss ! 

Let us give thank» to heaven for having saved 
us so many times from this great catastrophe ; let 
lis give thanks that it has permitted us to admire 
those numerous establishments which reason, 
true philosophy* piety, and a policy full of &re- 

o 4 



200 

prévoyante et la plus sage consacrent ici à l'in- 
struction des enfans de toutes les classes, depuis 
l'âge le plus tendre. Après ces révolutions 
ourdies paY le crime qui ont couvert la terre de 
ruines, de sang, de deuil et de malheurs, c'est 
une révolution heureuse dans les moeurs que la 
vertu prépare. Bientôt toutes les Communes 
d'Angleterre auront de pareilles institutions. 
Le zèle qui anime ces utiles fondations s'étend 
sur la terre entière. Nous avons vu, dans ces 
écoles, des enfans de tous les continens, de toutes 
les contrées, de toutes les nations. Déjà de 
pareilles écoles sont fondées en Asie, en Amé- 
rique, en Afrique. La morale la plus pure est 
la loi de ces institutions. La Bible est leur livre 
classique. La Religion outragée se relève et 
s'étend sur tout le globe. 

Mon ami, ces sublimes conceptions, ces 
puissans efforts de la civilisation contre la 
sédition, l'incrédulité, le renversement de l'ordre 
social, la tyrannie, la barbarie et le crime, au 
moment où l'Angleterre, en triomphe par ses 
armes, est ce qui l'honorera à jamais dans 
l'histoire des nations. 



SOI 

sight and wisdom consecrate, hère, to the in- 
struction of children of ail classes from the most 
tender âge. After a révolution of crimes which 
has covered the earth with ruins, with blood, 
with mourning and misfortune, this is a happy 
révolution in manners which virtue is preparing. 
Very soon, every part of England will possess 
similar institutions. The zeal which gives life 
to thèse foundations is spreading itself over the 
whole earth. We hâve seen in those schools chil- 
dren of ail the continents, of ail régions and 
nations. Already similar schools are found in 
Asia, in America, and in Africa.. The purest 
morals are the laws of thèse institutions; the 
Bible is their class-book. Outraged religion 
lifts her head again, and spreads itself over ail 
the globe ! 

My friend, thèse sublime conceptions, this 
powerful effort of civilization against sédition, 
against incredulity, against the overthrowôf social 
ôrder, against tyranny, against barbarism and 
crime, at the moment when England is trium- 
phant by her arms, is that which will covër her 
with honour for ever in the history of nations! 



302 

Félicitons-nous d'en être les témoins. Nos 
cœurs froissés par les malheurs de notre patrie 
avoient besoin de cette consolation, elle écarte 
l'effroi de l'avenir, elle y jette le plus brillant 
rayon d'espérance. 

C'est dans notre malheureuse France qu'on ne 
peut trop tôt établir de pareilles institutions. 
Hâtons ainsi la réforme de nos mœurs. Leur 
corruption et l'ignorance du peuple a tout 
perdu ; profitons de l'instant où la politique la 
plus éclairée et le salut de l'Europe nous affran- 
chissent de la plus détestable tyrannie. 

Votre système d'enseignement peut merveil- 
leusement se lier à la méthode d'instruction pu- 
blique que l'Angleterre a adoptée, et dont l'ex- 
périence la plus heureuse a déjà démontré les 
immenses bienfaits. 

En fixant les principes de l'instruction des 
sourds-muets, en développant toutes les parties 
du mécanisme du langage, ce sont les prin- 
cipes même de l'instruction publique et par- 
ticulière que vous avez tracés. C'est la géV 
Aération, la composition, la communication 4« 



203 

Let us cong-ratulate each otber that we are 
witnesses of it ! Our hearts, chilled by the mis- 
fortunes of our country, hà"d need of this con- 
solation. It turns aside the fears of the future, 
and throws out the most brilliant ray of hope. 

It is in our unhappy France that we cannot 
too soon estabiish similar institutions. Let us 
hasten in this way, the reformation of . our 
manners. Their corruption, and the ignorance of 
the people, hâve ruined every thing. Let us profit 
by the moment in which the most enlightened 
policy, and the salvation of Europe, hâve deli* 
vered us from the most détestable tyranny. 

Your system of instruction will admirably co- 
ïncide with the method of public instruction 
adopted in England, and of which the most 
complète success has already demonstrated the 
immense benefits. 

By fixing the principles of instruction for the 
deaf and dumb, by developing ail the parts of 
the mechanism of language, you hâve traced 
the very principles of public and private in- 
struction. It is the génération, the compo- 
sition, the communication, of ail human 



204- 

toutes les pensées humaines dont vous avez in-* 
diqué les lois. C'est à ces lois que tous les 
moyens d'instruction doivent se co-ordonner. 
Vous avez donc ainsi déterminé la base de l'in- 
struction des hommes, depuis leur enfance jus- 
qu'au degré où la civilisation la plus perfec- 
tionnée peut porter l'étendue et le développe- 
ment de nos pensées. 

La théorie des signes est celle du mode univer- 
sel de communication d'idées et de pensées entre 
tous les hommes. Il traduit toutes les langues 
avec une égale facilité. Il suit la chaîne des 
idées. Il s'arrête si elles ne se lient pas. Cet 
usage des signes est simple, facile, à portée de 
l'enfance : c'est son premier langage. 

On peut donc en faire la base de l'instruction 
publique ; il en sera le régulateur. 

Occupez-vous, mon ami, de cet objet im- 
portant. Liez votre méthode à celles de Bell 
et de Lancaster. Pressez l'établissement de ces 
Écoles-. Invitez tous les hommes éclairés et 
sensibles à y concourir, pénétrez-les du zèle 
ardent qui anime ici la nation entière pour tout 



205 

thoughts of which you hâve pointed out the 
laws. It is to thèse laws that ail the means of 
instruction should be subordinate. You hâve 
thérefore thus determined the basis of instruc- 
tion for mankind, from their infancy to the 
degree to which the most perfect civilization 
can carry the stretch and capacity of our 
thoughts. 

The theory of signs is that of the universal 
method of communicating ideas and thoughts 
between ail mankind. It translates ail languages 
with an equal facility. It follows the chain of 
the ideas. It stops if it doesnot join. This 
use of signs is simple, easy, and within the 
reach of infancy : it is its earliest language. 

It may be made, thérefore, the basis of pub- 
lic instruction, and will be its regulator. 

Occupy yourself, my friend, with this impor- 
tant object. Connect your method with that of 
Bell and Lancaster. Urge the establishment of 
thèse schools. Call on ail enlightened and feel- 
ingminds to.assist you; touch them with that 
ardent «eal which animâtes, hère, an entire 
nation, for every thing that tends to the instruc- 



206 

ce qui peut tendre à instruire l'enfance, à soulager 
le malheur, à prévenir le crime. 

Que ce concours de vues bienfaisantes et 
d'utiles efforts fasse disparaître pour jamais 
ces partialités et ces haines nationales qui ou- 
tragent la raison et désolent si souvent la terre. 

Lé Roi que le ciel vient de rendre, une se- 
conde fois, à notre amour et à nos vœux 
encouragera vos efforts. Sa Majesté auprès 
de laquelle tout ce qui est utile a un caractère 
sacré, aura jugé Elle-même les avantages de ces 
nouvelles institutions. Les princes de la famille 
royale voudront, comme ici, en être les pro- 
tecteurs j et cette auguste Princesse à laquelle 
toutes les pensées utiles et généreuses se ratta- 
chent, sera pour vous l'appui de la bienfaisance 
et de la vertu. 

Dès que des devoirs sacrés qui me comman- 
dent pourront me le permettre, j'irai seconder 
vos travaux et vous communiquer tout ce que 
je recueillirai pour en assurer le succès. Tous 
mes malheurs seront effacés, si je puis encore 
consacrer avec vous quelques jours au bonheur 
de notre patrie. 



307 

tkm of infancy the soothing of misfortune, and 
the prévention of crimes, 

May this concurrence in beneficent and useful 
views efface, at length, those partialities and 
national hatreds which disgrâce reason, and so 
often desolate the world ! 

The King, whôm heaven has just restored a 
second time to our love and prayers, will encou- 
rage your efforts. His Majesty, in whose eyes 
every thing which is useful has a character of 
sanctity, will hâve judged for himself of the 
advantages of thèse new institutions. The 
Princes of the Royal Family will with us, as 
jn England, be their protectors ; and that August 
Princess whom, every useful and generous 
thought attracts, will, in your cause, be the 
support of beneficence and of virtue. 

As soon as the solemn duties which still re- 
strain me shall permit, I will hasten to second 
your labours, and to communicate to you ail 
that I shall hâve collected to ensure their suc- 
cess. AU my sorrows will be efiàced, if I may 
yet dévote, with you, a few of my days to the 
happiness of our country. 



208 

Vous connoissez, mon ami, tous mes senti- 
ments et tous mes vœux pour vous. 

LAFFON DE LADËBAT. 

Londres, 20 Juillet 1815, 
Leicester Square, Brunefs Hôtel. 



FIN. 



De l'Imprimerie d« Cox et Baylis, 
Gre«t ûueen Street, Lincoln'«-lnn Pields 



209 

You know, my friend, ail my sentiments anct 
ail my wishes for you. 

LAFFON DE LAD^BAT, 

London, Juty 20, 1815, 
Brunett's Hôtel, Leicester Square* 



FINIS. 



rrlnttd by Coz and Baylit, Great Quwn Slratt, 
Lincoln '■■Inn-Fielda. 



^ 





Ht*' 




*■*' h9 BS^' 














fcfÇ 




M Ai T^F ' .^^L ( 








J.JNk